Artcurial, Moulinsart, Casterman : Le lotus bleu qui les rend verts

Florent D. - 14.10.2020

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Comme toutes les légendes, celle de la couverture réalisée par Hergé pour Le Lotus bleu en 1936 compte certainement une part de réalité. Dans une Chine de trafiquants d’opium, le petit reporter allait rencontrer son plus fidèle ami et déjouer les plans des mafias locales. De là à y retrouver un étrange parallèle…


 

L’affaire a commencé à prendre de l’ampleur voilà quelque temps. Au départ, cette couverture, rejetée parce que trop chère à produire en quadrichromie, allait être mise en vente par Artcurial : estimation entre 2 et 3 millions €

Plutôt que de la jeter, Hergé aurait en effet offert cette couverture à Jean-Paul Casterman, fils de Louis, l’éditeur d’Hergé à cette époque. Pliée en six et placée dans un tiroir, elle y resta jusqu’en 1981, quand on demanda à Hergé de bien vouloir la dédicacer. Le dessinateur mourut deux années plus tard.

Sauf que, comme souvent, la société Moulinsart est intervenue, par la voix de Nick Rodwell, administrateur délégué de la société Moulinsart, qui clame : « Tant de planche, tant de dessins, ont été gardés et revendus par des gens liés aux éditions Casterman. Et j’en ai un peu marre. » Selon lui, le dessin devrait revenir à la société Moulinsart, point barre.

D’autant que les spécialistes de Tintin n’avalent pas la légende. Pour Benoît Peeters « l’hypothèse du cadeau au gamin est extravagante. Quand Hergé offrait des crayonnés ou des dessins, il les dédicaçait toujours, a fortiori pour le fils de son éditeur. C’était quelqu’un de très poli ! Le plus plausible est que Hergé n’a pas réclamé le dessin et qu’il a été donné au fils Casterman. À l’époque, les originaux n’avaient pas de valeur. »

Et les Tintinophiles le savent : que Nick Rodwell et Benoît Peeters tombent d’accord équivaut à un bouleversement de l'axe de la Terre...
 

“Une pièce exceptionnelle”


Si Artcurial reste très discret — la maison de vente n’a pas retourné nos demandes de précisions — c’est l’éditeur Casterman qui vient d’ajouter sa note personnelle. 

Propriété depuis 2013 du groupe Madrigall (Gallimard avait racheté Flammarion, alors propriétaire de Casterman, donc de Tintin), l’éditeur indique avoir appris dans la presse « qu’un document préparatoire réalisé en 1936 par Hergé pour concevoir la couverture de la première édition noir et blanc du Lotus bleu était mis en vente par Artcurial ».

Et surtout, la maison en profite pour démentir toute rumeur ou dissiper les doutes. Les éditions « tiennent à faire savoir qu’elles sont parfaitement étrangères à la vente de cet original issu d’une collection particulière ». 

En l’état, indique le communiqué, il faudrait surtout parvenir à un accord entre les parties. En effet, « en tant qu’éditeur des œuvres complètes, du créateur de Tintin et en tant que sponsor du Musée Hergé, nous espérons qu’un accord pourra être trouvé entre les vendeurs et l’ayant droit d’Hergé ».

La maison rejoint ainsi les conclusions de Nick Rodwell, pour qui « cette pièce exceptionnelle trouverait parfaitement sa place dans les collections du Musée Hergé de Louvain-la-Neuve ».


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