Désolé, mais grimper aux murs comme Spider-Man est physiquement impossible

Antoine Oury - 19.01.2016

Manga/BD/comics - Comics - Spider-Man super-héros - grimper aux murs possible


Vous traîniez encore aux alentours des centrales nucléaires, à la recherche d'araignées irradiées : il n'est pourtant pas possible de grimper aux murs comme Spider-Man. Physiquement, s'entend, cela est impossible : des chercheurs se sont penchés sur le cas et ont conclu que le gecko est la plus grosse créature à pouvoir ramper sur un mur. Et le plus gros gecko, celui de Nouvelle-Calédonie, ne pèse que 279 grammes, maximum...

 

Spider-Man

(beingmyself, CC BY-ND 2.0)

 

 

Dans les comics comme dans les différents films, Peter Parker acquiert une super-adhérence, qui lui permet de grimper aux murs sans difficulté. On peut d'ailleurs voir la scène dans la bande-annonce du premier Spider-Man de Sam Raimi, en 2002.

 

 

 

Des chercheurs de l'université de Cambridge se sont penchés sur la question, et ont publié leurs conclusions dans la revue PNAS : ils ont étudié les différentes créatures capables de ramper sur les murs, de la mite microscopique au gecko, la plus large d'entre elles. Les mites disposent de surfaces adhésives 200 moins importantes que les geckos, dont les pattes bien connues sont couvertes de surface adhésive.

 

Si un être humain souhaitait ramper comme un gecko, 40 % du corps devrait être adhésif, ou plutôt 80 % de l'avant du corps... « [I]l nous faudrait de très peu pratiques pieds, très larges — notre pointure serait d'au moins 145 », explique Walter Federle, rédacteur en chef pour la section Zoologie de l'université de Cambridge. Et idem pour les mains.

 

Le paradoxe des espèces massives comme l'être humain réside dans le fait que, proportionnellement à leur masse et à la surface de leur corps, la surface disponible potentiellement adhésive est plus réduite que pour une fourmi ou une mite, par exemple. Ce qui explique que le gecko soit la plus grosse créature capable de grimper aux murs, sans griffes ou autres appendices qui aident à l'escalade.

 

225 espèces animales ont été observées, et les résultats sont donc dignes de confiance. À ce titre, les résultats pourront servir à ceux qui cherchent à développer des outils technologiques qui garantissent l'adhésion à des surfaces verticales : la surface d'adhésion devra, là aussi, être énorme. Cependant, rendre ces outils plus adhésifs pourrait permettre de contourner le problème, ce que n'est pas parvenue à faire l'évolution. Raison pour laquelle la faculté bien classe de pouvoir ramper sur les murs est réservée à quelques créatures de taille plutôt réduite...

 

Précisons que les super-héros et autres comics sont régulièrement utilisés par les chercheurs et scientifiques pour poser des questions inhabituelles, qui sortent du cadre ordinaire de la réflexion. Un chercheur de Stanford s'était ainsi penché sur le cas de Hulk, et de sa transformation, quand d'autres de Leicester avaient signalé que la super-vitesse de Flash l'empêcherait de sauver quiconque...

 

Et voici une jolie collection de pattes, pour mieux comprendre.

 

© David Labonte