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Tintin a franchi le cap des traductions dans 100 langues et dialectes

Reporter polyglotte

Le mercredi 29 janvier 2014 à 11:58:34 - 0 commentaire

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Depuis le décès d'Hergé en 1983, si le reporter du Petit Vingtième n'a pas connu de nouvelles aventures, il n'a en revanche cessé d'explorer le monde entier à travers les langues et autres patois. Du papiamentu au wolof, sans faire l'impasse sur le créole ou le breton, Tintin a désormais franchi le seuil des 100 traductions. En décembre est notamment paru L'Ilate negue, version de L'Ile noire en saintongeais, le patois de la région de Cognac.

 

 

 

 

Comme le rapporte l'AFP, la saga du journaliste à houpette se serait écoulée à plus de 230 millions d'albums à travers le globe, depuis sa création, franchissant récemment la barre des 100 langues et dialectes de publications. Maryse Guedeau, à l'initiative du projet L'Ilate negue, confie : « Nous avons été surpris par le succès. Les 6.500 albums imprimés se sont arrachés comme des petits pains. »

 

En termes de ventes sur le marché international de la BD, Tintin caracole en tête avec Astérix et les irréductibles Gaulois, s'exprimant eux-aussi en allemand, comme en picard ou en latin. Pour Simon Casterman, le directeur commercial de la maison bruxelloise homonyme : « Notre ambition est que Tintin soit lu dans un maximum de langues, qu'elles soient internationales ou locales. »

 

Un objectif qui se trouve désormais atteint en ce qui concerne les grandes langues internationales, à l'exception toutefois notable de l'arabe. Lacune qui serait notamment due à quelques difficultés liées au sens de la lecture de droite à gauche. Dans de nombreux pays, la popularité de Tintin aurait bénéficié de l'impact du film de Steven Spielberg sorti en 2011. Bien que le dernier album remonte à 1976, l'intérêt pour la série est loin d'être de l'histoire ancienne.

 

L'offre répond à la demande

 

Simon Casterman explique la stratégie de la maison, qui se veut pragmatique pour ce qui touche aux traductions. « Nous répondons aux demandes d'associations culturelles qui souhaitent traduire dans leur dialecte les aventures d'un héros connu de tous. » Charge revient ensuite à ces associations de traduire, promouvoir et financer l'album en question. Ainsi sont apparus depuis 30 ans les Tintin breton, corse, ch'ti ou encore gruérien, en France, anversois, ostendais ou gaumais, en Belgique.

 

Ailleurs dans le monde, Tintin cause également québécois, féroïen, tahitien et papiamentu, la langue créole des Antilles néerlandaises où a été publié E asuntu di Florisol (L'affaire Tournesol). L'année dernière le reporter s'invitait en Afrique avec le wolof, langue orale parlée par plus de 10 millions de personnes au Sénégal.

 

Kumpag wangalang wi, c'est Le secret de la Licorne, traduit en wolof par des volontaires du monde entier ayant été contactés par internet. Pour le secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf, qui préface l'album : « Par son aspect divertissant, cette BD constitue un outil d'une importance capitale pour la promotion du wolof, aussi bien au niveau national que de la diaspora. »

 

D'autres projets existent notamment en araméen, en yiddish et en bambara, la langue nationale du Mali, mais les priorités de Casterman concerneraient désormais l'Inde. La maison pourrait donc lancer prochainement des éditions en bengali, assamais ou tamou, dans ce pays ou l'oeuvre de Hergé est déjà célèbre en anglais.

 

Traduire Tintin serait tout un art si l'on souhaite éviter la fuite des fans. La plupart des éditions sont enrichies d'un lexique, afin de ne pas perdre les lecteurs, tandis que les traducteurs doivent faire preuve d'imagination pour adapter certains noms de personnages. Et puis, surtout, les insultes fleuries du capitaine Haddock...

Pour approfondir

photo Helmlinger Julien

   

Journaliste ActuaLitté. Padawan de l'information, en passe de devenir Jedi.

 

Mots clés :
Tintin - Hergé - Traduction - BD



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