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Analyse : 'Les agents littéraires ne peuvent pas éditer leurs clients'

savoir où on en est....

Par Nathalie Gentaz,Le mardi 06 septembre 2011 à 13:39:31 - 0 commentaire

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Jason Allen-Ashlock analyse le phénomène des agences littéraires qui deviennent également éditeur dans un édito publié par Publishing Perspectives. Une mauvaise idée, pour Jason, lui-même agent littéraire, qui assure que les deux métiers ne sont pas compatibles.


L’auteur rappelle que le phénomène a débuté l’hiver dernier avec l’agent Scott Waxman qui a créé Diversion Book, dédié uniquement à la vente numérique des auteurs. Puis, Ed Victor a suivi et s’est lancé dans l’édition de livres numériques ou imprimés à la demande en mai dernier, sous le nom de Bedford Square Books. Enfin, vague de conversions cet été avec les agences Dystel & Goderich, BookEnds, The Knight Agency, McDermid, Levine Greenberg, Andrea Brown et Objective. Toutes ont annoncé l’ouverture d’une branche de publication d’œuvres en version numérique, d’auteurs liés à leurs agence ou non.

Personne n'a non plus oublié l'épisode du Chacal, abattu par Antoine Gallimard. (voir notre actualitté)

Devant le boom du phénomène agent -éditeur, les questions soulevées par Allen-AShlock sont les suivantes : Un agent peut-il défendre efficacement les meilleurs intérêts de l’auteur dans une telle dynamique ? Quelles influences cela va-t-il avoir sur l’organisation de l’entreprise ?

Le paradoxe de l'agent-éditeur, homme-atout faire

L’agent représente l’interface entre les auteurs et les maisons d’éditions, principalement dans les pays anglo-saxons, où rien ne peut se faire sans eux. Si l’agent devient également éditeur, le conflit d’intérêt devient obvie et inévitable. Avec surtout des répercussions quant aux relations de confiance établie entre l’agent et son client . Malgré les innovations actuelles, certains principes restent indéfectibles, selon l’auteur.

A Hollywood, le problème n’a pas lieu d’être puisque les agents n’ont pas le droit de produire le travail de leurs clients et les managers n’ont pas le droit de négocier au nom des clients dont ils produisent le travail. Si aucune autre loi de ce type n’existe dans le reste des États-Unis, plusieurs associations, dont l'Association of Author’s Agents (AAA) se bat contre le phénomène, afin d’éviter que les éditeurs favorisent la publication de leurs clients.


Avec sagesse, l’auteur rappelle qu’entre souhaiter devenir éditeur et le faire réellement, il y a un grand pas à franchir. Etre éditeur, c’est avant tout un métier. « Bien que les agents se plaignent souvent de la tendance des éditeurs à s’aventurer au-delà de leur domaine de compétence, nous affichons une curieuse confiance à pouvoir facilement se lancer dans l’édition numérique » souligne-t-il.

Encore et toujours le livre numérique

Or, d’autres facteurs sont à prendre en compte pour ces agents : réorganisation interne de la boite, soit nouveau plan de travail, gestion des capitaux et répartition des tâches des employés. Sans compter les revenus plutôt modestes générés par l’industrie du numérique. Beaucoup d’obstacles qui entraveraient un management adéquat et une publication efficace de la part des agents-éditeurs.

Le problème est aussi marketing, puisque la plupart des agences ne dispose pas des compétences techniques nécessaires pour gérer le design, la distribution, la comptabilité et la gestion des titres.

Ainsi, l’auteur souligne que les agents auraient tout à gagner à plutôt développer des accords avec des maisons d’éditions indépendantes de titres numériques, qui offrent une degré d’expertise de meilleur qualité dans le domaine du numérique, de la distribution et du marketing.

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Mots clés :
Allen-Ashlock - éditeur - agent -



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