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Des expressions, « j'en passe et des meilleures »

Et je ne suis pas le seul, il parait que Victor Hugo lui-même, en pleine bataille d'Hernani, l'aurait fait.

Par Mario,Le jeudi 13 mars 2008 à 15:00:00 - 1 commentaire

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L'expression que je vais vous expliquer cette semaine n'a pas eu une vie trépidante. Elle ne s'est pas transformée au fil des siècles, et son origine de remonte pas non plus à la nuit des temps. Alors que peut avoir d'exceptionnel l'expression « j'en passe et des meilleurs » me demanderez-vous. Sa naissance et le joli tour qu'elle permit à Victor Hugo de faire à ses détracteurs.

Il est probable que Victor Hugo ait récupéré une expression assez semblable dans le langage populaire, on en trouve même trace, au sens figuré, en 1585-1586 dans le journal d'Arnold Van Buchel, un citoyen d'Utrecht.

Nous sommes en pleine bataille d'Hernani. Celle-ci a été déclenchée le 25 février 1830 lorsque Victor Hugo fit jouer sa pièce « Hernani » dans un théâtre bien connu pour ne pas apprécier le Romantisme que l'auteur représente. Se préparant à se faire huer et siffler l'auteur organise une contre attaque, disséminant des hommes à lui, tels que Théophile Gautier, pour le soutenir. Bien sûr il ne fut pas déçu. Ses adversaires à l'affût ne se privèrent pas de le siffler au moindre prétexte. Quant à ses partisans, ils ne ratèrent pas non plus une occasion d'applaudir ou de s'extasier.

  L'acte trois s'ouvre, les esprits sont échauffés, on est toujours prêt à en découdre. Sur scène, le vieux Ruiz Gomez est sommé de livrer Hernani au roi d'Espagne Charles Quint. Mais Dom Ruiz ne semble pas pressé d'obtempérer, et commence à faire un portrait de chacun des personnages représentés sur les nombreux tableaux qui habillent la scène. Un, deux, trois, quatre, cinq, six tableaux défilent sans que le public ne réagisse.

Au septième tableau, on commence à s'impatienter, à l'image du roi de la pièce, et un murmure sourd s'élève, et va grandissant, s'accompagnant de sifflets. On s'attend à passer tous les tableaux en revue, et on se prépare à un tollé vengeur. Et là, au neuvième portrait, L'auteur surprend tout le monde avec une superbe pirouette. Dom Ruiz annonce « J'en passe et des meilleurs » et saute aux trois derniers tableaux, calmant d'un coup le personnage du roi et les spectateurs.

Quelle belle anticipation et quelle puissance d'écriture. Victor Hugo a réussi à mettre les spectateurs dans la même impatience que le roi sur scène, de manière à pouvoir les mener en bateau, et les surprendre complètement avec la chute que constituera la révélation du dernier tableau. On raconte même que Victor Hugo aurait gagné la bataille d'Hernani grâce à ce vers. L'expression est vite passée dans le langage courant, si bien qu'à l'heure actuelle, on est étonné d'apprendre qu'elle n'est pas si banale.

Source : Qu'importe le flacon... (dictionnaire commenté des expressions d'origine littéraire) de Jean-Claude Bologne (édité chez Larousse).

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Mots clés :
passe - meilleurs - expression - Hernani



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Publié par vincent

 

nv

Écrit le 01/01/2009 à 00:07

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