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Oeuvres du domaine public, ou le pillage du temple littéraire

Vendre le gratuit, une pratique sans conséquences ?

Le mardi 15 octobre 2013 à 10:51:41 - 19 commentaires

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Les débuts de l'ère numérique du livre ont amené un étrange et beau phénomène : des centaines, des milliers de personnes se sont jetées sur des livres pour les retranscrire et les offrir au monde. Ce sont tous ces textes ressuscités que l'on trouve sur Ebooks Libres et Gratuits, Wikisource, Projet Gutenberg, et sur tant d'autres sites.

 

 

Temple of Apollo, Delphi

Temple d'Apollon à Delphes

PapaPiper, CC BY ND 2.0

 

 

Mais ce noble phénomène a un étrange revers : les marchands du temple, qui veillent à la moindre occasion de s'enrichir, et de s'enrichir en se tournant les pouces, de préférence. La comparaison est usée jusqu'à la corde, mais il s'agit bien là des textes du temple de la littérature qu'est devenu Internet. Ces textes sont disponibles, à portée de main, libres de droits. Quelle idée pourrait germer dans ces cerveaux retors ? Les vendre, bien entendu ! 

 

Car tout le monde n'est pas au fait de l'existence de ces textes gratuits. L'essor des plateformes numériques permet à n'importe qui de se proclamer éditeur et de côtoyer Gallimard, Grasset et consorts. 

 

Il pourrait ne s'agir que d'un banal conflit éditeurs/bibliothèques, dans lequel les gratuits seraient les bibliothèques patiemment remplies par les bénévoles ; on dirait alors : « Il faut bien que les éditeurs vivent !... » Non, car ces soi-disant "éditeurs" (méritent-ils même ce nom ?) n'ont rien fait, rien accompli, et vendent le travail patient, méticuleux et passionné des autres, en comptant sur l'ignorance et la crédulité des lecteurs. Le potentiel de textes et de ventes est infini. Il suffit d'aller sur Internet, de prendre un texte gratuit, de le recopier dans un traitement de texte et de le convertir en "EPUB", d'ajouter une couverture sympathique, de les déposer sur une plate-forme, et de regarder les sous entrer à chaque téléchargement. 

 

Quoi de plus machiavélique ? Rien de plus légal, puisque le texte est libre, rien de plus simple. Chaque texte est généralement fixé à 99 centimes ; cela semble peu, bénin ; aussi leur faut-il recopier le plus de textes possible, sans cesse.

 

La tentation du contenu, pour enrichir le catalogue ?

 

Bien entendu, nos soi-disant éditeurs diront qu'ils ont remis en forme le texte « spécialement pour une lecture numérique » (cela sonne très "club de gym"), qu'ils l'ont relu et corrigé des erreurs restantes. Quand on connaît le degré d'exigence et d'excellence des relectures d'Ebooks Libres et Gratuits, principal pourvoyeur de ces rapaces, on ne peut que sourire. Ou qu'ils ont ajouté des préfaces et des biographies (les "Editions" Humanis, par exemple, ont la grande intelligence de recopier les articles Wikipedia de chaque auteur. Ils ne berneront personne.

 

Prenons donc l'exemple de la Bête humaine tel qu'on peut le trouver sur une plateforme numérique : tous se battent pour vous vendre ce texte trouvable gratuitement ailleurs à 99 centimes ou plus : Éditions de Londres, Ink Book, Candide & Cyrano, Culture commune... Tous ne sont pas absolument mauvais. Certains éditent des textes d'auteurs récents (Éditions de Londres, Publie.net, Numeriklivres, etc), mais il semble très dur de résister à cette tentation de recopier de temps en temps un gratuit que l'on va présenter comme une redécouverte : ainsi, le "premier prix Goncourt", Force ennemie de John-Antoine Nau, réédité chez Publie.net, mais depuis longtemps disponible gratuitement sur Internet.

