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Des chiffres et des lettres : gérer le budget et le travail éditorial d'un livre

Le mardi 11 février 2014 à 07:49:03 - 0 commentaire

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Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l'association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du Master Édition et Audiovisuel de Paris IV-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l'association.

 

Cette semaine, nous nous intéressons à l'organisation mise en place cette année par la promotion Édition et, plus particulièrement, au rôle joué par le pôle édito/gestion. 

 

Créer de toutes pièces un ouvrage… à quinze éditeurs. Mission impossible ? Pas si l'organisation mise en place est bien structurée. C'est pourquoi la promotion Édition a décidé de se répartir les tâches en différents pôles de deux à quatre personnes : promotion, commercialisation, direction artistique/fabrication, numérique, gestion, éditoriale. Ces deux derniers pôles ont finalement été regroupés en un seul : le travail éditorial, très intéressant, était la moindre des compensations pour les personnes en charge du budget, une tâche pas toujours aisée à mener à bien !

Nous vous invitons donc à entrer dans les coulisses de la gestion financière et éditoriale d'une petite structure d'édition.

 

En quoi consiste le travail du pôle édito/gestion ?

 

Du pôle éditorial, ce qui ressort surtout est la nécessité qui nous incombe de créer une cohérence éditoriale au sein de l'ouvrage, tant dans le fond que dans la forme. En effet, nous devons non seulement corriger et relire les textes dans une perspective « grammaticale », mais également dans une perspective d'harmonisation. Il s'agit donc d'avoir une vue d'ensemble de l'œuvre. Par ailleurs, nous sommes chargées de contacter les contributeurs et notamment de leur envoyer le contrat d'auteur ainsi que l'exemplaire du recueil qui leur est offert.

 

 

weekend book binding

nate steiner, CC BY 2.0

 

 

Pour ce qui est de la gestion, nous devons mettre en place un rétro-planning, qu'il s'agit ensuite de faire respecter afin de toujours être dans les délais impartis. Nous devons également gérer l'aspect financier du livre : trouver des mécènes et des partenaires, monter des dossiers d'aide financière, présenter notre projet à toutes les personnes qui pourraient être intéressées, etc.

 

Pourquoi endosser cette fonction à double casquette ?

 

On peut le dire : parce que personne ne voulait s'occuper de la gestion ! Tenir un budget ? Établir un rétro-planning ? Numéroter et classer les contributions ? Remplir des tâches administratives d'un bout à l'autre de l'année n'avait rien d'attrayant. Il fallait pourtant bien que quelqu'un se charge de la logistique. La partie éditoriale du travail a donc été la « carotte » qui nous a fait accepter cette fonction.

 

Plus sérieusement, on peut dire qu'un bon éditeur de nos jours est avant tout un bon gestionnaire. Il doit avoir une vue d'ensemble et être au fait du budget, des délais, des retards, etc. Cela ne sert à rien de mettre en route des projets faramineux si c'est pour que les moyens matériels et financiers paralysent la machine en cours de route. Le couplage de ces deux rôles faisait donc sens. C'était aussi un défi à relever.

 

Comment s'est déroulé le travail ? A-t-il été rythmé par les différentes étapes de la réalisation de l'ouvrage ?

 

Oui, c'est indéniable : un éditeur doit s'adapter au rythme de l'ouvrage, aux imprévus, aux retardataires. C'est un travail de longue haleine qui demande du temps, de l'investissement et beaucoup de patience.

 

Après le comité de lecture, le pôle a eu la charge de rédiger un mail type d'acceptation de la contribution afin que nos camarades puissent l'envoyer à leurs auteurs respectifs. Bien sûr, nous ne faisions que leur donner le ton principal : chaque éditeur personnalisait ensuite son courriel en fonction des contributions reçues. Nous tenions à cette démarche, par respect pour l'originalité et la spécificité des textes et images reçus. Nous avons aussi rédigé les mails de refus, tâche complexe sachant que c'était la première fois pour nous. Il fallait rester ferme tout en étant compréhensif, en particulier avec de jeunes auteurs qui ont soumis leur texte à des éditeurs encore débutants. Venait ensuite le temps d'enregistrer leurs textes sous un numéro et de les classer dans un dossier pour que toute la promotion y ait accès. Attention aux erreurs qui pouvaient être graves ! Il fallait donc être concentré et précis.

