Le monde de l'édition > International > Actualité

Le Sénat inspecte la culture et le numérique au Japon

Une délégation du Sénat est allée au Japon et a rapporté ses impressions entre autres sur le livre numérique

Par Mario,Le mercredi 19 octobre 2011 à 08:31:00 - 0 commentaire

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

Une délégation du groupe d'amitié France Japon du Sénat s'est rendue au pays du soleil qui se lève du 19  au 25 septembre 2010 afin notamment de renforcer les liens d'amitié entre la France et le Japon. Ce voyage a aussi été l'occasion de nombreuses observations dont quelques-unes sur le domaine de la culture et du numérique.

Le compte-rendu de la visite devait être publié en mars dernier, mais la délégation a souhaité le différer pour faire le point sur les catastrophes qui ont touché le Japon à la mi-mars. Il est disponible sur le site du Sénat depuis le 13 octobre dernier. Au niveau des lectures numériques, la délégation du Sénat a fait quelques observations intéressantes.

 

Fonds de bibliothèque et numérisation


La visite de la Bibliothèque nationale de la Diète a permis de mettre en lumière une politique de numérisation ambitieuse et surtout sans le secours du géant Google. En effet, il est prévu que d'ici la fin de l'année un million d'ouvrages soient numérisés. Le programme de numérisation a commencé avec des livres précieux ou rares, 20.000 des 58.000 ouvrages de cette catégorie ont été numérisés. D'autre part, il est déjà possible de consulter sur le net 156.000 livres (publiés avant 1958).

 

La Diète (Japon). Crédits : Wikipédia


Fin 2010, lors de la visite de la délégation, le gouvernement japonais avait mis en place un budget spécial de 12,7 milliards de yens (environ 120,9 millions d'euros) visant à rendre possible la numérisation de 9 millions de livres, 8 millions de périodiques et 35 millions d'autres documents, tous libres de droits. Cela dit le directeur de la Bibliothèque nationale de la Diète, Mr Nagao, a indiqué qu'il faudrait un budget cinq fois plus important pour numériser tous les ouvrages de la Bibliothèque.

Mr Nagao, a aussi précisé que cette politique de numérisation n'était pas soutenue par un accord avec un acteur extérieur tel que Google. Selon lui, c'est à l'État seul de procéder à la numérisation avec des fonds publics. Il a indiqué par ailleurs que Google était rentré en contact avec les éditeurs japonais pour Google Édition et a noté que ceux-ci sont encore un peu indécis sur les questions numériques. Pour lui, le mieux serait une législation pour le dépôt légal numérisé et pour contrer Google, une coopération internationale entre États.

 

Le marché du livre numérique


Le mercredi 22 septembre 2010, la délégation s'est rendu au siège de la société Dai Nippon Printing qui détient entre autres Mobilebook.jp. La délégation y a rencontré le président de cette dernière, Mr Nomura. Selon lui, le marché numérique va exploser grâce aux tablettes, mais le livre imprimé n'est pas menacé. Il a expliqué en outre que le prix de revient d'un ebook est moins élevé de 40 % que celui d'un livre papier. La délégation a pris note de l'accord passé entre Dai Nippon Printing et NTT DoCoMo pour la mise en place de leur joint-venture, dédiée aux livres numériques, 2DFacto (voir notre ActuaLitté) et de son objectif de chiffre d'affaires d'ici 5 ans : 40 à 50 milliards de yens.

La délégation a noté dans son compte rendu que le marché du livre numérique connaît une forte croissance au Japon (de 2005 à 2010, la taille du marché a été multipliée par 25). Elle a aussi rappelé que le Japon avait un précurseur avec la création en 1998 du « consortium du livre électronique » (regroupement de 140 sociétés de la chaîne du livre, de la high-tech et des télécommunications cherchant à développer le livre électronique). Elle a relevé l'importance des manga dans le développement de la lecture numérique avec 70 millions de téléchargements par mois pour 30 000 titres disponibles. Elle a indiqué qu'en 2008, 80 sites de téléchargement sur l'internet mobile proposaient des manga.

Au niveau des usages, la délégation a fait le constat que 10 % des internautes japonais utilisent les réseaux P2P depuis leurs PC pour télécharger des contenus. Parmi ceux-ci, 7 % sont des livres numériques. Elle indique aussi que le modèle gratuité plus publicité a connu une forte croissance.

 

La lutte contre le piratage


En ce qui concerne le problème plus particulier du piratage, la délégation a rencontré Mr Sumi, le directeur exécutif de la Digital Content Association of Japan. Durant cet entretien, il a été question de la commission mise en place par le gouvernement pour rédiger une « loi préventive sur le piratage de contenus musicaux sur téléphones portables ». Bien que le cadre de ce projet de loi soit très restreint, il pourrait être étendu à d'autres contenus (films, livres, manga) et à d'autres supports (internet fixe).

 


Le projet présente des aspects plutôt intéressants et s'éloigne complètement du modèle « pédagogico » répressif de notre Hadopi. Il s'agirait de la mise en place d'un serveur capable de tracer les contenus musicaux et de les analyser pour vérifier s'ils sont des fichiers pirates. Si un usager venait à tenter de les télécharger, il recevrait un message d'alerte lui indiquant qu'il s'agit d'un contenu pirate. Si malgré l'avertissement, il décidait de poursuivre le téléchargement, le serveur interromprait le transfert du fichier ou le détériorerait.

 

Il n'est aucunement question dans ce système de retenir ni archiver les données personnelles des internautes.

La délégation a aussi précisé que le Japon a mis en place depuis plusieurs années une campagne préventive contre le piratage dans les écoles et dans les médias mettant souvent en avant des vedettes populaires. Elle a enfin évoqué la création du logo « L Mark » qui permet aux sociétés d'indiquer qu'il s'agit d'un contenu légal, et ainsi de rendre « la légalité lisible pour les usagers ».

Sources : Sénat (partie livre numérique) , Sénat (partie piratage)

Pour approfondir

Mots clés :
japon - numérique - culture - piratage



Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

La blancheur qu'on croyait éternelle, Virginie Carton

Présentation de l'éditeur : Mathilde aimerait bien devenir chocolatière mais elle est trop diplômée pour ça. Elle ne...

Dessins littéraires

Croquis de mémoire définit bien les textes de Jean Cau de ce volume : ce sont des souvenirs esquissés, sans souci de date ou...

Dessins littéraires

Croquis de mémoire définit bien les textes de Jean Cau de ce volume : ce sont des souvenirs esquissés, sans souci de date, de...

Sondage

Les éditeurs et la promotion des livres : paroles d'auteur

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com