 

Citons surtout les noms de ces soi-disant éditeurs, ceux qui pratiquent cette activité en masse, avec un tel acharnement que c'en deviendrait maladif : Ink Book, Candide & Cyrano, Culture commune, Thriller Editions. J'en oublie certainement, et certainement d'autres viendront encore. Ink Book (plus de 500 livres pillés qui dit mieux ?) ne se gêne même pas pour recopier des les moindres textes récupérables ici et là (tel texte issu de la Bibliothèque de Lisieux est tout simplement recopié et vendu) ou encore les belles traductions de Saint Augustin disponibles sur un obscur site d'abbaye... Tout est bon à prendre et à revendre.

 

Heureusement, les lecteurs semblent se détourner de ces attrape-nigauds. C'est du moins ce que paraît indiquer cet article . Puissent ces soi-disant éditeurs, dont les textes polluent les plates-formes de vente, tomber dans l'oubli et, à défaut d'en être exclus, ne demeurer que comme un témoignage des débuts erratiques et balbutiants de l'édition numérique.

 

contribution de Michel Morin

lecteur/bénévole en colère

 

Le commentaire de la rédaction:

Une étude présentée par Le MOTif en mars 2010 exposait que les oeuvres du domaine public avaient représenté dans l'édition Française papier entre 0,6 % et 0,8 % du chiffre d'affaires global de l'industrie. « Cette valeur concerne les cas où une oeuvre du domaine public représente une part essentielle du livre publié ; sachant que les commentaires critiques [...] sont rémunérés en droit d'auteur et ne sont donc pas dans le domaine public. » Les premiers éditeurs papier de ces oeuvres sont les éditions Gallimard et Livre de Poche.

 

En termes de ventes, il faut également prendre en compte une tendance globale qui tend à la baisse, toutes collections confondues. Si l'on flirtait avec la barre des 3,5 millions de ventes, il est redescendu en 2008 à son niveau de 2006, ou peu s'en faut, autour de 3 millions. Notons également chez Hatier, Nathan et autres ont « un catalogue plus restreint avec des ouvrages à faible prix (souvent moins de 3 €) qui tendent à baisser chez Larousse ».

 

Par ailleurs, le distributeur Immatériel nous indiquait récemment avoir observé qu'en matière de vente, les oeuvres du domaine public prêtaient souvent le flanc à la critique. S'il existe pléthore d'éditions gratuites de ces textes, et l'on a tendance à crier haro sur le baudet, quand un éditeur commercialise en numérique une édition d'oeuvre du domaine public. Cependant, le lecteur ne pense pas simplement en terme d'économie. La valeur ajoutée de l'éditeur, travail sur le texte, qualité du fichier et de la couverture, sont des éléments qui comptent. 

 

« Pour l'anecdote, au moment du lancement de l'iBookstore en France (mai 2010), notre meilleure vente a été pendant très longtemps… Les Fleurs du mal  réédité par Publie.net. Alors que les versions gratuites fleurissaient depuis longtemps sur le web et aussi sur iBooks », explique immatériel.

Pour approfondir

photo La rédaction

   

Toute l'équipe, sur le qui-vive !

 

Mots clés :
domaine public - livres numériques - oeuvres littéraires - catalogue



Réactions

Publié par Un soi-disant éditeur...

 

Le "Pillage du Temple Littéraire"…

Et oui, n'en déplaise à certains, le domaine public appartient au public, c'est à dire à tout le monde, et certainement pas a quelque soi-disant gardien du temple.

Le domaine public est une ressource illimitée de création d'emplois et pas uniquement une chasse gardée pour retraités passionnés ou désoeuvrés ou pour vieille et grosse entreprise d'édition.

Plus les oeuvres du domaine public sont diffusées, mieux c'est; pour la diffusion de la culture et du savoir, et pour l'économie et l'emploi (vous savez pour ceux qui doivent travailler pas que pour le plaisir mais pour aussi manger).