 

Le livre étant encore en projet, le travail éditorial s'est borné à préparer en amont les éléments structurants de l'ouvrage. Ainsi, nous avons élaboré une charte typographique, créé des tableaux Excel compilant les informations de chaque contribution (par exemple, la date et la localisation, demandées dans notre appel à contributions) et supervisé la constitution du chemin de fer avec le pôle fabrication.

 

D'une façon générale, notre rôle principal a été d'encadrer l'avancement de chaque groupe. Nous fixions les réunions générales, rappelions les dates butoirs en prenant en compte toutes les étapes et les rendez-vous avec les professeurs.

 

Comment s'est constitué le budget de cette année ?

 

Les subventions et aides sont multiples mais soumises à de nombreuses conditions. Chaque source financière décide de ce à quoi serviront ses dons. Ainsi, l'UFR de littérature nous fournit des sommes réservées au salon du Livre et à la fabrication de l'ouvrage. Nous déposons un dossier auprès du FSDIE pour nous aider à financer les événements promouvant l'ouvrage et, plus largement, notre master. D'autre part, l'association Effervescence est très active et engrange chaque année des fonds grâce à divers événements ainsi qu'à la vente du livre de la promotion. Elle nous apporte son soutien en nous avançant une partie des frais, que nous lui rembourserons grâce aux recettes des ventes.

 

 

Books or just art?

Alexandre Dulaunoy, CC BY SA 2.0

 

 

Nous savions dès le départ que nous voulions faire un beau livre et que la fabrication de ce type d'ouvrage coûte cher. Il était évident qu'une grande partie de notre budget irait à l'impression. Dans la même idée, nous souhaitions mettre en avant les quelques reliures conçues spécialement pour un petit nombre d'exemplaires. Le Salon du Livre allait aussi devoir être pris en charge. Alors, nous avons pris les devants dès le mois d'octobre. En utilisant le système de crowdfunding proposé par le site Leetchi, nous avons récolté près de 2 000 € supplémentaires !

 

Quelles sont vos fonctions à l'heure actuelle ?

 

En ce moment, nous devons impérativement boucler le budget. Plus d'écart possible, car il y a beaucoup d'argent en jeu et seulement quelques semaines avant le Salon du Livre. Nous nous efforçons également de suivre le fonctionnement des promotions précédentes. L'idée est de dégager des bénéfices des recettes que nous réaliserons grâce aux ventes de l'ouvrage, afin que les promotions suivantes puissent continuer à s'autofinancer (ou presque).

 

C'est aussi maintenant que la véritable fonction éditoriale de notre pôle va pouvoir être mise en œuvre. Les textes venant d'être insérés dans la maquette, nous allons devoir relire l'intégralité de l'ouvrage. Les premières épreuves ont été remises lundi aux chargées de fabrication, qui commenceront à intégrer les corrections.

 

Nous allons également devoir rédiger la quatrième de couverture et relire avec une grande attention les pages liminaires (remerciements, avant-propos, etc.). Par ailleurs, nous sommes en train de préparer les contrats à envoyer à nos auteurs et essayons d'organiser en partie la soirée d'inauguration, en recensant les auteurs et illustrateurs qui seront présents.

 

 

 

Merci au pôle édito/gestion d'avoir pris le temps de répondre à nos questions. Désormais, la gestion d'une structure éditoriale et du financement d'un ouvrage n'ont plus de secret pour nos lecteurs !

 

À vos agendas ! N'oubliez pas que, ce soir, une rencontre exceptionnelle avec Paul Otchakovsky-Laurens (fondateur des éditions P.O.L.) est organisée ! Rendez-vous à 19 heures, en amphi Guizot à la Sorbonne !

 

Si vous voulez (re)lire nos chroniques déjà publiées sur ActuaLitté, c'est ici ! Si vous voulez être informés chaque semaine de la parution de notre nouvelle chronique, c'est ici ! En attendant, vous pouvez nous suivre sur nos pages Facebook et Twitter.
À mardi prochain !

photo Association Effervescence

   

Effervescence est l'association des élèves et anciens élèves du Master Édition-Audiovisuel de l'université Paris-Sorbonne.

 

Mots clés :
fabrication d'un liv - coûts de production - financement - promotion d'un ouvra



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