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Chine : De la publicité sur les couvertures de livres

Dis-moi ce que tu lis, je te dirais qui t'annonce

Par Clément Solym,Le mercredi 02 mai 2012 à 09:54:48 - 0 commentaire

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D'un côté, les sociétés high-tech et autres géants du net s'échinent à développer des technologies et déposer des brevets pour introduire des publicités dans les livres numériques. Yahoo avait fait fort, voilà quelques semaines, avec une méthode de contextualisation des promotions. 

 

De l'autre, des éditeurs traditionnels ont décidé, en Chine, que les couvertures de leurs livres pouvaient tout aussi bien faire office de supports publicitaires. Le premier qui en a fait les frais, a été écrit par la mère du violoncelliste de renom Yo-Yo, et a été publié en mars dernier, explique le directeur de la maison, Li Baozhong. Sur la quatrième de couverture, en dessous du résumé, on trouve bien le logo qu'une célèbre marque chinoise de textile.

 

Li a signé avec l'agence de publicité basée à Beijing, Jinghua Aobo, pour la promotion de leurs clients au travers des livres de l'éditeur. Et c'est le même type de contrat qui a été signé avec une centaine d'éditeurs à travers le pays, en vue de placer des pubs. Ce qui est amusant, c'est que là où Yahoo s'escrime à développer des outils de contextualisation à la volée, l'agence de publicité a mis en place des sélections identiques : la pub déployée doit être en relation avec le thème du livre. 

 

Un manque de visibilité avec les couvertures de livres ?

 

 

Pour l'éditeur, chaque exemplaire vendu rapporte entre peu et pas grand-chose (75 cents à 1,5 €). Mais après tout, l'idée valait son pesant de cacahuètes, puisque les livres, au même titre que la presse, peuvent légalement accueillir de la publicité. D'autant que ce projet est un apport dans le modèle économique des éditeurs chinois non négligeable. « C'est l'idéologie traditionnelle qui a décidé de cesser l'utilisation de publicité dans les livres. Mais maintenant, nous menons un projet pilote important », explique l'éditeur Li. (China Daily)

 

Pour l'agence publicitaire, ce projet n'est cependant qu'un début. L'idée est d'attirer des annonceurs pour approcher et ouvrir le marché, mais également d'aider les éditeurs à diversifier leurs sources de revenus. Actuellement, le chiffre d'affaires de l'édition chinoise tourne entre 40 et 50 milliards de yuans, un dixième de ce que peut être celui de la publicité. Si l'édition pouvait prendre un dixième de 500 milliards de yuans de la pub, c'est une nouvelle industrie qui pourrait se créer. 

 

« La plupart des éditeurs ne sont pas prêts à accepter la publicité, parce qu'ils ne souhaitaient pas ruiner la conception de la couverture du livre. L'auteure a également hésité sur ce point, redoutant que l'annonce puisse entrer en conflit avec le style de l'oeuvre. » Mais évidemment, dans cette perspective, si l'éditeur gagne plus, l'auteur lui-même percevra une rémunération supplémentaire. 

 

Une condition sine qua non pour les auteurs, qui n'auraient pas pu accepter sans cela. Le tout avec un juste équilibre à préserver, bien entendu. Mais ne faudrait-il pas également que les lecteurs profitent de cet apport économique ? La présence d'une publicité sur une quatrième de couverture pourrait-elle influencer la lecture ? À l'intérieur des livres, c'est une autre question, certes…

 

Après tout, d'autres avaient eu une approche plus pragmatique. Ainsi, dans Black Bazar, publié chez Seuil, Alain Mabanckou avait introduit une bière brune, de la Pelforth, qui devenait la boisson favorite de son personnage principal. Une présence forte et récurrente de la bière… qui était sponsorisée par le brasseur, pour le bonheur de l'écrivain.

Pour approfondir

Mots clés :
publicité - Chine - livres - couverture



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