Les bénévoles qui travaillent gratuitement ont bien de la chance de pouvoir tuer leur temps tout en touchant leur retraite tandis que quelques jeunes essayent de tirer quelques revenus en commercialisant des textes classiques.

Juste une anecdote: Amazon perçoit une royalty de 75% pour toutes les oeuvres du domaine public publiées sur sa plateforme… Alors avant de pointer du doigt les "profits faciles" des "petits éditeurs", les soi-disant gardiens du temple devraient se renseigner.

Certaines petites éditions proposent les oeuvres complètes de Platon (dont la qualité est bien supérieure à celle d'un texte brut issu de wikisource ou Gutenberg, qui sans table des matière dynamique, est à peu près inexploitable) à un prix inférieur à 3 euros.

La seule alternative est de les acheter chez Gallimard, qui les propose a 108 EUR en version papier !
Mais Heureusement qu'il existe ces petits éditeurs pour faire ce travail de démocratisation de la culture, alliant qualité correcte et moindre prix !

C'est avec des raisonnement comme celui-là que la culture française disparait, avec pour toile de fond la faillite de Virgin, des petites librairies françaises, et l'effondrement programmé de l'industrie de l'édition française qui n'a pas su passer au numérique.

Il aura fallu attendre Gutenberg (Etats-Unis), Wikisource (Etats-Unis), Google Scan (Etats-Unis) pour déloger des mains avares des soi-disant gardiens du temple tous ces trésors de la littérature française (certains malheureusement sont encore bunkérisés a la BNF).

Et il aura fallu attendre Sony (Japon), Amazon (Etats-Unis), Apple (Etats-Unis), Kobo (Canada) et toute une série de "soi-disant éditeurs", pour que le public (oui, c'est le même mot que dans domaine public) puisse lire confortablement les oeuvres complètes de Platon à moins de 3 euros.

Il était temps.
Il était temps de rendre au public ce qui lui appartient.

Écrit le 16/10/2013 à 00:37

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Publié par Nobody

 

Malheureusement l'argent facile attirera toujours des personnes sans scrupules.

Petite coquille dans le laïus du bien nommé soi-disant éditeur: "Il était temps de Vendre au public ce qui lui appartient."

Écrit le 16/10/2013 à 06:51

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Publié par Nimportequoi

 

Tout le coté maléfique d'internet est ici décrit, l'argent facile pour des aigrefins en recherche d'opportunités de se faire du fric, sur le dos des lecteurs, sans contrôle et sans limites. C'est tout le coté négatif de la liberté sans freins d''internet, si un minimum de lois et de règlements n'y vient pas mettre bon ordre. La liberté, c'est vachement biens! Imaginez un zoo sans clôtures et sans gardiens, c'est ce que devient internet, et si vous n'êtes pas vigilants, vous vous faites berner! Bien sûr je vois d'ici le déferlement d'internautes que ce message va provoquer, il ne faut pas les brider, limiter leur liberté, alors retour vers le zoo, et nous verrons qui serons les loups, les lions et les tigres(de papier-Ah! Ah!)et qui deviendront les proies!

Écrit le 16/10/2013 à 10:08

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Publié par Time Cessé

 

