Extrait

SAS ; le gardien d'Israël
de Gérard de Villiers

Le 26/05/2016 à 07:26

Auteur : Gérard de Villiers
Editeur : Editions Gérard de Villiers
Genre : policier & thriller (format poche)
Date de parution : 19/05/2016
ISBN : 9782360535514
Total pages : 250
Prix : 7.50 €
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ISBN : 9782360535514

Editeur : Editions Gérard de Villiers

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Résumé du livre
De 1965, année du premier SAS, " SAS à Istanbul ", à sa disparition en octobre 2013 Gérard de Villiers, l'auteur de cette collection de livres d'espionnage, a écrit et publié 200 SAS. Le héros, Malko Linge, est un Prince Autrichien et agent de la CIA. Souvent accompagné de son fidèle majordome et garde du corps le redoutable Elko Chrisantem. Propriétaire du château de Liezen et fiancé à Alexandra, une blonde sulfureuse.

Ces romans ont la particularité de mêler voyages exotiques et intrigues des services de renseignement.

Un article de janvier 2013 paru dans The New York Times revient sur la longue et prolifique carrière de l'auteur et sur l'intérêt que portent les services secrets du monde entier à ses écrits. En effet, certains des événements décrits dans les aventures de Malko se sont étrangement reproduits, parfois presque à l'identique. Une référence en géopolitique.

 

