Et Jules Verne ne serait alors pas devenu écrivain...

Clément Solym - 27.06.2011

Manga/BD/comics - Univers BD - univerne - paname - steampunk


Ah les uchronies sont à la mode actuellement, et la BD en profite particulièrement. Surtout qu'ici, c'est un des grands maîtres français - cocorico - de l'aventure et de la science-fiction qui est à l'honneur : Jules Verne.

Pierre-Jules Hetzel fut l'éditeur de Victor Hugo. Le 2 décembre 1851, suit au Coup d'État qui annonce l'arrivée du Second Empire, il prit la fuite avec son auteur et des membres de la famille, en direction de la Belgique. Mais si dans notre univers, tout le petit groupe put embarquer à bord de ce train, dans celui d'Univerne, l'éditeur sera frappé par un train. La mort est immédiate. Et tous les projets éditoriaux accomplis dans notre monde ne verront alors jamais le jour.

Les éditions magiques des Voyages extraordinaires de Verne, si recherchées des bibliophiles dans notre monde, aujourd'hui, ne seront pas publiées. Alors, Jules Verne, auteur raté, décidera de modifier le monde, en créant, sous le nom de Némo, une ville idéale, triomphe de technologie et de science, sur l'île Lincoln, située dans le Pacifique.

Et c'est de cette île qu'une révolution technique déferlera sur le monde. Pour évidemment atteindre Paris, en 1900, peu avant l'inauguration de l'exposition universelle.

Un trésor de steampunk, certes, mais qui adapte peut-être un peu trop l'ensemble des produits modernes - ordinateurs, télévision, etc. Cela dit, les détails donnent vraiment une couleur locale immersive, alors pas vraiment de raison de s'en plaindre. Surtout quand un quartier comme celui de Montmartre, qui est demeuré un bastion de la résistance.


Au milieu de tout cela, Juliette Hénin, journaliste et fervente féministe, qui s'apprête à rencontrer Honorine Fraysse de Viane, épouse de Jules Verne, aujourd'hui incarcérée. Qui accepte de raconter en exclusivité tout ce qu'elle a pu vivre sur l'Île. Et glisse discrètement une disquette dans la robe de Juliette.


Disquette convoitée, ô combien, et qui va lui donner l'occasion de rencontres passablement étranges. Et violentes. Des créatures loin d'être humaines.

Le tout agrémenté d'un dessin qui flirte avec un style manga et des expressions de visages clairement empruntées aux mimiques des personnages de BD japonaise, finalement Univerne est un premier tome 1, Paname, sympa et bien tourné. Et surtout, intrigant.

Et pour la petite histoire, la maison de Pierre-Jules Hetzel fut rachetée en 1851 par Hachette.

Publié chez Soleil, par Morvan et Nesmo, 13,50 €