Bonjour,
Je viens de lire votre pamphlet à charge. Je me sens concerné puisque ma maison d'éditions est citée. Je ne comprends pas une telle ire de votre part. Ces textes sont trouvables gratuitement et très facilement puisque tous les libraires numériques les mettent en avant dans leur offre. Si certains veulent bien payer 0,99 cts pour avoir un grand confort de lecture, pour s'assurer que les règles typographiques soient respecté et que les coquilles ne heurtent pas la lecture et détourne la pensée du contenu, pourquoi pas ?
Nous ne pillons rien, mieux, nous permettons à des lecteurs de redécouvrir des textes qui sans l'attrait de la couverture seraient passés inaperçus. Pour ma part, il m'a fallu une semaine de travail pour rendre Les Misérables de Victor Hugo présentable sous un seul volume contre 5 en gratuit. Je préfère mettre 1,99 € dans un livre que je vais lire intégralement que dans un ouvrage qui me tombera vite des bras tellement sa présentation est médiocre.
Je paie un maquettiste et des droits photos pour les couvertures. Cela a un coût. Les ouvrages gratuits n'offrent pas cette qualité. Si la beauté de la couverture ne vous est pas importante, elle peut l'être pour d'autres. C'est leur choix, comme ils peuvent acheter une montre à plusieurs centaines d'euros alors qu'une montre à plusieurs dizaines d'euros rendrait le même service.
Un éditeur qui se contenterait de faire des copier-coller avec une vague couverture faite maison ne pourrait pas faire illusion longtemps.
Si vous pensez que les lecteurs se détournent de ces attrapes-nigauds alors pourquoi une telle colère ?
Vous êtes bénévole. Nulle personne ne vous empêche de publier gratuitement des ouvrages libres de droits. Sans doute êtes-vous retraité et avez-vous du temps libre. Certains essaient juste de gagner honnêtement leur vie en offrant pour peu cher un vrai service.
Le tout gratuit a des limites et quand tout sera gratuit, (en outrant le trait, un peu comme vous) les caisses de l'État seront vides et ne pourront plus régler votre retraite.
Très sincèrement.
Tim Cessé
Culture Commune

PS : comme l'Homme est divers, je me permet de vous donner la teneur d'un mail me félicitant : "Reçu par mail : Après une expérience catastrophique de téléchargement (gratuit) sur gallica… (ici noms d'éditeurs censuré) Le Rouge et le noir : truffé de coquilles dès la page 6/ me voilà réconfortée : enfin une maison d'édition qui me donne envie de lire des ebooks. Je suis lectrice-correctrice de profession et TRES soucieuse du respect des textes. Bref je vais pouvoir commander vos livres qui m'ont l'air top… Bravo ! Je refile le tuyau aux copines… Sophie"

Écrit le 16/10/2013 à 11:36

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Publié par Morin

en réponse à Un soi-disant éditeur...  

Mais de quoi parlez-vous donc ? Vous dites : « Il aura fallu attendre Gutenberg (Etats-Unis), Wikisource (Etats-Unis) ». Et c'est justement tout l'inverse d'eux que vous faites ; vous les pillez.

Arrêtez d'insulter les gens qui travaillent vraiment et qui ne se livrent pas à de telles choses. Allez demander aux bénévoles de Wikisource ou d'ELG (Ebooks Libres et Gratuits) s'il n'y a parmi eux que des retraités tranquilles. On voit à quel point vous mésestimer la passion qui peut animer les contributeurs. Il apparaît clairement que vous n'en êtes pas doté.

Vous êtes le contraire du domaine public : Control-C Control-V sur un texte de Wikisource, ELG ou de la Bibliothèque de Lisieux, ajout d'une table des matières dynamique, et en avant dans l'attente des 0,99 centimes x 1000… Peu glorieux. Travaillez donc à des textes nouveaux. Créez de nouveaux livres, en travaillant sur des OCR et des pages, au lieu de recopier bêtement. Il y a beaucoup à faire.

Écrit le 16/10/2013 à 11:51

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Publié par jel

 

Quand un 'éditeur' fait un réel travail, et une bonne compilation, pourquoi pas !
Et dans ce cas là, on trouve, pour Platon, deux compilations : à 2 et 3€ et on compare, en se posant quelques questions sur qui a précédé l'autre…
Creusons donc un peu.
Quand un des 2 'éditeurs' comme "L.B.D." 'fabrique' 33 livres (du domaine public) en une seule journée (29/08/2013), cela mérite en plus des acclamations. Quand on découvre qu'il a publié 2399 livres, on ne peut être qu'admiratif. [dont 1262 livres en 2 mois ! (juillet-août 2013…)]
Quel stakhanoviste !
Et prétendre «qu'il n'y a pas consacré le temps voulu», prétendre «qu'il s'est contenté de 'ramasser' ce qui existe ailleurs» serait de la méchanceté, du pur blasphème.
(Un site de travail communautaire comme EbooksLibresetgratuits http://www.ebooksgratuits.com : en a produit 2474 en plusieurs années…

