Danemark : Lars Vilks, le caricaturiste suédois, toujours menacé

Cécile Mazin - 18.02.2015

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Le caricaturiste suédois Lars ViIks aurait été la cible principale de la fusillade meurtrière qui s'est déroulée à Copenhague le week-end dernier. Selon lui, les autorités policières auraient largement sous-estimé la menace terroriste planant sur la ville. Une escalade, depuis les attentats de Charlie Hebdo, que les Danois n'auraient pas assez prise en compte. 

 

 

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Lars Vilks - Olofe, CC BY 3.0

 

 

Samedi, Lars Vilks intervenait dans un café de Copenhague, pour un événement sous la thématique Art, blasphème et liberté d'expression. Un homme a surgi, avec une arme automatique, bien mieux équipé pour tuer que les policiers ne l'étaient avec leur arme de poing pour protéger le caricaturiste. « Dans ces circonstances, la police a été prise par surprise parce que ce gars était mieux équipé que la police, de sorte qu'il avait un véritable avantage », commentait le dessinateur.

 

Selon les autorités, Vilks était bien la cible de cette attaque, rapporte l'agence Reuters, et le tireur est soupçonné d'être à l'origine d'une attaque contre une synagogue, plus tard dans la journée. 

 

Menacé de mort par les islamistes radicaux depuis son premier dessin, voilà huit ans, représentant Mahomet comme un chien, le dessinateur avoue qu'il avait lui-même été naïf. Au point de croire que son dessin n'aurait qu'un impact limité. Qui pouvait envisager le tollé que cette caricature a généré ? 

 

Il affirme que le niveau de sécurité dans la ville n'a pas été suffisamment relevé. « C'était le même que nous avions auparavant... Ils doivent s'interroger sur la nécessité d'être mieux armés », face aux événements. 

 

Depuis la caricature originelle, Vilks a vu sa tête mise à prix, pour 100.000 $, et une bombe incendiaire a été déposée devant sa maison. Une arrestation a également eu lieu, conduisant un terroriste présumé en prison. Mais en dépit des menaces, Vilks ne compte rien changer à ses habitudes. « Je n'ai aucune intention d'abandonner. Mais j'ignore si les décisions de sécurité seront prises – il pourrait être considéré comme inapproprié d'en parler publiquement. Ce serait tragique, si c'était le cas. »

 

En état d'alerte, la ville de Copenhague est en panique depuis l'attaque perpétrée. Lars Vilks est sous la protection d'un garde du corps, 24 h sur 24, depuis, 2010.