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Esterhazy

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Littérature étrangère

Pas question d'art

Après le bouleversant diptyque romanesque composé de Harmonia Caelestis et Revu et corrigé, entièrement consacré à la figure du père, Péter Esterházy décline ici le thème de la mère. Se jouant subtilement des frontières entre fiction et réalité, le grand romancier hongrois la ressuscite en prenant plaisir à brouiller les pistes. Si Pas question d'art foisonne d'anecdotes au sujet de la mère, comme sa prétendue passion pour la question du hors-jeu en football, ou sa ressemblance avec la reine d'Angleterre, Esterházy semble surtout suivre librement le ressac de sa pensée, en contournant pour notre plus grand bonheur les règles de la narration classique. Les réflexions de l'auteur sur l'amour, la filiation, Dieu, la maladie et le ballon rond s'enchaînent et nourrissent une narration impossible à circonscrire, tant ses embranchements et ses rebondissements sont multiples. Tout cela est ironique et drôle, même si l'obsession de la mort - le narrateur doit prononcer l'oraison funèbre du coach, mais aussi creuser la tombe de la mère - caresse avec gravité le texte. Pas question d'art fouille et approfondit ainsi les thèmes chers à Esterházy, dans une écriture "thomas-bernhardienne" encore plus libre que celle des précédents ouvrages. Sa mythologie personnelle est constamment modifiée, revue et corrigée, et bon nombre d'épisodes contradictoires s'entrechoquent dans le texte, comme pour nous dire que la vérité n'est jamais là où nous croyions l'avoir trouvée. Insaisissable, en somme.

04/2012

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Littérature étrangère

Trois anges me surveillent. Les aveux d'un roman

Le roman se compose de deux parties, au premier abord disparates : un "roman de production" - genre qui proliférait en Europe centrale, sur ordre ministériel, dans les années cinquante - et son appareil de notes. Ce roman de production est insolite : nulle trace de réalisme socialiste. Au contraire, une structure savante (mathématique) agence les genres littéraires peu orthodoxes qui la composent : extraits d'un roman d'aventures, des Mémoires du comte Apponyi, des notes de sessions parlementaires et des discours politiques des années cinquante (1850 et 1950), monologues, poèmes, comptines et cantiques populaires. La deuxième partie est un appareil de notes joint à la première, mais ces notes ne la commentent pas. Elles forment des ensembles (toujours mathématiques) de récits à part : matchs de foot, rêves, événements familiaux et politiques (la déportation de la famille à la campagne dans les années cinquante notamment), réflexions politiques, confidences intimes. L'identité de leur(s) narrateur(s) laisse cependant planer un doute. Aux premier, cinquième et neuvième chapitres de la première partie, c'est le camarade P. -D. G. qui prend la parole en employant le pluriel de majesté ; dans le reste des chapitres, un narrateur invisible et inconnu raconte les tribulations de l'informaticien Imre Tomcsányi. La seconde partie est censée être écrite par J. -Peter Eckermann, le secrétaire de Goethe, qui raconte les circonstances de la création de la première partie. (Le vrai roman de production est donc cette seconde partie.) Ainsi l'auteur de la première partie ne serait autre que Goethe. Mais les pistes sont brouillées, puisque le "cher maître" d'Eckermann s'appelle Péter E. , et il y a gros à parier qu'il s'agit là de l'écrivain-footballeur Péter Esterhazy lui-même. Et ce n'est pas tout, car nous devons encore penser aussi bien au Maître et Marguerite, au Faust, au Wilhelm Meister qu'au Maître des Evangiles - d'autant plus que ces pseudo-notes sont truffées de citations des Ecritures, de Goethe, de Boulgakov, ainsi que de Sartre, de Salinger, de Nietzsche, sans parler de nombreux auteurs hongrois.

03/1989

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Littérature étrangère

Les verbes auxiliaires du coeur. Introduction aux belles-lettres, roman

Comment parler d'événements aussi banals que l'amour, le deuil ou la famille sans tomber dans le pire sentimentalisme, mais sans évacuer pour autant les sentiments ? Problème commun à beaucoup d'auteurs contemporains que Péter Esterházy a subitement rencontré à la mort de sa mère. Depuis son premier roman, Esterházy est l'irrespect même. Comment concilier ce ton et la description de ses rapports avec sa mère qui sont, comme souvent les relations de fils à mère, tissés d'amour et de haine ? Esterházy, il le dit lui-même dans sa préface, a dû attendre trois ans pour pouvoir écrire ce requiem d'un ton très original.

03/1992

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Littérature étrangère

Revu et corrigé

" Ceci n'est pas un polar pour que je doive ou pour que je puisse veiller à ce que l'on n'apprenne le nom de l'assassin, s'il y en a un, qu'à la fin (alors qu'il n'y en a pas, pourtant je préférerais y veiller, au lieu de ménager ce suspense) : en ouvrant le dossier, j'ai immédiatement reconnu l'écriture de mon père. " Alors que Harmonia Coelestis était une stèle élevée à la mémoire du père, Revu et corrigé renverse cette stèle en révélant que Matyas Esterhazy a été un agent de la police secrète du régime communiste pendant plus de vingt ans. Comportant de larges extraits du dossier de son père, le livre de Péter Esterhazy constitue un document exceptionnel sur une sombre période de l'histoire de la Hongrie, mais aussi un texte inclassable. Tout en renouvelant le genre du journal, Esterhazy nous livre une méditation profonde sur l'être humain et sur sa liberté, où la détresse insondable d'un fils dévasté par le mensonge du père devient une œuvre littéraire lumineuse d'intelligence et d'humanité.

10/2005

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Littérature étrangère

Une femme

Odi et amo. Y a-t-il un sentiment plus ambivalent que celui qui lie un homme à une femme ? A une femme sous les traits de nombreuses femmes. Attachement indéfectible malgré les trahisons, petites et grandes, du corps. Car le corps faillit de multiples manières. Il trahit l'autre et il se trahit en se détruisant par l'usure du temps. Péter Esterházy, plus audacieux et plus irrespectueux que jamais, nous propose un livre sur le corps, le désir, la puissance des sens, le désordre des relations amoureuses. Un livre sur les femmes vues par un homme qui aime. Et qui aime appeler les choses par leur nom. Voici quatre-vingt-dix-sept variations brillantes et sentimentales sur la femme aimée.

04/1998

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Poches Littérature internation

La version selon Marc. Histoire simple virgule cent pages

Le narrateur de cet Evangile selon Marc ne parle pas. Sa mère, son père, son frère et ses deux grands-mères le croient sourd-muet. Et pourtant, c'est lui qui raconte l'histoire. La famille, considérée comme "ennemie du peuple", a été chassée de Budapest pour travailler sous la surveillance d'un paysan. La nuit, dans l'unique chambre, le jeune garçon écoute les disputes de ses parents et rêve de la voisine. A force d'entendre sa grand-mère douter du dessein divin, il commence à s'identifier au Petit Jésus accroché au mur, sourd-muet lui aussi. Mais le plus solitaire, c'est Dieu, le grand silencieux, qui, lui, n'a personne à qui adresser ses prières. La Version selon Marc peut se lire comme le récit d'une enfance hongroise d'après-guerre. Mais au-delà de cette simplicité apparente, l'auteur ne renonce jamais à l'humour, à l'impertinence et au jeu sur les références littéraires, qui lui sont propres. L'Evangile selon saint Marc, marqué comme aucun autre texte biblique par le doute mystique, se mue sous la plume d'Esterházy en une réflexion humaine, religieuse et littéraire à la beauté profonde.

06/2017

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