Évidemment, 1/4 de 3€, ce n'est pas beaucoup (75cts) ;), mais,… multiplié par le nombre d'achat, multiplié par le nombre de livres, cela amène tout de suite à une réflexion… enrichissante ;)
Je pense que les éditeurs traditionnels devraient tirer des leçons de rentabilité (demi-plaisanterie)

Écrit le 16/10/2013 à 12:11

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Publié par Tlön

 

Quand un filou (qui vend ce qui est gratuit) rencontre un imbécile (qui achète ce qui est gratuit), tant pis pour le second. Il n'a qu'à s'informer !

Écrit le 16/10/2013 à 15:43

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Publié par Evian

en réponse à Tlön  

Qui n'a jamais acheté une bouteille d'Evian une fois dans sa vie ?

Écrit le 16/10/2013 à 16:21

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Publié par jel

en réponse à Tlön  

La vision est un peu simpliste ;) , mais…
- Quand quelqu'un ne fait que reprendre une œuvre du domaine public et la vend cher, c'est… une personne indélicate. Et les lecteurs devraient s'en méfier (cela suppose qu'ils puissent différencier. Les explications de correction/mise en page, adapté spécialement pour, étant… très innovantes)
- Quand quelqu'un fait une compilation, même en ne faisant qu'une reprise des existants sous forme dispersée, il fait un travail de 'regroupement'.
Cela peut mériter salaire, sous réserve que cela soit : modique Et correct.
i.e. : une compilation des œuvres de Platon (gratuites au départ), peut se vendre (très peu cher) sans que cela me choque trop profondément. (Même si chaque œuvre est tirée du travail d'un autre.
Mais pour que cela ai une valeur, cela présuppose un minimum de travail, d'organisation.
(On différencie celui qui propose une 'organisation', à une présentation uniquement par le nom des œuvres. Exemple : celui qui présente une compilation en ordre purement alphabétique des œuvres de Platon, ignore totalement que "Timée" précède "Critias", dans un ensemble 'Atlantide'.

Quand on parle de publication séparée (livre par livre), le constat peut être plus incisif.
Pour ne prendre que l'exemple de "Culture Commune" :
- produire une compilation à coût faible aurait été une opportunité.
- produire une copie/adaptation,… de ce qui existe déjà, sans valeur ajoutée marquante, devient - un peu - abusif.
Si on fait la somme des 26 'livres' proposés, (ils existent tous, gratuitement, avec une qualité égale à celle 'nouvellement' proposée.) :
petit détail : ils coûtent au total (si on fait la somme) plus de 35€, ce à partir de textes gratuits… ce qui relativise la bonté humaine, ou fait croire que personne ne va calculer ?

J'oubliais : il faut payer le graphiste…
Comparez les 26 jaquettes de "l'éditeur" - sur les 'Platon' - et vous comprendrez que le travail de changer la couleur de fond est un travail…incommensurable ;)
Heureusement, Platon s'étant limité dans le nombre de ses textes, nous avons évité l'ultra-violet, en déclinaison de couleur.

Écrit le 16/10/2013 à 16:53

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Publié par M

en réponse à Time Cessé  

Monsieur Cessé,

J'espère que, pour la réconforter de ses malheurs, vous avez conseillé à cette Sophie de se tourner vers Ebooks Libres et Gratuits ( http://www.ebooksgratuits.com ), où elle pourra trouver des livres irréprochables, relus par deux fois, en multiples formats. C'est un site que vous connaissez très bien et auquel l'honneur vous demanderait de rendre justice. J'espère également que vous leur avez fait un don, pour qu'ils puissent poursuivre leur travail dont vous bénéficiez largement.

