Le Joker, héros d'un film, pourrait-il faire naitre une vague de violences ?

Antoine Oury - 25.09.2019

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Batman fête peut-être son 80e anniversaire, mais son légendaire ennemi, le Joker, vient de lui voler la vedette. Le long-métrage Joker, dans lequel Joaquin Phoenix incarne un clown triste qui deviendra bientôt un psychopathe violent, suscite l'inquiétude des familles de victimes d'une tuerie de masse survenue en 2012 aux États-Unis. Dans un courrier adressé à la direction du groupe Warner, qui produit le film, elles critiquent une glorification de la violence.

Joaquin Phoenix dans Joker


La frontière poreuse entre fiction et réalité inquiète toujours : des familles de victimes d'une tuerie de masse perpétrée à l'avant-première du film The Dark Knight Rises, en 2012, ont fait parvenir une lettre à la direction du groupe Warner Bros pour condamner le film Joker. Le personnage de clown psychopathe, ennemi de Batman, figurait déjà dans le film de Christopher Nolan sorti il y a quelques années.

Le courrier est signé par cinq personnes dont des proches ont été victimes du tueur d'Aurora (Colorado), qui avait ouvert le feu dans une salle de cinéma et se faisait justement appeler le Joker. « Nous en appelons à votre responsabilité pour que vous rejoigniez les chefs d'entreprise et PDG qui réalisent leur responsabilité sociale dans le maintien de notre sécurité », indique la lettre.

Ann Sarnoff, PDG de Warner Bros, est directement interpelée par les signataires du courrier, qui demandent une intervention du studio à l'intention des victimes des armes à feu, en particulier aux États-Unis.

« Ce qui m'inquiète, c'est qu'une personne pourrait être dans la salle — et s'il ne s'agissait que d'une seule — qui ne se sente pas bien, qui pense à devenir un meurtrier de masse, et qui puisse être encouragée par ce film. Et ça me terrifie », a indiqué Sandy Phillips, mère d'une des victimes d'Aurora. 
 

Ambiance anxiogène


Dans le film de Todd Phillips, le Joker est avant tout présenté par l'intermédiaire d'Arthur Fleck, un comédien raté, écrasé et malmené par la vie, qui se retrouve bientôt sur la voie de la folie. Autrement dit, l'être humain passe avant le symbole de la folie et l'ennemi de Batman, ce qui donne son intérêt, sans doute, au long-métrage. Cet angle particulier inquiète d'autant plus les signataires du courrier.

Dans un communiqué répondant au courrier, Warner Bros rappelle sa politique de dons en faveur des victimes des tueries de masse, mais souligne qu'« un des rôles de la fiction est de lancer des conversations autour de sujets complexes ou dérangeants ».
 
Pour autant, une certaine inquiétude émerge suite à l'approche des projections du film, qui doivent avoir lieu dès le 4 octobre aux États-Unis. Le 18 septembre dernier, un email aurait été envoyé à des militaires pour leur recommander d'être particulièrement prudents s'ils se rendaient à une séance de cinéma pour voir Joker, et de repérer les sorties et autres lieux où se cacher en cas de fusillade.

Les studios de cinéma ont déjà travaillé en amont la réputation d'un film à des fins promotionnelles, notamment pour les films d'horreur — assurant que des personnes s'étaient évanouies pendant les séances et autres —, mais l'ambiance anxiogène autour de Joker pourrait lui coûter quelques places au box-office...

Le film sort le 9 octobre prochain en France.



The Hollywood Reporter, io9


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