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Les miniatures flamandes se font mousser par la BnF

Avec un arrière-gout de blague belge, ou bien !

Par Jean-Romain Blanc,Le vendredi 10 février 2012 à 15:59:43 - 0 commentaire

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Alors que la Belgique se déchire dans l'hypothèse d'une séparation entre Flandres et Wallonie, la Bibliothèque Nationale de France et la Bibliothèque Royale de Belgique rappellent leur glorieux passé culturel commun à l'occasion du deuxième volet d'une exposition mettant en valeur l'art flamand et spécifiquement les fameuses miniatures du XVe siècle.

 

L'exposition terminée en Belgique, elle s'exporte en France au siège de la BnF du 6 mars au 10 juin prochain. Les 140 miniatures exposées proviennent pour la plupart des bibliothèques des ducs de Bourgogne et notamment du mécène Philippe le Bon, grand amateur d'art et révélateur de talents remarquables. Ainsi l'on aura l'occasion de découvrir, ou d'apprécier pour les initiés, les œuvres des plus célèbres peintres de l'époque, de Simon Marmion à Roger van der Weyden, dignes représentants de l'âge d'or de la région des Pays-Bas méridionaux, tant au niveau commercial qu'artistique.


 

Très en vogue sous le règne des ducs de Bourgogne, ces miniatures n'avaient pas seulement un but esthétique, en effet à l'époque peu de gens savaient lire et les annotations et explications dessinées sur les pages permettaient à tout le monde de comprendre le sens des textes. Sur les 900 manuscrits enluminés réunis par Philippe le Bon puis par son fils Charles le Téméraire, seuls 280 sont parvenus jusqu'à nous, aujourd'hui conservés dans la bibliothèque royale du plat pays.

 

D'ailleurs, elles étaient déjà considérées comme des objets d'art à l'époque, leur réalisation nécessitant un travail minutieux de la part de copistes spécialisés. Un manuscrit pouvait demander à lui seul le travail d'une équipe pendant plusieurs mois.

 

Des épopées, des grands maîtres et ... de l'humour belge

 

En outre, chaque maître avait ses qualités propres. Chacun créait ses couleurs d'une façon qui lui étaient propres et conférait ainsi à son travail un aspect très personnel. Ainsi, on différenciera l'art chatoyant et gracieux du Maître de Guillebert de Mets de l'expressionnisme du Maître de la Chronique d'Angleterre et l'ironie des aquarelles du Maître de Wavrin.

 

Plus encore que par leur qualité graphique, ces manuscrits enluminés manifestent leur originalité en mettant en valeur un art qui est le plus souvent profane. Parce que, outre les illustrations ou les dessins libres dans les marges, le contenu textuel s'avère lui aussi très particulier. Pas de verset ici, mais des épopées chevaleresques et des hagiographies.

 

Mais pas seulement ! Scrupuleuses de dépeindre au mieux la vie quotidienne de la fin du Moyen-Age, les enluminures rappellent le passage des grands seigneurs dans les lupanars bourguignons. Quelque mois après la fameuse affaire des œuvres pornographiques sur Gallica, la BnF prouve ici qu'elle ne manque pas d'humour. 

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