Soyez honnête : avez-vous trouvé des coquilles dans tous ces textes que vous avez recopié, Gatsby, l'Idiot, Chvéïk, le Procès, les Stefan Zweig que vous venez tout juste de sortir alors que comme par hasard ils sont parus depuis peu sur ELG ; la Jeunesse de Mazarin que vous venez de recopier de Wikisource ( http://fr.wikisource.org/wiki/La_Jeunesse_de_Mazarin/01 ), sans scrupules aucun ? A 1,99 € maintenant, eh bien... Pour le travail que cela vous a demandé.

Faites tout de même très attention au droit d'auteur, des traducteurs notamment, car ELG basé au Québec applique le droit canadien. Nul ici n'a envie de voir votre précieuse maison d'édition tomber pour des histoires de droit.

Franchement, avez-vous dans tout ça créé un seul livre, qui ne soit pas trouvable ailleurs (et je ne parle pas d'un auteur récent) ? Le problème est que vous ne faites QUE cela. Travaillez un peu par vous-même, c'est cela le rôle d'un éditeur. Sans cela vous n'êtes qu'une machine sans âme.

Écrit le 16/10/2013 à 22:04

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Publié par un inconnu

 

Monsieur M, vous semblez découvrir l'eau chaude. Et oui, les éditeurs, les vrais comme les faux, sont aussi des commerçants. Et que pensez-vous de ces associations qui, sous prétexte de diffuser la culture gratuitement, bénéficient de subventions publiques ? Et que dire également des services de l'Etat qui vont bientôt mettre dans le domaine public des auteurs bien vivants afin de vendre leurs oeuvres indisponibles ?

Écrit le 16/10/2013 à 22:31

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Publié par M

en réponse à un inconnu  

Par pitié, ne mélangez pas les sujets pour noyer le poisson.

Il se trouve que, dans mon imaginaire, un éditeur ne fait pas de copier/coller de 500 textes, en leur adjoignant sympathiquement une couverture. Je n'imagine pas un éditeur en train d'observer patiemment les sites gratuits, en pensant : « Que vais-je pouvoir recopier aujourd'hui, quelles sont les nouveautés ? Ah, un article qui s'appelle "La Jeunesse de Mazarin" sur Wikisource ; un nouveau Gustave Le Rouge et un nouveau Wells (car vous allez bientôt les reprendre, n'est-ce pas ? Je suis curieux de voir les belles couvertures que vous allez leur donner), sur ELG ; voilà qui a l'air pas mal, allons-y. »

Mais sans doute suis-je très naïf et est-ce bien cela le métier d'éditeur...

Écrit le 17/10/2013 à 09:46

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Publié par Tim Cessé

en réponse à jel  

En réponse à Jel.
Vous vous ne vous référez qu'à Platon sur l'ensemble de mes ouvrages. Effectivement il y a une déclinaison de couleurs sur cette collection, mais je paie mon maquettiste au titre. Et croyez-moi, il me faut vendre pas mal d'exemplaires pour rentabiliser ces dernières.
Nul n'oblige à acheter ces ouvrages et chacun sait qu'il existe des versions (parfois bonnes, parfois exécrables) gratuites ailleurs. Bien souvent, on peut télécharger un large extrait gratuitement pour se faire une idée.
Je ne veux voler personne. Je ne pratique pas de prix honteux. Si ma collection marche, tant mieux pour moi, si elle ne marche pas, tant pis pour moi.
Je diversifie l'offre et c'est le livre qui est gagnant !

Écrit le 25/10/2013 à 22:02

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Publié par Time Cessé

en réponse à M  

En réponse à M.
Je connais très bien ce site qui est excellent.

L'écrasante majorité des titres ne posent aucun problème, il y a ici et là quelques règles typographiques qui ne sont pas les miennes.

