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Julien Gracq décédé ce dimanche 22 décembre 2007

« Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants », Marcel Pagnol, Le Château de ma mère.

Par Nicolas,Le dimanche 23 décembre 2007 à 13:47:25 - 0 commentaire

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Éloigné de la foule dans son village d'enfant, Saint-Florent-Le-Vieil, près d'Angers, Julien Gracq s'est éteint. Il avait 97 ans et bien qu'ayant refusé le Goncourt en 51 pour le rivage des Syrtes, son oeuvre avait définitivement gagné ses lettres de noblesse et la collection la Pleïade en 89. Privilège rare pour un auteur encore en vie...

La polémique du Goncours n'avait pas tardé, son refus d'être empêtré dans le marasme littéraire ayant notablement choqué. L'année d'avant, la publication de La littérature à l'estomac déclenchait les foudres en établissant un état des lieux acide sur la situation des Lettres et des prix.

M. Fillon a rendu hommage à « l'auteur complet, à la fois romancier, poète, dramaturge et critique littéraire », mais Louis Poirier a surtout traversé les époques et les styles avec brio. « La seule littérature nécessaire est toujours réponse à ce qui n'a pas encore été demandé », semblent rappeler ses 19 ouvrages. M. Sarkozy, de son côté, voit en lui « l'un des plus grands écrivains français du XXe siècle », qui, selon le président de la république, « loin des modes et des cercles mondains, a construit une pensée originale et une oeuvre puissante ».

Admis au CHU d'Angers au début de la semaine, suite à un malaise, c'est aujourd'hui un autre - véritable - Grand de la littérature française qui claque la porte. Né le 27 juillet 1910, Normalien, étudiant de Science Po puis agrégé d'histoire et de géographie, il connut une carrière d'enseignant dans divers lycées de France.

Autre banni des bonnes grâces de Gallimard, quand en 1938 il présenta Au château d'Argol, il se tournera alors vers José Corti, qui publiera l'ouvrage, à compte d'auteur. Julien Gracq deviendra cependant l'auteur phare de cette maison éditions jusqu'à Entretiens, paru en 2002.

On savourera la présentation de Julien Gracq sur le site de son éditeur. Gracq ? Pour des « raisons de rythme et de sonorité », tout bonnement.

Les années 1936 et 1939 marquèrent la rencontre avec le Parti communiste puis le surréalisme et son Pape André Breton qui ne le retinrent guère longtemps, l'un comme l'autre.

Jérôme Garcin avait eu cette phrase, soulignent nos confrères du Nouvel Obs : « L'oeuvre de Julien Gracq est hautaine, mais Louis Poirier est humble ». Pour tout étudiant en Lettres, En lisant en écrivant aura incarné la terreur, en réunissant tant de sujets possibles de dissertation...

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Julien - Gracq - Goncourt - décès



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