Astérix prend du relief à l'occasion d'un prochain long-métrage 3D

Julien Helmlinger - 15.11.2013

Manga/BD/comics - Univers BD - Astérix - Cinéma - 3D


Obélix n'étant pas tombé dedans quand il était petit, il aura donc droit de goûter à la dernière technologie du cinéma. Le petit Gaulois au casque ailé et ses compatriotes irréductibles comptent bien démontrer que les vertus de la potion magique sont à l'épreuve de la 3D. Une équipe de professionnels de l'animation, belges et français pour la plupart, sont d'ores et déjà à pied d'oeuvre en amont d'un prochain long métrage en relief. Astérix et le Domaine des dieux est actuellement en phase de réalisation en Belgique, dans la maison d'édition qui a vu naître Spirou.

 

 

 Rome ne s'est pas faite en un jour...

 


Dans une ambiance aussi studieuse que décontractée, pressée toutefois par des délais serrés, nous rapporte l'AFP, l'équipe d'une vingtaine de membres âgés entre 30 et 40 ans, planche actuellement dans un studio à Marcinelle, près de Charleroi. Elle s'applique, à coups de clics sur souris d'ordinateur et autres esquisses au stylet numérique, à fignoler ses esquisses de personnages et autres couvre-chefs de légionnaires romains. 


Le long-métrage sera dans les salles obscures pour le 26 novembre 2014, selon le producteur principal M6 Studio, et comme le confie Benoît Feroumont, le responsable de l'équipe : « Créer un tel film prend un temps de dingue. Il faut entre une heure et une demi-journée pour finaliser la pose d'un personnage. »


Inspiré par le 17e album de la série créée par René Goscinny et Albert Uderzo, la nouvelle adaptation cinématographique, première à utiliser la technique de l'image en relief, a été confiée à Alexandre Astier, l'auteur français de la série humoristique et chevaleresque Kaamelott.


Pour Benoît Feroumont, l'ambition de la production est « de créer un film à l'esprit européen, celui de la BD franco-belge, qui mette en valeur nos gestes et nos expressions typiques. Il s'agit d'être différents de ce que font déjà très bien Pixar ou DreamWork »Près de 60 % de l'animation est réalisée dans les locaux de la maison Dupuis, depuis son siège historique de Marcinelle. Choix que l'on doit en partie à la politique belge visant à attirer les tournages sur le territoire national par le biais d'exonérations fiscales.

 

Comme le précise l'AFP, l'éditeur belge fait partie des premiers acteurs de l'édition à se diversifier dans la production audiovisuelle avec la maison de production Belvision et les studios d'animation DreamWall, fondés en 2007 avec la RTBF. Le contrat s'élevant à  6,4 millions d'euros pour un budget total de 30 millions, il constitue le plus important jamais signé par DreamWall.

 

Le directeur de la branche Audiovisuel au sein de la maison, Léon Perahia, explique : « Aujourd'hui, une société comme Dupuis ne peut pas se contenter de ne faire que de la BD. Il faut passer de la seule activité d'éditeur à celle d'un producteur multi-plateformes qui ajoute la télévision, l'internet ou les jeux vidéo », précise Léon Perahia, directeur de Dupuis Audiovisuel.

 

Concernant le « tax shelter », offrant une exonération fiscale à hauteur de 150 % du montant investi dans l'oeuvre, Perahia précise : « S'il n'y avait pas les soutiens publics belges, des films tels qu'Astérix seraient plus difficiles à monter. »


Une fois cette phase de réalisation achevée en Belgique, le long métrage sera terminé et monté sur le sol français, où il sera notamment doublé par des voix célèbres, comme celles de Roger Carel, Alain Chabat ou Elie Semoun. Le film sera ensuite lancé à l'international et les choses se présenteraient bien puisqu'il a déjà été vendu dans de nombreux pays, selon Léon Perahia.