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Krach Party, Philippe Nicholson

Par Nicolas Gary,Le jeudi 05 novembre 2009 à 10:00:00 - 3 commentaires

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ISBN : 9782355360367

Prix eBook :

Prix papier : 17 €

Pages : 247 pages

Editeur : Carnets Nord

Traduit de :

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Là… une dizaine de millions. Là… un peu moins. Oui, mais c’est parce que le risque est moindre. Inutile de jouer quand on n’est pas assuré de tripler, quadrupler, quintupler sa mise. Pour Hugues Frassier, propriétaire d’un hedge funds, la vie consiste à manipuler des sommes colossales qui ne lui appartiennent pas, spéculer et réaliser des plus-values colossales. Hugues est un homme moderne. Travailler dans la finance est synonyme de modernité de nos jours. Gagner de l’argent et des sommes déraisonnables est un signe de pouvoir. Pas pour les sommes gagnées, juste parce que l’indécence, c’est le vrai luxe.

Il y a aussi Dominique. C’est un homme-interface. Il parvient, contre des rémunérations scandaleuses à créer des miracles ou des désastres. Ruiner une vie en quelques secondes, tout cela n’est qu’affaire d’informations : celles que l’on détient déjà, ou celles que l’on obtient. Et les moyens de les obtenir sont multiples : chantage, trahison, achat, menaces…

À ses côtés, Véroniques, directrice d’une agence de communication faramineuse, jouant sur des outils d’informations puissants, ouvrant ou fermant les vannes et les sources d’alimentation des journalistes au gré de ses humeurs. Dans cet univers, celui qui contrôle les informations maîtrise bien plus qu’un pouvoir informatif : il est la source de tout. Celle qui parviendra jusqu’au public, ou celle que l’on va détruire, parce qu’elle peut coûter cher à un client…

Mais ce matin, alors que la bourse de Paris va s’ouvrir, c’est une crise qui s’amorce, bien plus dévastatrice que le contrôle des flux boursiers, des informations ou des relations entre ces univers. Aujourd’hui, durant 24 heures, c’est une crise démentielle qui va s’abattre sur les marchés boursiers, dans le monde de la communication – surtout quand se fissure une centrale nucléaire – et par corollaire, sur le monde entier.

Et pour un premier ouvrage, Philippe Nicholson vient de nous offrir une petite perle d’intensité : un tour de force titanesque qui mélange plusieurs univers concomitants dont les relations sont tissées par des personnes, qui couchent ensemble, se côtoient, se fréquentent, s’entraident, tant que les intérêts convergent. Mais il suffit d’ouvrir la fosse aux serpents pour que soudain le venin soit craché de toutes parts.

L’écriture est fulgurante, vraiment : je me suis moi-même mis sous bêta-bloquants pour parvenir vivant au terme du livre. Tout se déroule sur une journée. Elle commence tôt, vers 6 h 30 pour s’achever, précisément ou presque vingt-quatre heures plus tard. Un rythme haletant, une vitesse d’exécution et de déroulement spectaculaire. Désormais, la moindre seconde compte, pèse et la facture s’alourdit un peu plus à mesure que les millions s’engloutissent, que les erreurs humaines se multiplient… Que l’humanité continue de fourmiller.

Rien à voir avec la crise que notre monde a connue : celle-ci est bien pire. Non parce qu’elle dépasse les errances que le marché a vécues l’an passé, mais parce que nous la vivons de l’intérieur, à côté même d’hommes qui l’ont instaurée, menée, mise en place. Qui l’ont créée. Qui l’ont annoncée. Certaines crises reflètent bien plus qu’un krach boursier : elles sont le symbole même de notre incompréhension du monde financier aujourd’hui. Et l'incompréhension de ce monde lui-même s'il se regardait face à un miroir.

Et de notre impuissance à agir sur lui. Quand bien même nous le souhaiterions, les sphères qui façonnent tout cela sont trop éloignées de nous. On peut toujours se débattre : cela vaut mieux que de subir. Mieux vaut s’agiter… Vraiment ?


 

Retrouvez Krach Party de Philippe Nicholson, en librairie

Mots clés :
Krach - Party - Philippe - Nicholson



Réactions

Publié par mclerc

 

Mon père disait que la bêtise humaine était la seule chose qui pouvait nous donner une très très vague idée de ce qu'était la profondeur du vide sidéral... ou de l'infini, au choix. Je me souviens d'un médecin, capable, au demeurant, qui se faisait rouler dans la farine par tous les escrocs qui lui proposaient du 10, 15, et même 20 pour cent ! Et il marchait à tous les coups !

Écrit le 06/11/2009 à 09:21

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Publié par Bruno

 

Excellente critique, rédigée avec justesse - bravo; je suis d'accord, j'ai adoré ce roman qui bouscule.

Écrit le 06/11/2009 à 23:23

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Publié par Caro

 

Très bonne critique - son auteur écrit avec le même élan que Philippe N. Un roman décapant qui, je l'espère, se fera un chemin d'un succès réellement mérité

Écrit le 15/11/2009 à 12:03

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