Cas d'école, l'histoire de Jean : une BD pour demander justice

Camille Cado - 27.03.2019

Manga/BD/comics - Univers BD - affaire Jean Willot - Cas d'école, l'histoire de Jean - pétition Jean Willot suicide


Christophe Tardieux, professeur des écoles et auteur de bande dessinée, a récemment attiré l'attention sur le réseau social Facebook en partageant une mini BD de 18 cases sur l’histoire de Jean Willot. Ce professeur de 57 ans s’est suicidé le 15 mars dernier après avoir été visé par une plainte pour violences aggravées, déposée par la mère d’un élève de sa classe de CP. Une BD pour demander justice, mais aussi pour que l’affaire « ne tombe pas dans l’oubli ».



Voilà dix jours que les professeurs se mobilisent contre le silence de leur hiérarchie au sein de l’Éducation nationale sur le suicide d’un de leur collègue, Jean Willot, 57 ans, après avoir été l’objet d’une plainte pour « violences aggravées sur mineur » par un parent d’élève. 

Après une pétition qui avait été lancée sur Internet, Christophe Tardieux, instituteur dans la ville de Tremblay-en-France en Seine-Saint-Denis, mais aussi auteur de bande dessinée sous le nom de Remedium, a décidé d’aller plus loin.

Le 22 mars 2019, il publie une mini BD de 18 cases retraçant l’histoire de Jean Willot, une façon de « guérir [s]es maux par le dessin ». 
 

 
« Devant l’envie de la hiérarchie d’étouffer l’affaire, il convient de mettre des mots sur cette histoire afin qu’elle ne tombe pas trop vite dans l’oubli. Beaucoup d’enseignants se sont attelés à cette tâche, relayant les témoignages des collègues de Jean. Voici ma modeste participation à ce mouvement. Parce que, être enseignant en 2019, c’est aussi ça... » annonce-t-il sur sa page Facebook. 
 

“Il faut refuser cet oubli”


« L’idée, c’était de montrer tout le cheminement qui peut conduire un homme à aller vers une telle extrémité (le suicide), et la perte de repères qui peut conduire les gens, et notamment les parents d’élèves, à remettre systématiquement en question la posture et la position d’un enseignant et de tout ce qui peut représenter l’État, la formation le savoir, la culture », confie Christophe Tardieux à Europe 1

Car « si une grande majorité garde confiance en l’école, et la respecte, il y a parfois une minorité agissante qui peut polluer le climat général » explique-t-il. 

Le hashtag #Pasdevague avait d’ailleurs été lancé par les enseignants qui partageaient des moments de leur quotidien, témoignant de la violence de certains de leurs élèves, mais aussi du rapport difficile entrenu avec les parents et le silence de la hiérarchie dans la plupart des cas. 
 


La BD s’élève donc surtout contre la tentative de l’Éducation nationale de « museler les professionnels ». 

« C’est une habitude, un réflexe quasi systématique dans ce genre d’affaires : une des premières consignes est de ne pas parler, pour ne pas ébruiter l’affaire. Ça peut être pour de bonnes raisons, comme ne pas propager de rumeurs, mais c’est surtout pour brider la parole des témoins, des enseignants et aussi des parents qui peuvent parfois en souffrir. Donc on met un peu sous le tapis pour continuer à fonctionner normalement, ou plutôt à faire semblant de fonctionner normalement, comme si rien ne s’était passé »

Et en effet, si les enseignants avaient interdiction de parler à la presse, seulement 3 de ses collègues ont pu assister à l’enterrement, affirme Christophe Tardieux, pour ne pas perturber le fonctionnement de l’école. 
 

81 000 partages sur Facebook


La BD Cas d’école, l’histoire de Jean a connu un grand intérêt de la part des utilisateurs Facebook. À ce jour, elle compte près de 81.000 partages. 

« J’ai été surpris de la réaction qu’a pu susciter la BD, c’était un grand étonnement. Puis après réflexion, en voyant les témoignages qui accompagnent les partages et les commentaires, c’est révélateur d’une certaine souffrance qui finalement n’est pas très étonnante, chacun a pu se reconnaître par le biais de cette histoire là, ça cristallise beaucoup de choses. » 

« Les retours sont très divers, mais, pour certains personnels de l’Éducation nationale, ça leur a rappelé des choses. Ils ont vécu des situations similaires [...] qui témoignent du délitement qu’il peut y avoir entre parents et école, mais aussi entre l’école et sa hiérarchie », souligne le professeur. 


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