Incipit : la petite collection des grandes premières fois

Florent D. - 18.02.2016

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Une nouvelle collection sera proposée à compter du 23 mars, portée par les Éditions Prisma et Steinkis Groupe. Des auteurs y racontent une première fois, qu’elle soit historique ou universelle, dans des récits mêlant fiction et réalité : « Il s’agit moins d’écrire l’Histoire que de la réécrire, sans offense pour l’Histoire, et pour le plus grand plaisir du lecteur. » Des thèmes variés, et trois premiers ouvrages qui parlent du bikini, de Marguerite Yourcenar à l’Académie et de la première édition du Festival de Cannes...

 

 

 

« La variété des sujets abordés dessinent une fresque passionnante, où un thème d’apparence léger peut receler de la tragédie et inversement, selon l’inspiration des auteurs », expliquent les éditeurs, présentant leur collection. Incipit, terme qui désigne les premiers mots d’un texte, a vocation « à aspirer le lecteur d’un bout à l’autre, de format court, on les lit d’une traite, puis on les relit avec gourmandise ». 

 

Plusieurs auteurs se sont lancés dans l’aventure, Nicolas Rey à Philippe Jaenada, de Philippe Besson à François Bégaudeau, d’Eliette Abécassis à Joy Sorman. Et une vingtaine de titres est déjà prévue pour les deux premières années. Les illustrations de couverture sont réalisées par des dessinateurs tels que Loustal, Mattoti, Catel, De Metter, Blain...

 

Et voici la présentation des premiers titres.

 

 

ELIETTE ABECASSIS, Deux-pièces 

« Elle était là, presque nue, devant la piscine, à Molitor. Exposée aux yeux de tous, dans ce grand “paquebot” aux façades couleur terre de Sienne, à l’architecture des années trente... » Lors d’un défilé, la France de 1946 découvre la bombe atomique du couturier Louis Réard : le bikini. Dans le public, Gaby, une jeune fille « toute frêle, à la peau diaphane » prend des notes. Un jeune homme l’interpelle. C’est Antoine, son grand amour qu’elle n’a plus revu depuis l’Exode. Il a participé à la conception du premier maillot deux pièces... À travers cette fiction aux couleurs pâles, Eliette Abécassis explore les non-dits qui ont plané sur la Libération de la France – et de la femme. 

 

Le premier bikini... 

Le bikini moderne a été inventé par l’ingénieur français Louis Réard en 1946. Il l’a nommé ainsi après que l’atoll de Bikini, situé dans le Pacifique, ait été choisi pour être le site d’un essai de bombe atomique, essai qui a eu lieu le 1er juillet 1946. Réard espérait que l’excitation causée par son maillot serait aussi explosive que la bombe atomique.
Son innovation fut d’exposer le nombril. Bien que le bikini ait eu un succès modéré en France, il n’a pas été immédiatement bien accepté dans d’autres parties du monde : nombre de pays catholiques ont interdit le costume. 

 

GONZAGUE SAINT BRIS, Un ruban de rêve 

Le Festival de Cannes s’impose, aujourd’hui, aux yeux de la planète, comme une évidence, puisqu’il est incontestablement le plus célèbre au monde. Son démarrage, pourtant, fut plus complexe qu’on ne l’imagine, car non seulement sa première édition, prévue en 1939, fut annulée en raison de la guerre, mais encore sa réédition, en 1946, fut plutôt laborieuse, à cause des difficultés liées à l’après-guerre.

 

Malgré tout, dès le commencement, en dépit des ratés, la magie fut au rendez-vous avec quarante films en compétition, une dizaine d’entre eux, in fine, se partageant, à défaut d’une Palme d’or qui n’existait pas encore, un premier prix, essentiellement motivé par des considérations diplomatiques. Avec son talent reconnu, l’écrivain Gonzague Saint Bris – président fondateur du Festival du Film romantique de Cabourg, et historien comme le fut le fondateur du Festival de Cannes Philippe Erlanger – raconte, avec subtilité, humour, poésie et érudition, ce premier acte de ce qui constitua, sans doute, la plus singulière aventure du septième art. Le Festival est annulé. 

 

FRANÇOIS BEGAUDEAU, L’ancien régime 

Le 6 mars 1980, l’Académie française accueillit en son sein Marguerite Yourcenar. Ce fut un événement, comme l’atteste la présence de l’épouse de Valery Giscard d’Estaing dont même le fils aurait pu venir s’il n’avait eu un tournoi de polo. On se précipita. On se bouscula au premier rang. Certains se provoquèrent en duel. D’autres apportèrent des macarons. C’est que, pendant plus de trois siècles, l’Institut créé par Richelieu n’avait admis aucune femme. Ce n’était pas mauvaise volonté ou bas conservatisme de la part des immortels. C’est juste qu’ils n’y avaient jamais songé. Comment donc aurait-on pu vouloir changer la donne, alors qu’elle n’avait changé ? On avait eu la magnanimité d’intégrer des noms féminins dans le dictionnaire, c’était déjà bien assez. 

Et puis les académiciens avaient mieux à faire. Ils avaient à inventer le français et, du même coup, la France. 

 

La première femme à l’Académie française... 

Pendant 345 années, divers motifs politiques, moraux, religieux et sociétaux ont été invoqués pour en interdire l’accès aux femmes à l’Académie ! Sous l’Ancien régime, les femmes ne peuvent entrer dans des assemblées élues que si le règlement l’y autorise. « Les femmes ne sont pas éligibles, puisqu’on n’est citoyen français que lorsqu’on a satisfait à la conscription » (Duc d’Aumale, 1893). En 1980, Marguerite Yourcenar fut la première femme élue à l‘Académie grâce au soutien actif de Jean D’Ormesson.