Le Covid-19, glas résonnant ou renouveau pour l'industrie du comics ?

Auteur invité - 16.04.2020

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L’épidémie de coronavirus frappe de plein fouet l’économie mondiale. L’industrie du livre ne fait pas exception. Selon un récent article du New York Times du 10 avril, l’industrie nord-américaine du comics et de la bande dessinée est gravement en danger.


Exposition Lego - comics
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

Certes, les librairies et magasins spécialisés ont tenté de s’adapter à la situation : ventes online, événements virtuels, campagnes de financement, initiatives lancées par la plateforme Bookshop.org — telle celle qui soutient les libraires qui ont dû cesser leurs activités — ou les aides d’urgence fournies par la Book Industry Charitable Foundation. Mais le secteur, reposant avant tout sur les ventes papier en magasins, est particulièrement affecté par les effets de l’épidémie.

Ces dernières semaines ont vu la fermeture de plusieurs boutiques spécialisées et le gel de la diffusion de nouveaux titres. Les artistes continuent à produire, ignorant quand et si les lecteurs liront un jour leurs œuvres.


La vente de comics a connu un boom impressionnant ces dernières années sur le continent nord-américain. Selon un rapport réalisé par Comichron and ICv2, l’industrie génère 1 milliard de dollars par année aux États-Unis et au Canada, le comics papier comptant pour plus d’un tiers de ce chiffre. Les ventes en magasins spécialisés représentent 510 millions, suivies de près par les autres points de ventes, incluant les libraires indépendantes, les chaînes de librairies et les salons organisés par l’éditeur Scholastic (465 mio.), alors que les ventes numériques ne représentent que 100 millions.
 

Aujourd’hui, les propriétaires de magasins et librairies dédiés voient les bénéfices d’une année prometteuse s’évanouir. Obligés de fermer leurs portes, ils tentent d’éviter la faillite. « Je pense que nous assistons à un événement qui risque d’anéantir notre industrie », affirme Heidi MacDonald, éditrice de Beat, site consacré à la culture comics. L’industrie du comics repose sur de très petites marges. Les éditeurs, peu importe leur taille, sont inquiets.

Dan Buckley, président de Marvel Entertainement, qui produit Spider Man, X-Men et les Avengers, parle « d’une crise qui a un impact sans précédent sur tous les aspects de nos vies et qui demandent de la patience et de la persévérance », soulignant qu’il reste optimiste et que le comics ne va pas disparaître.
 

Le nerf de la guerre : la distribution
 

Mais, la tourmente ne s’arrête pas là. Diamond Comic Distributors, le plus grand distributeur de comics et bandes dessinées d’Amérique du Nord a décidé de différer ses paiements aux éditeurs et à ses autres fournisseurs. En outre, l’entreprise a arrêté de fournir les points de vente en nouveaux comics, ceci à partir du 1er avril.

Dans un communiqué, son fondateur, Steve Geppi, évoque plusieurs problèmes et freins présents aussi bien dans la chaîne d’approvisionnement que dans les réseaux de fret et les centres de distribution. Il encourage les revendeurs à faire preuve de créativité et vendre leurs stocks, suggérant d’organiser des ventes spéciales, des promotions et même recourir à eBay. « Je ne peux pas gagner de l’argent, Diamond ne peut pas gagner de l’argent sur mon dos, donc les éditeurs ne peuvent pas faire de bénéfices sur le dos de Diamond », conclut-il.
 

Il demeure que le marché du comics subit des pertes immenses, indépendamment du degré de créativité de ses acteurs. Les fans de comics et de bandes dessinées sont réputés pour aimer le papier. Profondément attachés à l’idée de communauté, ils préfèrent se déplacer en librairie et dans les magasins spécialisés pour se fournir. Selon G. Willow Wilson, auteure de la série de fantasy The Dreaming : Waking Hours pour DC et de la saga de science-fiction Invisible Kingdom pour Dark Horse, les magasins sont au cœur de la vie sociale.

Comme d’autres médias que nous consommons à la maison, l’industrie du comics est fondée sur la vente directe et les liens qu’elle tisse. « Nous sommes privés de ces lieux de rassemblement et de rencontres, la perte est immense. » Elle craint également que les lecteurs ne perdent l’habitude de se rendre tous les mercredis en libraire pour satisfaire leurs envies et combler leur curiosité. Des craintes que formulait également Todd McFarlane, illustre créateur de Spawn…
 

Brian Michael Bendis, auteur de plusieurs comics pour DC, se montre plus optimiste et pense que l’industrie se relèvera comme après chaque catastrophe. Rappelant la période suivant le 11 septembre, où tout semblait fini, l’industrie a su se relever. Les moments de crises et de catastrophes illustrent aussi pourquoi les comics et leurs personnages sont fait pour survivre : « C’est limpide, équation littéraire… Les super-héros sont des individus qui tentent de donner le meilleur d’eux-mêmes. C’est ça les comics. Essayons tous de faire de même. »


 par Delphine Hayim




Commentaires
j'espere la survie du genre mais je crains fortement une marée de sorties quand ce sera fini (idem pour les Mangas et les DVD/BR), impossible à suivre (quand je regarde la liste des sorites Mangas pour Mai et Juin = j'ai "peur", il y a beaucoup trop de sorties). Je vais prioritiser à mort dans les mois à venir.
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