Extrait

Sanglant hiver
de Hildur Knútsdóttir

Le 10/07/2017 à 09:30

Auteur : Hildur Knútsdóttir
Editeur : Thierry Magnier
Genre :
Date de parution : 10/05/2017
ISBN : 9791035200374
Total pages : 336
Prix : 15.90 €
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ISBN : 9791035200572

Editeur : Éditions Thierry Magnier

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Résumé du livre
Dernier jour avant les vacances d’hiver. La soirée à laquelle Bergljót rêve de se rendre depuis des semaines approche. Bragi, son frère, se prépare à passer la fin de se-maine chez son meilleur ami, pendant que leurs parents ont prévu un week-end en amoureux dans leur chalet, à la campagne.

Mais l’impensable se produit, et le pays entier est frappé par un mal foudroyant, alors que des monstres sanguinaires hantent les rues. Quand tout bascule, il n’y a plus qu’un mot d’ordre : survivre. Une fuite haletante à travers l’Islande pour le premier tome d’un roman d’horreur passionnant.

trad. Jean-CHristophe Salaün

 

Premier chapitre

Le mois de l’abattage

Bergljòt

 

 

C’était sans doute la première fois que Bergljót arrivait en avance au collège. Traversant le couloir désert des troisièmes, elle se dirigea vers les toilettes des filles. Face à son reflet dans le miroir, elle détacha sa longue chevelure blonde, nouée à la va-vite avant de partir, et travailla à lui donner une allure encore plus négligée. Il lui fallut plus d’une tentative. Lorsque Bergljót fut enfin satisfaite du résultat, elle appliqua sur ses lèvres un baume au goût de mangue, se lava les mains et ressortit pour prendre place sur le banc du couloir. Pour la énième fois, elle se dit qu’elle n’aurait pas été contre un téléphone avec une connexion internet. Mais plutôt que de consulter Facebook ou Instagram, elle dut se contenter de regarder par la fenêtre et d’attendre que la sonnerie de 8 h 10 retentisse.

Le jour commençait à se lever. À l’est, le ciel d’encre dévoilait à peine les contours des bâtiments, qui semblaient noirs contre l’aube naissante. Les feuilles mortes tombées des arbres s’étaient depuis longtemps envolées. Même s’il n’avait pas encore neigé, l’automne cédait peu à peu la place à l’hiver.

8 h 02. Bergljót vit un bus s’immobiliser devant le collège et un flot d’élèves en sortir. Elle s’estimait chanceuse de pouvoir venir à pied, n’osant s’imaginer attendre le bus par tous les temps au plus sombre de l’hiver.

Tandis que ses camarades pénétraient dans l’enceinte de l’école, elle aperçut Magga et Thóra qui traversaient le carré de pelouse à l’autre bout de la cour. Vêtue de sa doudoune blanche, Magga parlait en agitant les mains dans tous les sens, avec toujours une longueur d’avance sur Thóra, qui portait un manteau de laine rouge. Bergljót sentit poindre en elle un sentiment de jalousie bien familier qu’elle s’empressa de ravaler. Ses deux amies n’y pouvaient rien si elles habitaient dans la même rue. D’ailleurs, elles ne seraient sans doute jamais devenues amies si Bergljót ne les avait pas présentées l’une à l’autre : elles n’auraient pas pu être plus différentes.

Magga était grande, large d’épaules, les cheveux blonds et la voix puissante. Tout en elle n’était que dureté, et pas seulement à cause de sa carrure musculeuse après ses heures de natation. Elle avait les doigts acérés comme des couteaux, qui faisaient mal lorsqu’elle vous tapotait l’épaule, et les coudes les plus pointus que Bergljót eût jamais vus. Du fait de ses hanches saillantes, c’était même assez désagréable de la prendre dans ses bras. Les seules fois où Bergljót l’avait vue pleurer, c’était parce qu’elle avait perdu une compétition sportive.

Quant à Thóra, elle était plutôt menue, les cheveux bruns bouclés et les yeux marron. Elle ne parlait pas beaucoup. Cependant Magga et Bergljót avaient depuis longtemps appris à écouter attentivement lorsqu’elle ouvrait la bouche, car presque tout ce qu’elle disait était important, réfléchi et intelligent, comme si elle économisait ses mots jusqu’à en avoir réellement besoin. Pour ne rien arranger, Thóra parlait toujours à voix très basse. Et lorsqu’elle discutait en espagnol avec sa mère colombienne, sa voix disparaissait presque totalement et se transformait en un simple murmure chantant.

 

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