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Le prix des ebooks à la lumière de l'offre et de la demande

Les variations de prix laissent souvent le lecteur perplexe.

Par Fanny Pradier,Le jeudi 26 avril 2012 à 14:20:15 - 7 commentaires

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Le prix parfois élevé des ebooks peut paraître complètement incompréhensible, parce que la chaîne de fabrication et de distribution de l'ebook ne ressemble guère à celle du livre imprimé. Dans le cadre du procès du Département de la Justice américaine contre Apple et plusieurs éditeurs pour entente sur la fixation du prix des ebooks, la question du prix est plus que jamais d'actualité.

 

De plus, comme le rapporte Digital Book World, quand les ventes de certains éditeurs stagnent et que leurs profits augmentent, il est fort probable que « de plus grandes marges de profits sur les ebooks en soient les responsables ». Le procès antitrust aux Etats-Unis semblent avoir donné l'impression que les éditeurs fixent eux-mêmes des prix très élevés sur leurs ebooks... alors qu'il y a certainement d'autres raisons à cela.

 

Des coûts élevés de développement

 

Le coût de l'ebook, rappelle Digital Book World, découle en grande partie de l'acquisition des contenus. « Nous devons toujours payer pour l'avance de l'auteur, l'édition, la correction, la correction des épreuves, la couverture et le design intérieur, les illustrations, les efforts marketing la publicité et l'équipe qui doit coordonner tous les détails qui rendent le livre possible », affirme Bob Miller, président de Workman Publishing.

 

 

Molly Barton, directrice de l'édition numérique globale chez Penguin, estime quant à elle que « la production d'ebooks coûte 10 % moins cher que la production de livres imprimés. Mais la plus grosse dépense est la rémunération des auteurs, et cela l'a toujours été ».

 

De plus, le développement d'un format EPUB, d'une application, rentre également dans les comptes. Ce n'est certes qu'une dépense unique, mais encore faut-il l'amortir. Sriram Panchanathan, vice-président pour les solutions numériques chez Aptara, une entreprise de premier ordre produisant des ebooks, une simple page peut voir son coût évoluer entre 0,20 $ et 0,90 $. De plus grosses maisons parviennent certainement à réduire l'impact de ce coût en éditant et en vendant un plus grand nombre d'ebooks, mais on comprend que pour des structures moins importantes cette dépense doivent être amortie.

 

Le facteur de la demande ne doit pas être ignoré

 

Certes, un ebook, contrairement à un livre papier qui court le risque de ne plus être édité en fonction de la demande, peut rester disponible sur une bien plus longue durée. Mais le prix de l'ebook que nous payons est avant tout défini par la demande, en-dehors des coûts de fabrication. Même si l'ebook reste disponible plus longtemps, il faut compter sur une demande qui, elle, ne sera pas constamment forte.

 

Un livre peut être édité en grand format, puis il sortira en format poche, donc moins cher. Dans les premiers temps, ceux qui veulent absolument se le procurer devront payer plus cher, et sinon attendre qu'il soit édité à un prix moindre. Et le marché de l'ebook n'échappe pas à cette  règle. Les maisons d'édition les plus influentes n'hésiteront. pas, si l'ouvrage est bien marketé, à proposer des ebooks plus chers, ne serait-ce que les premiers mois après la sortie du titre. Comme dans le cas des livres imprimés, le prix du livre numérique aura ensuite tendance à décroître petit à petit.

 

 

 

 

 

Sources : Digital Book World , The Passive Voice , Publishers Lunch

Pour approfondir

Mots clés :
ebooks - prix - edition - conception



Réactions

Publié par TheSFReader

 

"Les maisons d'édition les plus influentes n'hésiteront. pas, si l'ouvrage est bien marketé, à proposer des ebooks plus chers, ne serait-ce que les premiers mois après la sortie du titre. Comme dans le cas des livres imprimés, le prix du livre numérique aura ensuite tendance à décroître petit à petit."

Tant que c'est dans certaines limites, pourquoi pas, et à condition effectivement de garder le prix du livre numérique "indexé" à l'offre papier la moins chère.

Un ebook plus cher que la version Poche, c'est tout simplement une aberration, quelle que soit la justification apportée par les éditeurs.

Écrit le 26/04/2012 à 14:55

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Publié par Hybrid'Book

en réponse à TheSFReader  

Un ebook plus cher que la version poche est, pour le moment, une aberration en effet. Dans le cas d'un livre homothétique. Il me semble en revanche normal de payer un peu plus cher pour un livre enrichi, un livre d'art ou de voyages qui a necessité une iconographie particulière, un album jeunesse avec un gros travail d'illustration, un livre accompagné de teasers vidéo ou d'un site internet dédié qui nécessite un travail de l'auteur avec l'éditeur...

