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La version numérique offerte pour le livre papier acheté ? Non...

Aucun intérêt pour Amazon : y'a pas de concurrents sur le secteur

Le vendredi 11 janvier 2013 à 12:05:57 - 11 commentaires

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La présentation du service AutoRip d'Amazon a hier fait grand bruit : un principe de bon sens, une utilisation simple... de quoi conquérir le public. Pour tout CD acheté depuis 1998, date à laquelle Amazon a commercialisé de la musique, l'utilisateur peut désormais retrouver une version numérique, gratuitement. De quoi faire monter la mayonnaise dans la lutte contre Apple et Google sur la musique dématérialisée, évidemment.

 

 

 

 

En offrant un accès au Cloud Reader, sur lequel est stocké l'ensemble des disques au format MP3, Amazon ne fait ni plus ni moins que procurer des copies numériques à ses clients. Des artistes aussi prestigieux que Pink Floyd, et leurs majors, ont signé des accords pour ce faire. Mouvement intelligent de la part de la firme, qui se rapproche des habitudes de consommation des utilisateurs, bien entendu.

 

Évidemment, la suite des événements passerait facilement par la numérisation des livres papier, offerts par la suite en version numérique, pour alimenter encore plus les lecteurs et utilisateurs de Kindle. Une idée qui est rapidement venue à tout un chacun, surtout qu'Amazon finirait d'asseoir sa domination dans le secteur.

 

Or, tout le monde n'est pas nécessairement d'accord avec l'idée, lui reprochant de n'avoir pas... d'avenir. L'AutoRip du livre n'existerait donc pas ? 

 

L'idée de proposer des versions numériques gratuitement pour les CD est complexe : d'abord parce qu'Amazon a ouvert ses portes en tant que librairie, en 1995. Et que dans les premiers temps, Amazon n'était autre qu'une librairie en ligne, se contentant du strict commerce de livre sur la toile. À ce titre, des millions - des milliards ? - de livres ont été vendus, et Mashable estime que ce sont beaucoup trop de livres vendus, pour qu'un service numérique soit offert.

 

Personne sur le secteur

 

Interrogeant une analyste de chez Forrester Research, Sarah Rotman Epps, le magazine souligne qu'il ne serait pas possible de générer les montants nécessaires à ce service pour les ouvrages déjà vendus. En outre, « les éditeurs ont appris des erreurs des maisons de disques et ne livrent pas leurs sources de revenus si facilement », assure-t-elle. Si Amazon avait un quelconque projet de ce type, les éditeurs feraient payer au prix fort le coût des licences. Le livre a, et reste un marché qui est premier pour Amazon, loin devant les CD ou les DVD. 

 

Sur ce point, difficile de ne pas discuter : il serait possible qu'Amazon réduise la durée, et décide que les livres numériques seront offerts depuis le lancement du Kindle, en 2007, ou fasse intervenir des contraintes X et Y. L'idée qu'Amazon se retrouve face à une douloureuse démente, pour disposer d'un tel accord, a du sens. Un peu. Certaines sociétés aux États-Unis proposent de numériser, contre monnaie, un livre papier : qu'est-ce qui empêcherait alors Amazon d'adjoindre un tel service ? Les fichiers numériques n'ont pas nécessairement à être envoyés par les maisons d'édition...

 

L'autre point, c'est que le marché de la musique est très concurrentiel, avec un acteur de premier ordre, Apple, et qu'AutoRip est vraiment la réponse d'Amazon à la firme de Cupertino. Pour attirer les clients sur son site, et les détourner de l'écosystème iTunes, Amazon semble prêt à tout... Or, sur le marché du livre numérique, la société est tellement loin devant tout le monde, qu'il semble inutile d'innover trop vite. Inutile, mais pas stupide, toutefois. 

 

Suivre le modèle français, pour les éditeurs ?

 

En France, l'idée avait germé, chez plusieurs éditeurs, de proposer la version numérique gratuite, en version PDF dans les premiers temps, pour l'achat du papier. Puis, les éditions Dialogues structurèrent une offre plus complète, en proposant un code-barre sur les livres papier, à scanner, pour récupérer sur son smartphone, à l'époque, un fichier EPUB du livre. Avec le risque minimum, quoique réel, de piratage. 

 

« Vous savez, les petits margoulins qui s'amuseront à ça sont tout simplement des malhonnêtes. Mais ce n'est pas propre au numérique : dans les libraires, on a toujours connu des vols, généralement entre 1,5 et 2 %. Alors, évidemment, ça m'ennuie, mais c'est ainsi. Et il faut se dire que ce sont eux qui créeront de nouveaux gendarmes et des policiers supplémentaires, en agissant de la sorte », expliquait Charles Kermarec, le patron de la maison, à ActuaLitté, en mars 2010. 

 

Depuis, Publie.net s'est lancé dans l'arène papier, avec des ouvrages en impression à la demande, pour lesquels le numérique est offert. Ce principe semble, étrangement, encore assez éloigné des préoccupations américaines, alors qu'il est apparu assez naturellement sous nos latitudes : un flashcode, et hop, c'est dans la boîte. 

 

Cependant, dans le cas d'Amazon, on est encore loin de penser à cela, estime l'analyste de Forrester : « Offrir des produits aux consommateurs est un jeu dangereux, parce qu'il n'y a pas d'avenir sur ce terrain, tant les marges sont déjà si compressées. Les actionnaires ont été étonnamment tolérants sur les marges fines d'Amazon et ils ne cautionneraient pas une telle opération. » 

 

Pour approfondir

photo Gary Nicolas

   

Directeur de la publication de ActuaLitté. Homme de la situation.