Premier chapitre
CHAPITRE PREMIER
Gregory Skripov ralentit imperceptiblement le rythme de ses coups de reins, réguliers comme le balancement d’un métronome. Cherchant à retarder son plaisir, et surtout à garder l’esprit clair. Les genoux et les coudes dérapant sur les draps de satin mauve, le visage enfoui dans le creux tiède de l’épaule de Valentina Sevchenko, il faisait l’amour avec la précision et la lenteur d’un exercice d’athlétisme. Sa partenaire était allongée en travers du grand lit bas, et un de ses pieds touchait le sol. Nue, à l’exception de ses escarpins à bride. La T.V. allumée, son coupé, diffusait une lumière douce qui permettait de distinguer le contour de leurs corps dans la pénombre.
Valentina, les yeux clos, les bras en croix, se laissait faire.
Lorsqu’ils étaient rentrés ensemble du Sardi’s West, la jeune hôtesse de l’Aéroflot s’était dirigée le plus naturellement du monde vers la chambre à coucher. Pendant que Gregory allumait la T.V., elle avait commencé à retirer ses vêtements. Gregory Skripov, après avoir versé de la vodka dans deux verres, l’avait imitée rapidement et l’observait du lit.
La jeune Soviétique avait un corps musclé avec une chute de reins marquée, des cuisses longues et fortes et une petite poitrine. Des cheveux auburn bouclés entouraient un visage assez dur, aux traits réguliers. Seule la bouche, bien dessinée et épaisse, y attirait le regard. Dès qu’elle avait ôté un affreux collant blanchâtre, Gregory avait demandé d’une voix égale :
– Remets tes chaussures.
Elle avait obéi, sans commentaires, était venue s’allonger près de lui. Ils étaient restés à boire de la vodka un long moment, en silence, observant distraitement les images muettes du Last, last show. Puis Gregory Skripov avait intercepté le regard de Valentina, posé sur son sexe recroquevillé et peu glorieux. Il s’était extirpé un sourire.
– Trop de vodka !
Aussitôt, d’un geste naturel, elle s’était penchée sur son ventre. La caresse chaude et douce de sa bouche avait expédié une pulsion délicieuse dans toutes les terminaisons nerveuses de Gregory. Il avait fermé les yeux, chassant son angoisse pour quelques instants, tandis que Valentina s’installait commodément sur un coude.
Elle avait dû effectivement prolonger sa fellation à en avoir les mâchoires douloureuses, avant d’obtenir un résultat. Sans s’en émouvoir, comme si c’était normal, Gregory se laissait faire, fixant le plafond beige, cherchant à se concentrer sur un phantasme efficace. Quand il avait enfin basculé sur Valentina, son bassin s’était avancé rapidement à sa rencontre, comme pour ne pas rompre le charme. Depuis, ils faisaient l’amour. Sentant le changement de rythme, Valentina souffla dans l’oreille de Gregory :
– Tu as joui ?
Sans changer de position, Gregory répondit d’une voix étouffée.
– Non, non. Je ne veux pas encore.
Il releva un peu la tête et, du coin de l’œil, regarda l’heure à sa montre. Minuit et demi. Ils devaient déjà l’attendre. Une brusque poussée d’angoisse vint presque à bout de son érection. S’il ne s’arrachait pas à ce ventre trop accueillant, demain matin, il prendrait le vol 352 de l’Aéroflot pour Moscou, et ce serait fini. Il basculerait dans un monde terrifiant et clos, sans espoir.
Avec une sorte d’agitation désespérée, il se remit à bouger, concentrant toute son énergie mentale sur son sexe. Se vidant l’esprit, pensant à une jeune putain noire en mini de cuir, qui guettait toujours en face du Stage sur la Septième Avenue. Il n’avait jamais eu le courage de l’aborder.
Son érection revint. Rassuré, il se remit à penser. Comment se débarrasser de Valentina Sevchenko ? Depuis le moment où il avait quitté son bureau des Nations Unies, sur la Première Avenue, les hommes du Département V ne l’avaient pas lâché d’une semelle. Dans l’appartement en face du sien, occupé normalement par un de ses collègues soviétiques aux Nations Unies, deux membres du Département V – le « Murder Inc. » du KGB – veillaient, prêts à intervenir brutalement s’il faisait mine de fuir. Valéry Pavlov et Oleg Lianine. Officiellement, ce n’étaient que deux membres de la Mission soviétique à Washington, venus passer le week-end à New York. Mais Gregory Skripov était colonel plein du KGB et avait dix-sept ans de « maison ». Trop vieux professionnel pour se laisser prendre aux apparences. C’était le complément de son rappel brusque à Moscou. Soi-disant pour une conférence du premier Directoire général du KGB à laquelle participait les six adjoints d’Andropov. Mais Gregory ne se faisait aucune illusion. Il irait directement dans une cellule de la Loubianka. Il connaissait trop le processus pour l’avoir lui-même appliqué à d’autres « traîtres ». Il se posait une seule Question. Les « autres » avaient-ils été imprudents ? Était-il victime d’une dénonciation ? Il ne le saurait peut-être jamais.
Il pensa à la voiture qui devait attendre un peu plus haut, au coin de la Soixantième Rue et de la Première Avenue. Aussi puissants qu’ils soient, ses protecteurs ne pouvaient rien tant qu’il ne venait pas vers eux. Le petit immeuble de quatre étages appartenait à l’ambassade soviétique et bénéficiait de l’extra-territorialité.
Même la femme qu’il étreignait faisait partie de sa « protection ». Valentina, sous la couverture d’hôtesse de l’AérofIot, était un des plus brillants éléments du Département V. Pendant qu’elle se déshabillait, Gregory avait observé les muscles qui jouaient sous la peau satinée, les épaules larges, les ongles courts. Faite indifféremment pour l’amour ou pour la guerre. Son brusque « coup de cœur » pour Gregory était un système éprouvé pour le surveiller jusqu’au moment où il quitterait son appartement pour la Zis officielle.
En route pour un autre monde.
