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À la défense des migrants, Superman contre les suprémacistes américains

Nicolas Gary - 14.09.2017

Manga/BD/comics - Comics - migrants suprémacistes Amérique - Superman migrants défense - tolérance Superman valeurs


Le grand retour de l’Homme de fer se déroulera sur fond de lutte pour l’égalité, une fois n’est pas coutume. Le prochain numéro d'Action Comics met Superman face à une nouvelle menace : les suprémacistes blancs américains. Pas tout à fait banal. Mais surtout, voilà qui résonne étrangement, d'une part dans l'Amérique de Trump, et d'autre part, avec l'histoire même de Superman...

 

 

 

Il suffit d’une recrudescence de pauvreté, d’une situation sociale qui dégénère et voilà soudainement que l’on s’en prend à n’importe qui susceptible de devenir un bouc émissaire. Le numéro 987 d'Action Comics met ainsi en scène un pauvre type – le prototype même du Redneck – qui ouvre le feu sur des migrants. Heureusement, Superman s’interpose et fait ricocher les balles sur son torse musclé.

 

Sans se poser la question de savoir quels seront les dommages collatéraux, mais Superman n’en a cure : il est trop super, de toute manière.

 

Donc cet Américain, classe moyenne, sans emploi, incarnant la mesquinerie et l’électeur de Donald Trump par essence, transforme le discours du comics en prise de position politique. Pas vraiment une première dans ces univers graphiques : Superman a de multiples fois défendu la veuve et l’orphelin. Et à Métropolis, il s’en était d’ailleurs pris aux forces de police qui se montraient particulièrement brutales.



« - Pourquoi ?!
- Ils m'ont volé, dépouillé !
- La seule personne responsable de la noirceur qui étouffe votre âme... c'est vous. »
 

Mais la question de l’immigration reste toujours rare, et c’est une grande première dans le monde de Superman que de permettre d’offrir ainsi une tribune de tolérance.

 

Évidemment, les cocréateurs de Superman, Joe Shuster et Jerry Siegel, étaient eux-mêmes des migrants : en 1938, leur personnage n’incarnait pas simplement un rêve de super pouvoirs, mais également un désir d’intégration. Après tout, Superman est un extraterrestre, le modèle par excellence de migrant, non ?

 

Et si, depuis, le personnage est devenu un symbole de l’Amérique, c’est avant tout parce que l’on a mis de côté cette dimension kryptonienne – d’ailleurs, et en passant vite fait, sa planète a été entièrement détruite, ce qui l’a contraint à fuir quand il était bébé... Cette origine avait même été gommée dans les années 80, où l’on tentait de réécrire l’histoire et de faire en sorte que Superman soit né sur le sol américain, accouché durant le trajet en vaisseau spatial depuis Krypton. 

 

Eh oui : Superman, symbole optimiste de l’intégration réussie et de l’acceptation migratoire... tout cela reste plus facile quand on est l’Homme de Fer et qu’on résiste aux balles.  

 

500 couvertures de comics, à une époque où Hitler se faisait régulièrement démonter

 

Logique, en somme, que Superman prenne fait et cause pour les migrants – et de toute manière, le Man of Steel est plus facilement rangé du côté des opprimés que des oppresseurs.

 

D’ailleurs, en 1949, Superman servait à une campagne de lutte pour la tolérance à l’école, comme en témoigne l’affiche. Une fois n’est donc pas coutume...