Le numérique booste les ventes de comics aux États-Unis

Antoine Oury - 25.07.2013

Manga/BD/comics - Comics - ComiXology - distribution - promotion


L'année 2012 aura été exceptionnelle pour le secteur du comics, et la Comic Con de San Diego a pu célébrer en grande pompe la bonne santé économique du milieu. Ventes numériques comme papier ont augmenté de façon impressionnante l'année dernière, et les nouveautés en termes de distribution et promotion permettent à chaque éditeur de tirer son épingle du jeu.

 


San Diego Comic Con exhibit floor

L'étage des exposants, à la Comic Con de San Diego 2013 (Gage Skidmore, CC BY-SA 2.0)

 

 

Le premier symptôme de cette bonne santé se relève aisément dans l'App Store : ComiXology, l'application de lecture de comics numérique, est devenue en quelques mois le troisième soft du magasin d'Apple à bénéficier du taux de croissance le plus élevé. En avril 2012, ComiXology dépassait les 100 millions de téléchargements, et devenait un acteur incontournable pour toute l'édition de comics outre-Atlantique. Son arrivée en France relève également du même engouement, avec des acteurs comme Delcourt ou Glénat qui ont décidé de recourir à cet outil.

 

Forte de ses 300.000 titres, la plateforme a mis à la disposition des éditeurs de vastes possibilités commerciales, qui signent notamment le retour de l'abonnement. Combinée aux prix réduits de la version numérique, la formule permet de renouer avec une base stable de revenus, et les consommateurs souscrivent sans problème à plusieurs séries sans crainte de manquer un numéro.

 

Ce sont d'ailleurs les utilisateurs eux-mêmes qui ont réclamés l'ajout de formules d'abonnement dans le service. Marvel propose même une formule de souscription à 9,99 $ par mois, offrant un accès intégral à tout son catalogue - autant dire que la lecture est sans fin.

 

Par ailleurs, les canaux de distribution se sont multipliés : il est désormais possible d'acheter des comics en numérique sur les stores des éditeurs, sur ComiXology, ou sur les principales plateformes de vente, d'Apple à Barnes & Noble. Cette multiplication des points d'entrée numérique aurait par ailleurs boosté les ventes de tout le secteur : si les revenus des e-comics ont triplé pour atteindre 70 millions $, ceux du papier enregistrent une hausse de 15 %, à 750 millions $. Le retrait des DRM ou la promotion virale, évidemment, ne sont pas non plus étrangers à ce succès...

 

« Les offres Bundle [« packs » de comics, NdR] et Suscribe [l'abonnement] sont deux options développés pour les États-Unis, et des perspectives légales et commerciales doivent être prises en compte, mais leur développement en France n'est évidemment pas exclu » explique Alexandre Castanheira, responsable du développement commercial de ComiXology Europe, joint par téléphone.

 

« Les marchés français et américain sont sensiblement différents, notamment sur le plan de la distribution, moins dense aux États-Unis, et de la taille des comics, qui sont plus courts outre-Atlantique, mais ComiXology a su séduire des gens qui ne lisaient pas ou ne lisaient plus de comics », poursuit-il. « Avoir autant de contenus sous la main, même en pleine nuit, ainsi qu'une variété d'offres et de supports, est un plus indéniable. »

 

(via GigaOm)