Alan Moore, futur pédopornographe selon l'Angleterre ?

Clément Solym - 24.03.2009

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Cette semaine, le Parlement anglais examine la loi touchant à la vulgarité et la sexualité dans les comics et BD. Petit rappel : une nouvelle législation pourrait intervenir en Angleterre, qui interdirait alors tout titre recherchant « exclusivement ou principalement l'excitation sexuelle ».

Auteurs, éditeurs, députés....

Une coalition d'artistes et d'éditeurs, accompagnés de députés s'est manifestée pour condamner cette proposition qui ciblait avant tout la protection des enfants, et l'interdiction de violence faite à leur encontre dans ces planches. Mais la dérive est que si la loi passe en l'état, elle rendrait illégaux les Batman, Lara Croft et consorts, dès lors qu'une représentation comme décrite plus haut y aurait cours.

Selon le ministère de la Justice, il s'agit pourtant et en premier lieu de mettre un frein à la présence de dessins pédopornographiques disponibles sur Internet, et en particulier au Japon. Pour ce faire, la législation a défini un cadre vaste, bien trop vaste estiment les auteurs. Un titre est ainsi mis en avant, The Lost Girls, créé par Alan Moore, M. Watchmen ou V. pour Vendetta.

Alan Moore deviendra le Grand Satan

Publié en 2006, ce roman graphique érotique imagine l'éveil à la sexualité de trois héroïnes bien connues : Wendy, de Peter Pan, Dorothy, du Magicien d'Oz et Alice, dite au Pays des merveilles. Toutes trois se retrouvent à l'âge d'une trentaine d'années et découvrent ainsi leur capacité de séduction. Or, en l'état, l'ouvrage tomberait immanquablement sous le coup de la loi en question. Car si leur rencontre a lieu à un âge clairement légal, le récit de leurs expériences se situe en dessous des 18 ans requis... Les filles perdues a été publié par Delcourt l'an passé.

Il en irait de même avec Watchmen, puisque l'un des héros découvre sa mère en pleins rapports sexuels alors qu'il est encore enfant...


« Nous ne sommes pas opposés à toute législation visant à la protection des enfants contre les abus, nous comprenons même sa nécessité, mais certaines parties du projet de loi (NdR : la Coroners Bill) doivent être reformulées et précisées », explique un porte-parole de l'assemblée. De fait, elle ne ferait alors que nuire à des milliers de personnes si elle était maintenue comme telle. Et pour eux, il faut défendre le droit de chacun à lire ou écrire, sans que cette liberté ne soit impactée par une armada législative répressive.

Un modèle venu d'Australie

Calqué sur un modèle de loi australien, on soulignera que justement, six mois après sa promulgation dans le pays, un citoyen avait été reconnu coupable de pornographie juvénile après avoir téléchargé six images des Simpsons en pleins ébats. Alors que ces derniers tomberaient plus clairement sous le coup de l'humour et de la parodie.

Mais le gouvernement anglais a refusé de faire valoir cette possibilité. Selon le ministère de la Justice, la loi s'attaque avant tout à la pédopornographie ou des scènes considérées comme telles, « qui n'ont pas leur place dans notre société ». Si l'on ne souhaite par criminaliser la détention de documents ni sanctionner l'industrie, reste que cette loi sera bien débattue en l'état...