BD : Le numérique, un combat entre auteurs et éditeurs

Clément Solym - 19.11.2010

Manga/BD/comics - Univers BD - numerique - questions - auteurs


Depuis quelques mois, les éditeurs ont lancé les bandes dessinées sur les supports numériques. De nombreux titres sont déjà proposés à l’achat ou la location, dont certains déjà existant au format papier. Il existe également de nouvelles bandes dessinées spécialement conçues pour le numérique, comme Bludzee.

Le numérique présente de nombreux avantages par rapport au format papier, comme la possibilité de régler les paramètres de lecture (vitesse, transitions, zooms automatiques) et il ajoute quelques fantaisies : le mode soundtrack, par exemple, permet d’écouter tout en lisant des « extraits musicaux choisis par l’éditeur » voit-on sur RTBF Info. L’amateur de BD numérique n’a, de plus, pas besoin de « se déplacer jusqu'à un magasin pour acheter un album » et peut lire ses bandes dessinées n’importe où.


Quelques inconvénients cependant qui rebuteront nombre de lecteurs : l’écran est petit, rendant la lisibilité faible, et il y a toujours un temps de chargement.

Cette récente lubie du numérique inquiète les auteurs de BD. Ils se plaignent de n’avoir pas été sollicités par les éditeurs avant la conversion au numérique, craignent le piratage, mais surtout protestent contre les droits d’auteur inchangés.

Ces appréhensions se sont manifestées lors du lancement de la plateforme de vente Izneo en mars dernier. Le syndicat des auteurs de BD a émis une pétition en réaction pour un appel à la discussion avec les éditeurs d’une part et un appel à la désobéissance des auteurs d’autre part.

La pétition pose essentiellement la question de la rémunération des auteurs. Pour l’instant, les droits d’auteur sont élevés d’environ 10 % comme pour le format papier, ce qui est anormal puisque l’éditeur ne paie pas de frais d’impression ni d’acheminement.

Cette pétition a été signée par 850 auteurs sur les 1200 recensés en France.

Peu de temps après, le syndicat des auteurs a obtenu un rendez-vous avec le syndicat national de l’édition, mais depuis, « il se comporte comme une anguille. La question du droit moral est toujours au point mort, et la clause de rendez-vous (pour qu’éditeurs et auteurs discutent de l’exploitation numérique des œuvres) est insatisfaisante, car, si elle fixe une obligation de rencontre, elle n’oblige pas à négocier » déclare Hubert, scénariste notamment de Miss Pas Touche.

Tout de même, l’auteur pense que la sollicitation des services juridiques maintient « l’existence d’un grain de sable dans la machine… en espérant que ce grain de sable ne soit pas purement et simplement écrasé ».