Extrait

Un moustique dans la ville
de Akhvlediani, Erlom

Le 19/02/2018 à 08:39

Auteur : Akhvlediani, Erlom
Editeur : Serpent A Plumes Editions
Genre :
Date de parution : 07/09/2017
ISBN : 9791097390020
Total pages : 172
Prix : 17 €
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ISBN : 9791097390082

Editeur : Le Serpent à Plumes

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Résumé du livre
Depuis que la plaine de Colchide a été plantée d'eucalyptus et que les marais ont été asséchés, tous les moustiques sont morts. Un seul a survécu, un moustique aux yeux bleus, qui erre en ville sur les traces de son assassin.

Ainsi débute le roman d'Erlom Akhvlediani, un roman fantasmagorique situé dans un univers où le ciel peut être carré, où un moustique peut tomber amoureux d'une brise et où les souhaits inaccomplis se transforment en pierres.

Ici se rejoignent et se mêlent un lyrisme terriblement oriental et une métaphysique russe, slave, de celle qui se parfume au vieux tabac et à l'encens des églises.

Il s'est passé quelque chose de bizarre. Moi non plus, je ne m'y attendais pas. Le point s'est levé et il est parti. Il est descendu au bas de la feuille et il s'est glissé sous la page. J'ai retourné la feuille et j'ai vu le point noir ramper tranquillement sur le papier blanc, dépourvu de tout trait de plume. Finalement j'ai compris que c'était le point final et je me suis calmé.

 

Premier chapitre

I

 

C’est comme ça ! Ma vie entière se passe à marcher dans une nuit obscure. Parfois, une lumière scintille au loin et je me précipite vers elle comme un insecte, mais les ténèbres ont vite fait d’engloutir cette lumière et me voilà errant de nouveau dans la nuit obscure.

 

 

Un moustique dans la ville (Une histoire)


Mon bureau est ensorcelé : j’ai beau le ranger, il se recouvre sans cesse d’affaires inutiles, pareil à un champ de céréales mal sarclé. Il y a longtemps que j’ai abandonné cette vaine occupation.

Il est probable qu’autrefois ces affaires ont eu leur utilité, mais maintenant je ne sais plus pourquoi j’avais besoin de chacune d’elles.

Comme ce serait bien si, devant moi, sur mon bureau, il n’y avait qu’une feuille de papier blanc sur laquelle écrire !

Sur mon bureau, j’aimerais aussi avoir un stylo, une boîte pleine de cigarettes, une vieille balance de pharmacie (la balance de pharmacie avec laquelle je pèse tout : des cendres et un éléphant, des personnes de connaissance et la nuit, des rêves et des souvenirs, etc.), un sablier, une lampe de bureau et surtout une loupe. Indispensable, la loupe, parce que la nuit, de nombreux insectes sont attirés par la lumière de la lampe. Dans le silence de la nuit, on entend parfois un crépitement : un insecte tombe sur la feuille et je l’observe à la loupe, attentivement.

Les insectes, ces étranges pensées de la nature, combien de réflexions et de sensations ne font-ils pas naître en moi ! Leur petitesse me fait sombrer dans la mélancolie. Parfois j’ai le sentiment qu’ils sont une incarnation de notre autre vie, enfermée dans un corps minuscule. Nous sommes aussi impuissants, vagabonds, dégoûtants, abandonnés, rebutants et inutiles qu’eux. Peut-être sont-ils une image exacte de notre existence véritable…

Dans le cours habituel des choses, seuls les insectes de mon bureau sont des êtres vivants au milieu d’objets inutiles et inanimés. Eux seuls égaient ma morne solitude.

 

 

Prologue


ბჟა დიდაჩქიმი,

თუთა მუმაჩქიმი,

ხვიჩა-ხვიჩა მურიცხები

და დო ჯიმა ჩქიმი1.

 

Depuis que la plaine de Colchide a été plantée d’eucalyptus et que les marais ont été asséchés, tous les moustiques ont décidé de mourir et tout d’un coup, ils ont disparu de ce monde.

La mort, ce n’est pas la vie, tout le monde sait ça. Ceux qui ne le savent pas le comprendront avec le temps…

Un moustique meurt silencieusement. Une cigarette allumée jetée dans une flaque d’eau s’éteint plus bruyamment que la vie d’un moustique.

Tous les moustiques se sont éteints. Ils sont morts un par un. Si l’on pense que les moustiques, ayant disparu tous ensemble, ne sont pas morts un par un, on se trompe lourdement.

Un seul moustique a survécu. (On dit que, comme tous les habitants de Colchide, il a les yeux bleus. Je ne le crois pas, bien sûr, et vous non plus, probablement. Ceux qui le croient en ont le droit, je ne le nie pas.) Le moustique a sauvé sa peau. Très difficile de sauver sa peau ! Rien de plus difficile ! Et pourtant, le moustique aux yeux bleus a sauvé la sienne.

 

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