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L'auteur de comics Mark Millar veut créer son Marvel avec Netflix

Antoine Oury - 13.11.2017

Manga/BD/comics - Comics - Mark Millar Netflix - Millarworld - Netflix comics


Le rachat de la maison d'édition de l'auteur Mark Millar, Millarworld, par Netflix en août 2017 faisait entrer la plateforme dans une nouvelle ère : elle se dotait en effet d'une maison d'édition, mais choisissait surtout d'acheter une structure plutôt que d'acquérir les droits d'adaptation des séries qu'elle publie. Un choix qui tient aussi au fondateur Mark Millar, qui souhaite « devenir Marvel plutôt que travailler avec Marvel ».


Mark Millar
Mark Millar, en 2013 (Gage Skidmore, CC BY-SA 2.0)


 

La première acquisition de Netflix aura donc été une maison d'édition spécialisée dans la bande dessinée : Millarworld a été créée en 2013 par l'auteur Mark Millar afin de porter ses titres les plus vendus. Wanted, Kick-Ass, Kingsman, autant de bandes dessinées qui sont aussi des films à succès : malin, l'auteur a préféré s'affranchir d'un éditeur intermédiaire en prenant sa place, affirmant même qu'il partageait les revenus des titres à 50-50 avec les dessinateurs de ses œuvres.

 

Pour accélérer un peu plus l'adaptation de ses œuvres au cinéma ou à la télévision, Millar a donc préféré faire corps avec Netflix, qui devrait logiquement porter à l'écran la majorité des titres publiés par Millarworld. D'après les experts du marché, la vente a du se solder entre 50 et 100 millions $, et Netflix parie donc sur la figure du surhomme version Millar (ou super-vilain, comme dans Wanted) sur la durée.

 

Pour la plateforme de streaming, l'acquisition de Millarworld annonce aussi l'ère de la création de contenus en interne, plutôt que l'acquisition de droits d'adaptation auprès de partenaires parfois envahissants, comme Disney, qui prendra bientôt la tangente pour assurer sa propre diffusion.

 

« Je veux être Marvel plutôt que travailler avec Marvel », assurait en août dernier Millar auprès du Guardian. Rares sont les élus, mais quelques auteurs, comme JK Rowling, Stephen King ou James Patterson, peuvent prétendre doubler éditeurs et producteurs. « Et il a appris comment jouer à ce jeu. Nous, de l'ancienne génération, nous nous sommes fait avoir, à des degrés différents, par les contrats qu'on nous a servis dans l'industrie du comics, mais Mark, en particulier, a beaucoup appris de cette époque et a mené ses affaires d'une manière très astucieuse, très écossaise », explique le dessinateur Dave Gibbons, avec lequel il a travaillé sur Kingsman.

 

On aurait pu croire que Netflix se contenterait de racheter Millarworld pour obtenir les licences des séries de Millar, et ainsi les décliner en séries à l'infini. Mais la société spécialisée dans le streaming a au contraire annoncé la publication d'une première bande dessinée, The Magic Order, signée par Millar et le dessinateur Olivier Coipel, connu pour son travail chez Marvel, notamment.

 


Couverture de The Magic Order, via Entertainment Weekly

 

Sans surprise, The Magic Order rassemble les ingrédients d'une série à succès, avec une immense galerie de personnages dotés de pouvoirs spectaculaires, qui vivent à la fois des aventures fantastiques et une vie presque normale, comme celle du spectateur moyen. La bande dessinée comprendra 6 épisodes, publiés à partir du printemps prochain. Aucune date d'adaptation n'a encore été annoncée...

 

Oblivion Song, le nouveau comic de Robert Kirkman, avec Lorenzo De Felici

 

Les comics publiés par Millarworld/Netflix seront adaptés en séries et films, donc, mais l'inverse reste bien entendu possible, même si aucune information n'a été communiqué en ce sens : des comics Stranger Things ou Narcos pourraient sans doute trouver leur public...