Écrit le 27/04/2012 à 09:52

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Publié par Jean-LuK

 

Mais alors, lorsque l'on justifiait le prix des livres par des coûts d'impression et de logistique, on se foutait de nous ?
Non, mais selon la même démarche que celle de la musique, bien que l'édition sous forme de ces indigents CDs étaient devenus insignifiants, l'industrie des médias parvient à maintenir les prix pour les motifs les plus improbables.

Écrit le 28/04/2012 à 10:09

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Publié par Loïc

 

Une réflexion inverse à celle de l'article ci dessus.
http://www.teleread.com/paul-biba/if-publishers-cant-cover-their-costs-with-10-ebooks-then-they-deserve-to-go-out-of-business/
J'ai déjà vu ces argumentations. Dommage qu'elles ne marchent qu'avec un modèle économique basé sur la rareté du produit et sur le coût à produire. Le modèle économique actuel des livres a le même problème que celui de la musique : il se base sur un modèle obsolète. Quand le produit est physique et que produire un lot de bien matériel, a un coût, que le stockage a un coût, il faut maximiser le profit sur le lot en question. L'éditeur a donc intérêt à réaliser un petit lot de test, pour valider les ventes, puis un gros lot pour rentabiliser les frais de la création du livre.
En numérique, ça marche pas comme ça. Coût de stockage ? Négligeable. Coût de duplication ? Idem. Seuls restent les coûts d'édition, correction, de mise en page et de publicité. Les éditeurs pour maximiser le profit ont intérêt à baisser le prix puisque le coût de distribution est ridicule, même si le distributeur prend 30% de marge. Sauf que ? Sauf que nos amis les économistes et les MBAs ont leur modèle économique antique, et ils y tiennent. L'offre et la demande, la courbe de Gauss du bénéfice. Magnifique et totalement inadaptée au numérique.
Les éditeurs peuvent arguer comme ils veulent, mais un auteur seul peut parfaitement assumer ces coûts. Comment çapourrait donc coûter trop cher à un éditeur ? Simple : la gourmandise, l'habitude. Alors que les coûts d'édition et de correction tendent vers 0 (cf l'art français de la guerre truffé de fautes) avec les salaires des professions non commerciales de l'édition qui sont en chute libre, les prix stagnent, voire augmentent. Gourmandise et avarice tels sont les maux de l'édition. Cessez de défendre des marges injustifiables, à part avec des logiques biaisées.

Longue vie à l'auto édition et aux prix rationnels.

Écrit le 30/04/2012 à 08:46

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Publié par Loïc

 

Une seule fois dans ces dernières années j'ai fait confiance à nos maisons d'édition françaises en achetant aveuglément un livre neuf à 25€. Robert Laffont, oui, pas un petit éditeur. Tout ça pour avoir un livre à la couverture laide en papier à peine cartonné, mal mis en page, avec du papier à cigarette facilement déchirable, sur lequel on peut lire les 3 feuilles suivantes, sans avoir à tourner la page. Ce que l'éditeur vend, ce n'est plus de la qualité, c'est un rêve de qualité qui n'existe déjà plus, un travail qui n'est plus fait.
Je ne veux pas les sauver. Qu'elles crèvent avec leur prix unique et que naisse l'auto édition dans leurs cendres.

Écrit le 30/04/2012 à 08:54

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Publié par ChGoo

 

Le coût de production d'un ebook est 10% moins cher qu'un livre imprimé? À qui ils espèrent faire croire pareille hérésie?

Écrit le 30/04/2012 à 09:34

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Publié par Loïc

en réponse à ChGoo  

C'est pas forcément si aberrant techniquement que ça s'ils se basent sur un modèle économique aligné sur les pratiques du livre papier. Ils pensent vendre un nombre fini de livres à un prix fixé, comme le papier.
Dans ce cas, forcément, le prix de création du livre devient partie intégrante du coût de production. C'est suffisamment cohérent pour que des analystes habitués au papier ne changent pas leurs habitudes.

Une des raisons de cette logique est qu'actuellement, la création des ebooks est souvent décorrélée du cycle papier. A tel point que fréquemment, sur de nouveaux livres, ils utilisent encore des techniques de reconnaissance de caractères et/ou de mise en page plutôt que de faire une vraie pagination manuelle et typographie numérique. Ben oui, c'est pas leur métier, hein, mes pauvres gens... d'apprendre de nouveaux outils et de nouvelles techniques... Y'a que pour les beaux livres pleins de couleurs où la technologie bouge vite.
Entre l'ebook et l'impression à la demande, les éditeurs sont fort en retard. Tout comme les prix littéraires français sont en retard sur les littératures de *genre*. On a du mal à voir l'évolution du livres, en France... On en est encore aux couvertures moches en carton mou, après tout.

Écrit le 03/05/2012 à 22:35

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