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L'ebook, de plus en plus immersif

Honneur au son, à la vidéo, et aux réseaux sociaux

Par Fanny Pradier,Le mardi 10 avril 2012 à 15:08:28 - 3 commentaires

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La marche vers le numérique est avérée, alors que les tablettes se vendent comme des petits pains et que la part d'ebooks ne cesse de prendre de l'ampleur sur la totalité des livres lus. Les éditeurs comme les auteurs doivent s'adapter... voire réinventer leur métier.

 

Les éditeurs indépendants ne sont pas en reste. Amanda Harvard, auteure de The Survivors, souhaitait publier son livre au format numérique, mais accompagné de nombreux autres éléments multimédias venus enrichir le texte, voire proposer une bien meilleure immersion.

 

Les nouvelles technologies au service de la narration

 

N'ayant pas trouvé d'éditeurs qui publieraient son livre selon ces critères, elle a monté, avec l'aide de son père, sa propre maison d'édition, Chafie Press. Son livre fut publié sous la forme d'une application, comprenant des fichiers audio (illustrant les musiques que les personnages écoutent) et des images des vêtements de créateurs qu'ils portent, des cartes Google Maps pour situer les lieux visités dans le roman et même des liens vers les comptes Twitter des personnages, qu'Amanda Harvard entretient elle-même la plupart du temps. Leur devise ? « Réinventer la narration ».

 

 

« Si vous vous servez de la technologie de la bonne façon (...) et qu'il s'agit d'un contenu bien pensé et de bonne qualité, et que votre approche entend réellement créer une meilleure expérience de l'histoire, alors c'est vraiment ce que vous devez faire », explique-t-elle dans une interview à Wired.

 

Si cette nouvelle expérience n'a pas immédiatement convaincu les éditeurs, l'idée a fait son chemin. Aujourd'hui, ces derniers sont beaucoup plus nombreux à tenter l'expérience multimédia du livre.

 

Comme l'explique Ana Maria Alessi, vice-présidente chez HarperMedia, la durée de conception d'un livre demande de la patience et de la précision. On imagine bien le surplus de travail exigé par la réalisation d'un ebook amélioré ou d'une application. « Nous travaillons tous aussi rapidement que possible, mais nos imaginations vont bien plus loin que ce que nous pouvons réaliser à notre échelle en ce moment ».

 

Une lecture conçue comme une expérience sociale

 

Multimédias, mais aussi connectés, les ebooks du futur seront aussi des occasions pour réunir et faire s'exprimer les lecteurs.

 

Les livres pour adolescents font ainsi l'objet d'une recherche constante pour rendre l'écrit compétitif avec les réseaux sociaux. L'éditeur Panio Gianopoulos, cofondateur de la maison Backlit, publie des livres écrits par des scénaristes de film sous la forme d'ebooks et d'application et de façon épisodique. Ce format plaît, selon lui, aux adolescents, car ceux-ci font très souvent l'expérience de la lecture numérique (par le biais des réseaux sociaux ou des blogs, notamment). Le challenge de la maison, selon lui, est de « plaire aux adolescents, à la fois par l'histoire et le format, d'une façon qui puisse permettre d'être compétitifs face à Twitter et Hulu », en permettant, par exemple, de déverrouiller des chapitres cachés du roman si un ami du lecteur le lit lui aussi.

 

D'expérience généralement solitaire, la lecture devient de plus en plus une activité à la fois personnelle et ouverte aux réseaux sociaux, où le texte côtoie l'image et le son, où d'autres lecteurs invisibles donnent leur avis sur les pages que l'on lit. Mais l'expression "lecture sociale" est remise en question par Marc Jahjah, de So Book Online, pour qui la lecture est éminemment sociale. L'expression serait alors un pléonasme. Qualifier ces expériences de "lecture sociale" est une assimilation un  peu abusive, qui remonterait en fait à une image plus ancienne du lecteur.  Notre lecture est en vérité un acte social à part entière, même sans l'aide des réseaux sociaux.

« La lecture solitaire apparaît tardivement (X°s), et les cas de « lecteurs solitaires »‘ sont suffisamment rares avant pour qu'on ait eu besoin de les consigner (Saint-Augustin sur Saint-Ambroise). C'est que l'homme qui s'isole nie l'interaction : il refuse d'être évalué, dans l'interaction, à partir de normes admises socialement. Par conséquent, il est asocial, inapte à la vie en communauté, marginal et donc à marginaliser.

 

La lecture silencieuse, qui rend socialement illisible la pratique du lecteur, impossible à vérifier, est ainsi assimilée à une lecture solitaire, incontrôlable, intériorisée, alors même que la lecture orale peut elle-même être sans interaction directe (l'acteur qui répète son texte dans la solitude de sa chambre). C'est que, là aussi, celui qui lit à haute voix pratique un discours sur ce qu'il fait : il se désigne lisant. Nous sommes les héritiers directs (pauvres nous) de cette chaîne d'assimilation. »

Sources : Wired , So Book Online , AAP

Pour approfondir



Réactions

Publié par Zorro

 

Non mais quelle flûte, alors...

Écrit le 10/04/2012 à 17:03

Répondre | Alerter

Publié par tibibou

 

Je cite : "Le challenge de la maison, selon lui, [...] de déverrouiller des chapitres cachés du roman si un ami du lecteur le lit lui aussi."
L'éditeur UPblisher est en train de faire cette expérience (fin le 15 avril).
Adresse : http://www.upblisher.com/ebook/boullery/catherine/aila-et-la-magie-des-fees

Écrit le 10/04/2012 à 17:44

Répondre | Alerter

Publié par Chris

 

Brrrr.. Je veux rester seule avec mon bouquin et mon imagination. Ce que vous décrivez, nommez le comme vous voulez mais ce n'est plus lire. "Compétitif face à Twitter" ? Je n'ai pas de mots pour qualifier cette... hérésie ? blasphème ? Et pourtant j'utilise activement Twitter mais il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles et de leur offrir du prêt à mâcher et à consommer du "réseau social". La lecture solitaire, dernier refuge des "has been" qui savent penser sans béquille ?

Écrit le 10/04/2012 à 18:18

Répondre | Alerter

 

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