De nouveau, il se rendit compte que son sexe ramollissait. Il se relança à l’assaut à furieux coups de reins. Comme pris d’une passion subite.
– Serre-moi, murmura-t-il, serre-moi fort.
Les bras de la Soviétique se refermèrent docilement autour de lui avec la force d’un étau. S’il tentait de l’étrangler, elle se défendrait, et « ils » viendraient. Valery et Oleg avaient sûrement la clef.
Si, lui, Gregory Skripov avait eu à diriger une opération de ce genre, ils auraient eu la clef. Soudain, à force de réfléchir, il crut avoir trouvé la solution de son problème ! Si sa mémoire visuelle ne le trahissait pas.
Maintenant, les hanches de Valentina ondulaient sous lui, et sa respiration était haletante. Il la sentait lubrifiée et ouverte. C’était une femme sensuelle, sentimentale comme un roc, qui prenait plaisir à faire l’amour, même si c’était sur commande.
L’entrain soudain de sa partenaire le prit par surprise, et il sentit l’orgasme monter dans ses reins. Ce qui le noya de panique. Il n’était pas sûr d’être capable de refaire l’amour. Pas sous pression comme il l’était. C’était la fin de son projet... Relevant la tête, il s’arrêta et s’arracha de sa partenaire. Valentina cessa de bouger aussitôt et le fixa avec une surprise déçue.
– Qu’est-ce qu’il y a ?
Gregory réussit à sourire. À genoux sur le satin mauve, en pleine érection.
– Rien, j’ai envie de changer un peu.
– Changer ?
Une lueur d’incompréhension passa d’abord dans ses yeux sombres puis elle eut un rire plein de compréhension. D’un coup de reins, elle se retourna sur le ventre, le visage contre le drap, les jambes ouvertes, les reins un peu soulevés, comme une esclave somnolente et lascive. Elle se retourna et jeta à Gregory d’une voix amusée :
– C’est en Orient que tu as pris de mauvaises habitudes ?
Avant d’être le « Rezident » du KGB à New York, sous les ordres du Premier Département, Gregory Skripov avait occupé le même poste à Chypre, dépendant alors du 8e Département, qui couvrait toute la zone allant de la Yougoslavie aux pays arabes.
Il fixa la cambrure marquée, puis les jambes magnifiques et faillit se laisser aller. Une pensée subite le glaça d’un coup. Comment Valentina avait-elle deviné ? Ou alors, c’était aussi dans son dossier au Directoire du Personnel.
– Non, dit-il.
Il se leva, tira la jeune femme par la main. la forçant à se lever.
– Viens dans la cuisine.
Cette fois, Valentina ne cacha pas sa surprise. Ce n’était pas dans le programme prévu. Pendant un court instant, Gregory eut peur qu’elle ne refuse ; qu’elle se méfie. Mais Valentina était disciplinée. On l’avait engagée pour le satisfaire, sans limites. Se faire prendre sur un carrelage de cuisine était sûrement moins douloureux que de se faire sodomiser. Ce à quoi elle s’était préparée grâce à une injection de crème spéciale. Le Département V n’était jamais à court de techniques.
Elle se laissa tirer hors du lit. La cambrure de ses reins rachetait avantageusement la petitesse de sa poitrine. Ils traversèrent le petit couloir menant au salon, puis Gregory poussa la porte de la cuisine. Celle-ci se trouvait à l’opposé de l’entrée principale de l’appartement et donnait sur l’escalier d’incendie extérieur, accolé à la façade donnant sur la Soixantième Rue.
En pénétrant dans la pièce carrelée, Valentina étouffa une exclamation.
– Il fait froid !
C’était une pièce rectangulaire, laquée en marron. Sur le mur de gauche s’ouvrait une fenêtre à guillotine, juste en face d’un plan de travail accolée à un évier et à une cuisinière à gaz. Une table et quatre chaises occupaient le coin près de la fenêtre. Gregory inspecta la pièce d’un regard rapide. Le froid commençait à nuire à son érection. Valentina le fixa, perchée sur ses hauts talons.
– Qu’est-ce que tu veux, goloubtchik, la table ?
Gregory la tira par la main.
– Non, viens.
Il l’appuya au rebord de l’évier et la prit dans ses bras. Ils s’embrassèrent le temps de se réchauffer et de ranimer l’érection défaillante de Gregory. Lorsque ce dernier se sentit mieux, il appuya doucement sur les épaules de sa partenaire. Docilement, Valentina se laissa glisser sur le carrelage, à genoux, le prenant dans sa bouche au passage, d’un geste parfaitement naturel.
Gregory Skripov se laissa faire, le cerveau en éveil. Guettant les bruits de l’appartement. À chaque seconde, il craignait d’entendre la porte s’ouvrir. Inquiets, ses anges gardiens pouvaient venir aux nouvelles. Mais, apparemment, ils faisaient confiance à Valentina.
Il n’en pouvait plus d’angoisse. Le rendez-vous avait été fixé à minuit. Il allait être une heure. Les autres allaient-ils attendre ?
Il décida soudain de passer au dernier stade de son plan. Écartant la bouche de Valentina, il se laissa glisser à terre et força la jeune femme à s’allonger sur le sol, la tête tournée vers l’évier. Au-dessous de ce dernier, il y avait un espace vide, haut de soixante centimètres environ.
– C’est froid, remarqua Valentina.
Son excitation était tombée. Mais elle se laissa faire. Sans un mot, Gregory s’introduisit en elle, appuyé sur les genoux et les coudes, comme sur le lit. Aussitôt, Valentina noua ses jambes autour de ses cuisses, ses pieds ne touchant plus le sol. La tête en arrière, presque sous l’évier, un bras passé autour de sa nuque. Elle savait que, dans cette position, Gregory ne pourrait pas résister longtemps... En dépit du froid, celui-ci haletait et se demandait s’il allait pouvoir tenir jusqu’au bout.
Il se mit à besogner Valentina à coups de reins furieux. À chaque estocade la jeune Soviétique se déplaçait de quelques centimètres sur le carrelage glissant, et sa tête s’enfonçait un peu plus sous l’évier. Gregory semblait ne pas s’en apercevoir. Valentina grogna, oubliant ses consignes. Furieuse.
– Tu es fou ! Tu me fais mal, c’est dur.
 

 

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