Extrait

Sept garcons
de Anne Wiazemsky

Le 24/12/2013 à 12:47

Auteur : Anne Wiazemsky
Editeur : Gallimard
Genre : romans et fiction romanesque
Date de parution : 15/01/2004
ISBN : 9782070312993
Total pages :
Prix : 6.60 €
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Résumé du livre
Leurs mères s'en étaient allées, bras dessus, bras dessous, sous le prétexte de visiter la maison et de retrouver les autres adultes, sur la terrasse. 'Amusez-vous, faites connaissance! ' avait claironné Claudie tandis que Pauline avait murmuré furtivement à Dimitri: 'Tout va bien se passer. ' Quand elles se furent éloignées, les sept garçons entourèrent aussitôt les nouveaux venus. Conscients d'être soumis à un examen, ceux-ci n'avaient qu'une seule envie: se sauver. Mais se sauver où? 'Nous sommes cernés par les Japs', pensait Dimitri en se prenant pour Buck Danny, un de ses héros de bande dessinée préférés. Quant à Roséliane, seule fille au milieu de huit garçons, elle se sentait fille pour la première fois de sa vie. Ce n'était ni agréable, ni désagréable, c'était nouveau.

 

Premier chapitre

 

Pauline, leur mère, conduisait d'une main et fumait de l'autre. Un air frais et humide, parfois chargé d'odeurs de pin, passait par les fenêtres grandes ouvertes. Pour ses deux enfants assis à l'arrière de la voiture – depuis qu'un violent coup de freins avait envoyé sa fille se cogner contre le tableau de bord, ils n'avaient plus jamais l'autorisation de monter à l'avant – elle essayait de tracer le portrait de ses nouveaux amis chez qui ils se rendaient pour une semaine de vacances. Elle avait fait leur connaissance lors d'une croisière en Grèce, une quinzaine de jours auparavant, parlait d'un « coup de foudre réciproque ». L'expression laissait les enfants perplexes, ils n'étaient pas certains de comprendre ce qu'elle signifiait. Ils se seraient volontiers contentés du séjour habituel à la campagne chez leurs grands-parents, en Seine-et-Oise, en compagnie de leurs cousines. L'inconnu leur déplaisait. Ils trouvaient que leur mère, cet été-là, avait la bougeotte. Au volant de sa voiture, elle les avait conduits à travers la France, s'arrêtant dans des maisons amies pour y passer quelques jours. Chaque fois, il avait fallu s'adapter, retenir qui était qui, les noms et les prénoms. Jusque-là, tout s'était bien déroulé. Cela ne signifiait en rien que cela allait durer. Quelque chose intriguait les deux enfants. Au point d'y revenir alors qu'ils en avaient déjà parlé une heure auparavant.

– C'est une famille où il n'y a que des garçons ? demanda Roséliane. Comment c'est possible ?

Dans sa famille maternelle, c'était essentiellement des filles. Sa famille paternelle était plus équilibrée, mais ses cousins et cousines vivaient à l'étranger, en Espagne. Et comme Roséliane, son frère Dimitri et leurs parents vivaient au Venezuela, les rencontres étaient compliquées à élaborer. Alors on allait au plus simple : les vacances d'été qui les ramenaient en Europe se passaient en France, dans la famille maternelle. Exception faite pour ce mois de juillet 1960 où leur mère les avait emmenés de maison amie en maison amie.

– Et tu nous as dit qu'il y avait combien d'enfants ? demanda à son tour Dimitri.

Ce point le préoccupait particulièrement. Il avait bien retenu le chiffre exact, sept. Mais il espérait encore avoir mal compris et que leur mère, tout à coup, en enlèverait trois ou quatre. Celle-ci ralentit pour allumer une nouvelle cigarette et remonta un peu la vitre : une pluie fine s'était mise à tomber sur le paysage de collines et de pinèdes.

– Dans le Midi, ça ne dure jamais longtemps, dit-elle d'une voix assurée.

– Combien ? insista Dimitri.

Son front, sous ses cheveux blonds, se fronçait d'appréhension ; ses yeux bleus se teintaient d'inquiétude. Sa mère croisa son regard dans le rétroviseur et se concentra pour lui répondre.

– Voyons voir, mes amis Claudie et Marc ont quatre garçons et la sœur de Marc et son mari Jean-François trois, je crois. Sept ! Cela fait sept !

 

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