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Pierresvives, projet gargantuesque de l'Hérault pour la lecture publique

In nouveau veritas

Par Antoine Oury,Le mercredi 10 octobre 2012 à 12:26:07 - 0 commentaire

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Impulsée en 2005, mise en chantier dès 2008, la nouvelle Cité des savoirs et du sport pour tous, Pierresvives de son petit nom, détonne dans un contexte de compression des budgets publics. Et pour cause : dessiné par la célèbre architecte Zaha Hadid, l'énorme bâtiment devra abriter les Archives départementales et la Bibliothèque départementale de prêt.

 

 

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26.000 m² sur 5 niveaux, 20.000 m3 de béton et 3 000 tonnes d'acier : les matériaux ont de quoi donner le vertige, tout comme les proportions de la structure Pierresvives, nommée ainsi en référence à Rabelais et son Tiers Livre : « Je ne bâtis que pierres vives, ce sont les hommes. » Le budget total s'élève à 125 millions €, et une carte blanche pour Zaha Hadid. Seule contrainte, non des moindres : abriter « 60 kilomètres » d'archives et 30.000 documents disponibles en prêt.

 

De la rue de Castelnau, ancien fief des Archives départementales, à l'emplacement de Pierresvives, il n'y a qu'un quart d'heure de distance, mais le déménagement est de longue haleine : cadastres, photographies et recensement de la population mobilisent les conservateurs depuis plusieurs semaines. « Ce n'est pas comme déménager un appartement, c'est sûr » souligne une employée mal réveillée du Conseil général, « Mais les anciens locaux étaient clairement insuffisants. »

 

Le transport se fait en camions, selon des règles bien précises. « Le document le plus ancien doit dater de l'an 700... », ce qui explique les moyens de conservation mis en place : obscurité, température qui oscille entre 17 et 22 °C et taux d'humidité inférieur à 60 %.

 

Les archives numériques, dont la majeure partie est libre d'accès et de reproduction pour une utilisation non commerciale sont complétées par la médiathèque départementale, « laboratoire de lecture publique » de 1000m² pour 300 places assises (la précision a son importance à l'approche des examens). Curieusement, l'établissement n'est ouvert que les après-midi, sauf le samedi, qui bénéficie d'une journée complète.

 

La salle de lecture vaut en tout cas le déplacement : conçue et dessinée par l'architecte Stéphane Hof, elle s'intègre à la structure moderne voulue par Zaha Hadid. « L'idée, c'est figurer la dualité de l'auteur et du lecteur : l'intention de l'un, l'interprétation de l'autre » nous explique Hof. Une dualité déclinée dans le mobilier, noir et blanc, les lignes, droites et incurvées, et le mobilier, support de lecture et étagères de rangement.

 

Le mélange Corian/bois apporte les dernières finitions au concept, redoublé par des tables en forme de lettres de l'alphabet. « La nuit, les arêtes du Corian sont rétroéclairées et unifient le plafond, la bibliothèque et les tables » termine l'architecte.

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