 

Mots clés :
offrir la version numérique - liver papier - Amazon AutoRip -



Réactions

Publié par AxSNatsume

 

Un autoRip pour le livre a beaucoup moins de sens que pour le CD : l'usage n'est pas le même.

Un CD, c'est une dizaine de chansons que quelques minutes.
Or si on veut mélanger plusieurs titres de plusieurs CDs, il faut changer de CD toutes les 3 minutes...
Alors qu'avec les versions numériques, on peut écouter sa musique pendant des heures sans avoir à changer de galette en plastique.

Et c'est un besoin très courant de nos jours.


Le livre, c'est l'inverse : on le finit rarement en 3 minutes. Ca se compte plutôt en heures/jours
=> aucun besoin de "mélanger" plusieurs livres dans un même lecteur électronique. On peut encore se contenter d'un livre papier à la fois.


Donc autant fournir gratuitement la version numérique d'un CD est une excellente idée qui aurait déjà du être faite depuis 10 ans au moins, autant le faire pour le livre ne me parait pas si utile.

Écrit le 11/01/2013 à 13:15

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Publié par Sébastien

 

Une version numérique fournie avec la version papier : pourquoi pas. On pourrait lire chez soit tranquillement la version papier et poursuivre la lecture en déplacement sur liseuse/tablette/smartphone.
Ce serait un plus indéniable.

Écrit le 11/01/2013 à 13:25

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Publié par Rabi

 

Euuhh aucun concurrent? Zineway le fait depuis bien longtemps deja.. donc bon renseignez vous avant d informer les gens. merci!

Écrit le 11/01/2013 à 13:25

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Publié par Joe

en réponse à AxSNatsume  

Moi j'en vois une GRANDE utilité.

j'achète un livre car j'aime avoir celui-ci dans ma bibliothèque. Mais quand celui-ci fait 700 pages, et que je veux savoir la suite je les dévores rapidement.

Hors en voyage me trimbaler 2 kilos de livres ça commence à me gonfler surtout qu'une liseuse peut contenir la suite de tous mes livres préférés....

En revanche comme je collectionne, je veux pas de trous dans ma bibliothèque donc ...

Même 5 euros en plus à l'achat je les paye sans hésitation pour avoir une version numérique à l'achat de mes livres.

Écrit le 11/01/2013 à 13:37

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Publié par •••

 

Le gros hic à mon avis, c'est que la numérisation de musique est très simplement automatisée, avec de simples logiciels qui convertissent en quelques secondes des CDs complets. Pour le livre, même si les éditeurs envoient le texte brut (ce qui serait déjà étonnant), il reste un lourd travail de pagination et d'adaptation aux supports numérique (à peu près une version par liseuse). Ce travail ne peut être automatisé et il me parait fort douteux que qui que ce soit le fasse gratuitrement pour une société comme Amazon

Écrit le 11/01/2013 à 13:48

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Publié par Sébastien

en réponse à •••  

"si les éditeurs envoient le texte brut (ce qui serait déjà étonnant), il reste un lourd travail de pagination et d'adaptation aux supports numérique (à peu près une version par liseuse)."

Non non, pas du tout, ça c'est ce que veulent nous faire croire les éditeurs pour justifier les prix abusifs pratiqués sur les ebooks.

Allons un peu dans la technique. Les liseuses utilisent le format ePub (ou dérivé proche), du HTML et quelques méta-fichiers packagés dans un ZIP. Un livre ne se compose que de titres, sous-titres, paragraphes et notes, le HTML à produire est donc très simple. La conversion d'une source numérique en HTML peut se faire automatiquement. La pagination : rien à faire ou presque, c'est la liseuse qui gère automatiquement selon les préférences de l'utilisateur.

À partir d'une source propre un développeur peut facilement produire plusieurs ebooks par jour, et quand les éditeurs auront revu leur chaîne de production ils pourront nous proposer des ebooks sans le moindre surcoût.

Écrit le 11/01/2013 à 16:14

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Publié par Moggio

en réponse à Joe  

@Joe : +1.

Écrit le 11/01/2013 à 20:48

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Publié par Moggio

en réponse à Sébastien  

@Sébastien : Merci pour l'info.

Écrit le 11/01/2013 à 20:51

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Publié par yen

 

@Sebastien :
oui et non...
Oui il est possible très simplement de convertir un fichier (ID, Qxp, PDF...) en epub...
et non un développeur ne produit pas un ebook : il produit une matière structurée qu'un typographe, graphiste, éditeur, etc. va devoir retravailler pour réaliser un ebook digne de ce nom, c-à-d un livre agréable et facile à lire. Les renvois, notes, images, niveaux de lecture, polices de titrage, etc. demandent un travail pas si automatique que cela.
Il y a autant de différence entre un ebook "automatique" et un ebook "retravaillé" qu'entre un sortie Word et un livre papier...
Regardez la qualité de certains livres produit par Publie.net, par exemple, vous comprendrez la différence. C'est d'ailleurs ce que bon nombre d'éditeurs n'avaient pas compris au début en mettant en ligne des bouillies de texte illisibles : un ebook n'est pas qu'un fichier converti automatiquement.

Écrit le 12/01/2013 à 09:28

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Publié par Moggio

en réponse à yen  

@yen : Merci pour l'info.

Écrit le 12/01/2013 à 09:57

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