Pour répondre à vos questions :
- Oui, j'ai créé des livres qui ne sont pas trouvables ailleurs. Il y en a trois chez Culture Commune dont la vocation comme son nom l'indique est de publier des ouvrages de notre commune culture. Certes, c'est peu, mais je ne travaille actuellement que sur des ouvrages non trouvables ailleurs, j'achète des ouvrages anciens, je les scanne, je les corrige et je les vendrais.
Par ailleurs, sachez que Culture Commune n'est pas ma seule maison d'éditions et je publie de nombreux ouvrages d'auteurs récents qui reçoivent des droits d'auteurs.
Maintenant, pourriez-vous répondre à une question ?
Si je conçois que ce soit énervant que certains s'adossent au travail d'autres pour générer de l'argent (ce qui s'appelle le capitalisme, Hachette qui m'a fait vivre quelques années sait très bien le faire et à une échelle stratosphérique), ne pensez-vous pas que diversifier l'offre d'un même titre peut aider à mieux le faire connaître ? Le véritable travail de ebooksgratuits.com est -il de faire connaître ces ouvrages ou ne les faire connaître qu'à travers leurs éditions, excluant par là-même toutes les autres ?

Wikipédia autorise la libre utilisation de ces infos même à titre onéreux. Et pour ma part, concernant le gratuit l'enfer est pavé de bonnes intentions. Laissons le payant au côté du gratuit et comptons sur l'intelligence des francophones pour savoir s'il faut mettre 1,99 € dans un livre qui leur conviendrait plus qu'un livre gratuit.

Écrit le 25/10/2013 à 22:24

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Publié par jel

 

"comptons sur l'intelligence des francophones pour savoir s'il faut mettre 1,99 € dans un livre qui leur conviendrait plus qu'un livre gratuit."

C'est sûr ;)
comptons sur l'intelligence des lecteurs pour différencier (cela pourrait même être vrai… ;) :
- le texte ? (n'oublions pas, il y a Platon… et Platon ;) , il pourrait y avoir une différence, une nouveauté !
- ceux apportant un plus, plutôt que (presque) une simple copie (avec toutefois l'ajout d'une pseudo-couverture)
- faisant payer 35€ (au total) ce qui peut-être payé 2-3€ (compilation payante), ou rien (0 € en livres séparés…)
- faire payer quelque chose qui conviendrait (sic), plutôt que d'obtenir quelque chose de gratuit (beurk !) convenant tout autant… (impossible !)

Il est vrai que le gratuit a une tare. On dit souvent : "ce qui est gratuit ne vaut rien". Ce qui est vrai parfois, et faux souvent, mais inhérent à la (mauvaise) compréhension : " si ce n'est pas vendu, c'est que cela ne vaut rien ?" Il est vrai qu'il est difficile de 'vendre', 'valoriser', le travail de bénévoles.

Chose qui - bizarrement - n'est pas le cas dès lors que n'importe qui récupère le travail (j'ai adoré "adossent", c'est tellement plus 'soft' que de dire 'copier').
On vous le dit, "c'est sérieux, puisque vous payez…".
Inversement : "vous payez, donc c'est pro."

Maintenant, quand un 'intermédiaire' produit une compilation à bas coût (à partir de textes gratuits), le 'compilateur' peut (à mes yeux) demander une rémunération (faible) sur le travail (faible) effectué.

Et si, cet éditeur a réussi à produire 3 textes originaux au total (et les autres, …?), cela reste intéressant, pour un début (à l'exclusion - notable - de ce que l'on peut trouver ailleurs de manière raisonnable.)

