La vengeance d'un genre : les comics s'exposent à la British Library

Antoine Oury - 23.01.2014

Manga/BD/comics - Comics - British Library - exposition - Comics Unmasked


Qu'en pense la Reine ? La respectable British Library a visiblement retrouvé le chemin vers ses collections les moins soignées de ces dernières années, celles des comics, qu'elle exposera cet été dans Comics Unmasked : Art and Anarchy in the UK. L'occasion de redécouvrir des titres au succès populaire indéniable, longtemps considérés comme mineurs malgré l'influence exercée sur les dessinateurs contemporains.

 


25th August 2012

Les « Contes de l'Inconnu... racontés par Misty », tout un programme...

(themostinept, CC BY-SA 2.0)

 

 

Le directeur exécutif de la bibliothèque, Roly Keating, le reconnaît sans faire de difficultés : « Pour être honnêtes, nous n'avions pas accordé à ce secteur de nos collections la somme de recherches et d'études que nous avons pu appliquer à d'autres éléments issus d'une culture plus noble », explique-t-il. « Aujourd'hui, nous proposons à ce secteur sa vengeance. »

 

Et une grande exposition, qui s'ouvrira cet été, et permettra enfin de valoriser les stocks de comics conservés dans les rayonnages de la British Library. Ils dessinent une tout autre approche du comics, par rapport à la tradition américaine, avec des récits beaucoup plus variés que les traditionnelles histoires de super héros. Ainsi de Misty, labellisé « comics de filles » en raison de son héroïne : les illustrations étaient pourtant « noires, bizarres, psychologiquement assez dures », d'après les commissaires de l'exposition.

 

Comme son homologue américain, l'industrie britannique du comics n'a pas échappé à la censure, et la collection Nasty Tales fut l'une de ses victimes : le procès intenté à cette série de comics devint lui-même sujet d'un fascicule, The Trials of Nasty Tales, retrouvé dans les fonds de la British Library. La signature est bien connue, puisque c'est Dave Gibbons qui avait exécuté ce récit : « J'allais dans une école très traditionnelle où l'on avait l'habitude de fouiller les bureaux pour brûler les comics des élèves. 40 ans plus tard, ils m'invitent à l'école pour des lectures publiques de romans graphiques », explique l'auteur de Watchmen, notamment.

 

Parmi les autres curiosités à découvrir, les commissaires de l'exposition ont ressorti des exemplaires de l'Illustrated London News, journal du XIXe siècle qui présentait dans ses colonnes des ancêtres des fameux strips. « Pour les gens comme moi qui s'interrogent sur l'origine des comics et de leurs lecteurs, cela indique que les Victoriens de toutes les classes sociales lisaient et aimaient des comics », souligne Paul Gravett. 

 

(via The Guardian)