Extrait

Phare 23
de Hugh Howey

Le 02/06/2017 à 10:55

Auteur : Hugh Howey
Editeur : Actes Sud
Genre :
Date de parution : 07/09/2016
ISBN : 9782330066321
Total pages :
Prix : 19.80 €
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ISBN : 9782330069490

Editeur : Éditions Actes Sud

Prix grand format : 14,99 €

 

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Résumé du livre
Les gardiens de phare. Pendant des siècles, ils ont assuré la sécurité des bateaux. C’est un boulot solitaire et bien souvent ingrat. Jusqu’à ce que quelque chose se passe. Qu’un bateau soit en détresse. Au XXIIIe siècle, on pratique toujours ce métier, mais dans l’espace. Un réseau de phares guide à travers la Voie lactée des vaisseaux qui voyagent à plusieurs fois la vitesse de la lumière. Ces engins ont été conçus pour être d’une solidité à toute épreuve. Ils ne connaissent jamais d’avaries. En théorie du moins…



Après la trilogie Silo, Hugh Howey revient avec un roman au suspense haletant. Dans un monde en proie aux aliens et à la guerre interstellaire, il met en scène le destin d’un homme rongé par un mal tout aussi redoutable : l’infinie solitude des confins de l’espace.roman traduit de l’anglais (États-Unis) par Estelle Roudet

 

Premier chapitre

I

LES PETITS BRUITS

 

 

1

 


On ne vous prépare pas aux petits bruits. On vous colle dans une centrifugeuse jusqu’à l’évanouissement, on vous fait caracoler sur des courbes paraboliques jusqu’à vomir tripes et boyaux, on vous transperce d’aiguilles jusqu’à ce que vous vous sentiez comme un toxico, on vous fait ingurgiter trois domaines de la physique, passer un diplôme de médecine et suivre en même temps un entraînement de triathlon.

Mais on ne vous dit pas ce qu’il en est de vivre avec les cliquetis et les grincements et les petits bips en arrière-plan. Ni comment le vide spatial, des années-lumière à la ronde, peut être ressenti comme un poids énorme, écrasant. Le silence semble constamment gagner du terrain, comme l’obscurité à laquelle j’ai un jour été confronté, dans une grotte de la Virginie-Occidentale. Une obscurité qu’on peut mâcher. Une obscurité qu’on perçoit à des kilomètres alentour. Une obscurité dont on n’est pas certain de pouvoir un jour s’extirper.

Au fin fond de l’espace, le silence est précisément de cette nature. Du coup, les petits bidules qui ronronnent dans ma balise deviennent des enfoirés et leurs cliquetis cauchemardesques me mettent les nerfs en pelote. Je les hais tous jusqu’au dernier. Tout ce qui bouge dans cet endroit. Le moindre petit rouage, bipeur piézoélectrique, la moindre alarme. Ce n’est pas seulement qu’ils soient discordants, c’est surtout qu’ils sont imprévisibles. Conclusion, je passe mon temps à m’y préparer, à les attendre, à guetter leur arrivée. Dès qu’on baisse la garde, ils frappent. Légers picotements sur mes tympans.

Ce sont aussi des salopards diaboliques. Comme les cerfs, ils semblent comprendre quand on les poursuit. Armé d’une lampe de poche, de pinces coupantes, de ruban adhésif et de morceaux de mousse, je me faufile dans les espaces de travail étroits comme des boyaux pour traquer ces enfoirés. J’installe des pièges, persuadé que certains bruits détalent devant moi, qu’il doit s’agir de minuscules créatures qui se sont introduites à bord dans un lot de fruits mal stérilisés.

On dirait qu’ils m’entendent arriver et les bips et les bourdonnements cessent. Se font aussi rares que le gibier à l’ouverture de la chasse. Dès que je m’éloigne en rampant, ils reprennent et font un vrai raffut. Comme ce cerf dix-cors, au lendemain de la fermeture, planté dans votre jardin à mâchouiller vos tulipes d’un air idiot, du style “Ben quoi ?”

Ouais, je viens vous chercher, bande d’enfoirés. J’ai installé des pièges. Micros pour enregistrer et localiser précisément les bips. Giclées d’huile un peu partout contre les grincements. Et tous les pièges à blattes imaginables pour contrer les petits claquements secs, les petits bruits qui se baladent.

La Nasa serait fière de mes efforts et de mon ingéniosité, non ? Toute cette préparation. Pour ça. Mais qu’est-ce que je peux faire d’autre ? Je suis le noyau de chair et de sang de ce gros esquimau spatial rouillé, ici, aux confins de l’espace. Je suis là parce qu’ils n’ont toujours pas réussi à mettre au point un ordinateur fiable, qui ne déconne pas une fois sur cent mille milliards. Ça peut paraître négligeable, mais avec des machines accomplissant des milliards d’opérations tous les jours, ça fait un paquet de conneries. Et je suis censé être assez malin pour y remédier.

 

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