Écrit le 29/10/2013 à 17:09

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Publié par M

 

Monsieur Cessé,

Malgré toute la bonne volonté que vous voulez faire apparaître, il y a dans votre entreprise un aspect de copie systématique et aveugle qui fait qu'on ne voit en aucune manière cette volonté de "faire connaître des textes qui seraient sans cela restés dans l'oubli". On ne voit aucune passion, aucune âme, aucun choix, rien de tout ce qui fait le métier d'éditeur, sinon il n'y aurait pas des centaines de textes repris d'ailleurs, mais seulement quelques-uns, et tout cela ne ressemblerait pas au rouleau-compresseur d'un robot-copieur au service de l'argent. Avez-vous au moins écrit la provenance des textes ? remercié les bénévoles de leur immense travail ? Si vous avez fait des ouvrages vous-même, ne serait-ce que trois, vous devez savoir à quel point cela représente un travail immense pour obtenir un texte propre.

Je vous invite à développer VOS livres et à devenir un éditeur à part entière.

Écrit le 05/11/2013 à 12:49

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Publié par Wiki

 

ELG ou les Classiques des Sciences Sociales se sont dotés de pseudo-licences abusives en n'autorisant pas l'exploitation des textes du domaines publique qu'il publient sur internet.

Les textes du domaine publique sont des textes sous licence libre, librement exploitables, commercialement ou non. Le travail de correction, même si il est laborieux, n'ouvre aucun droit. Si il ouvrait des droits, nous serions en plein cas de Copy Fraud.

Les américains ont bien compris le potentiel du domaine publique, comme en témoignent les sites Wikisource et Project Gutenberg, qui eux possèdent tout deux une licence libre permettant une exploitation gratuite ou commerciale des textes qui sont libres de droits.

Les bénévoles qui travaillent sur ces deux sites sont de véritables bénévoles dont le seul objectif soit que leur travail soit diffusé au plus grand nombre. Ils ne se préoccupent pas que leur travail soit diffusé gratuitement ou à titre payant. Même si quelques textes sont copiés-collés d'autres sites la majorité des textes de Wikisource sont issu du labeur de centaines de bénévoles travaillant sur .djvu.

Wikisource reste à ce jour la référence des textes du domaine publique en langue française et permet une véritable diffusion du savoir.

Les “bénévoles” des sites comme ELG ou les Classiques de Sciences Sociales, au lieu de s'acharner sur les "wiki-prédateurs", devraient rejoindre la grande entreprise de Wikisource si leur véritable objectif est de diffuser la connaissance à tous. A moins que ce ne soit pour conserver le prestige d'un site web ? Toucher des subventions d'association ? Ou alors, quelles sont leurs véritables motivations ?

Écrit le 03/01/2014 à 07:12

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Publié par Nawak

 

Dans le domaine du prix des livres numériques, ce type d'étude ne démontre ... rien ...
Il faut être conscient qu'il s'agit d'un marché captif non concurrentiel. Dès lors le pragmatisme demeure la règle. La politique de nombreux éditeurs est calquée sur le modèle papier. Le prix numérique suit la version papier la moins chère. Dans ce contexte celui qui est passionné par un auteur et préfère le numérique l'achètera donc. Les pragmatiques feront comme avec le pôches, ils attendrons un prix décent. Le monde de l'édition commet la mème erreur que les autres secteurs confrontés au numérique. Ils sont incapables de changer de modèle économique. Les conséquences naturelles sont le piratage/partage, l'affaiblissement de la demande... Les lecteurs ne peuvent pas comprendre l'achat à prix identique lorsque l'éditeur economise le coût du support. Surtout lorsqu'on lui dit que la revente d'occasion est illégales. Un satisfecit toutefois à Bragelonne/Mylady dont le dynamisme des offres est encourageant. Les offres promo permettent de découvrir des auteurs que l'on peut continuer à suivre avec une offre à prix raisonnable.

Écrit le 19/01/2014 à 10:15

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Publié par M

en réponse à Wiki  

Vous dites un peu n'importe quoi, cher "Wiki". ELG n'a jamais posé de conditions à la réutilisations de ses livres, seuls les Cl des Sciences Sociales le font. ELG déplore seulement que ses livres soient copiés par centaines pour être vendus. Rançon de la gloire, évidemment.

Écrit le 29/01/2014 à 23:01

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