Le torchon brûle entre Albert Uderzo et sa fille autour d'Astérix

Clément Solym - 27.01.2009

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Alors que le groupe Hachette s'est approprié une bonne partie des éditions Albert-René, en achetant 60 % des parts le 12 décembre dernier, Sylvie Uderzo a jeté un pavé dans la mare en affirmant que ce rachat était une aberration qui compromettait l'intégrité de l'oeuvre.

Sorte de pacte avec le diable estimait-elle, son père est intervenu pour rectifier quelque peu le tir : « Se voir accuser par sa propre fille, dans les colonnes du quotidien de référence, d'être un vieil homme manipulé et flatté dans sa cupidité insatiable par les gnomes de la finance, est déjà assez indigne », a-t-il écrit à l'AFP.

« Aujourd'hui, j'entre en résistance. Pourquoi ? Parce qu'Astérix est mon frère de papier », plaidait Sylvie qui parlait de manipulation de la part d'obscurs conseilleurs qui s'étaient joués de son père. « Ce qui a été cédé n'est rien de plus que des actions d'une société d'édition, les Éditions Albert-René, que j'ai créée en 1979 », résume pourtant Albert.

« L'accusation dirigée contre moi n'est pas seulement inspirée par l'appétit de pouvoir, elle vise à abuser les lecteurs d'Astérix en confondant de manière perfide ma qualité d'auteur et celle d'actionnaire d'une maison d'édition », conclut-il. Car pour lui, ce rachat est avant tout un moyen de pérenniser son personnage.

Et de regretter cette formule de résistance, « avec toutes les références héroïques auxquelles elle renvoie, au soutien d'une campagne ou l'indignité filiale le dispute à l'esprit de lucre, a de quoi choquer le vieil homme que je suis qui croyait que plus rien ne pourrait l'étonner ». Notons que Sylvie, qui dispose toujours de 40 % des éditions Albert-René en était auparavant la directrice générale.

Depuis le village des irréductibles, notre envoyé spécial rapporte qu'on se demande si le ciel n'a pas décidé à réellement leur tomber sur la tête...