À la recherche de la licorne, de Mirallès et Ruiz, intégrale

Clément Solym - 10.08.2008

Manga/BD/comics - Univers BD - recherche - licorne - Mirallès


Avant d'exploser avec la magnifique et envoûtante série 'Djinn', Mirallès a participé avec Ruiz à cette fresque historique poignante qu'est 'À la recherche de la licorne'. Dès le titre, que peut-on imaginer de plus inaccessible et de plus vain pour un homme de la seconde moitié du XVe siècle ?

Pourtant, c'est bien cette destinée que Juan de Olid va suivre, pour le bon vouloir du Enrique. Partant avec une troupe de Castillans fous et braves vers les terres d'Afrique, pour découvrir un animal dont on n'a de traces que sur une tapisserie - oui, celle-là même - leur périple va durer plus de vint années.

Amours et intrigues se succèdent autour de Juan, embarqué vers une destination qui ne manquera pas de rebondissements ni d'aventures. Mangeant du zèbre, livrant bataille contre les peuples locaux perturbés dans leurs luttes intestines ou leur sereine quiétude, par ces blancs surgis pour un animal incroyable... La quête de toute une vie, celle de l'impossible.

Mais si le récit et l'émotion le disputent à une fin plus accablante encore, le dessin de Mirallès n'est pas en reste. Plutôt réaliste et rendant avec brio tout un univers exotique, il ne souffre que de rarissimes pains sur lesquels on ferme les yeux pour savourer le reste. L'aboutissement que représente Djinn parle de toute façon pour elle.


On retrouve ainsi les trois tomes, commencés en 1997, avec La blessure et le baume, Les forgerons blancs et Finis Terrae.

Cette odyssée invraisemblable que Juan raconte et se remémore rappelle aussi à une autre époque, de transition, où une génération succède à une autre, avec une Terre qui, devenue enfin ronde, n'est également plus le centre de l'univers. C'est beau et poignant, ça se dévore à toute vitesse et encore plus. Dargaud a publié une belle épopée, pour 29 €. Un peu chère, effectivement, mais néanmoins superbe.

Complétée par quelques planches et une interview en fin de volume, c'est un véritable coup de coeur.