Les auteurs de bande dessinée seraient moins payés qu'en 2001

Clément Solym - 26.05.2011

Manga/BD/comics - Univers BD - auteurs - bande - dessinee


Le scénariste Kris est inquiet sur l'avenir de son métier, qu'il estime moins rémunéré qu'au début de sa carrière en 2001. Pourquoi ? Ben...

Selon le journaliste Didier Pasamonik de ActuaBD, cet état de fait est moins imputable à l'éditeur qu'à la situation « tendue » du marché de la bande dessinée.
Le contexte est d'une limpide simplicité : nous réclamions une rallonge de 20 euros/page, ladite rallonge étant une avance imputable uniquement sur les droits dérivés (pratique dite parfois du "faux-fixe"). Cette pratique, je le sais, nous le savons tous, du moins nous auteurs (et nous ne sommes que quelques milliers), tend à devenir un peu comme les dinosaures, une espèce vouée à disparaître., explique-t-il sur Facebook.
C'est rude entre les planches

La concurrence entre les auteurs de bandes dessinées est accrue par le nombre croissant d'élèves dans les écoles de bandes dessinées et par les auteurs italiens et chinois. La production est donc en constante progression : cinq mille cent soixante-cinq livres de bandes dessinées, soit 5,46 % de plus qu'en 2009, alors que les nouveaux marchés sont de plus en plus difficiles à conquérir.

Et les éditeurs choisiraient les graphistes les plus « rapides » : « Les dernières tendances du marché ne poussent donc pas la création en direction d’un graphisme laborieux et sophistiqué » ! L'édition de mangas et d’œuvres étrangères serait aussi plus rentable ; les traductions de bandes dessinées ont augmenté de 203 titres en un an.

Le milieu éditorial est concentré : sur deux cent quatre-vingt-dix-neuf éditeurs, neuf seulement assurent 60 % de la production. Selon le journaliste, les scénaristes devraient s'adapter en réalisant des « romans graphiques », en s'essayant à la science-fiction ou la Fantasy, voire en s'orientant vers le dessin animé, le jeu vidéo ou la caricature politique. Alors, pourquoi ne pas également exercer un autre métier en parallèle ou d'obtenir une notoriété suffisante pour pouvoir être augmentée ?

Perspective selon Kris :
Alors, ce qui m'exaspère (un peu) plus largement est cette incompréhension qui se développe sur ces sujets de rémunération: comment pouvait-on payer l'immense majorité des auteurs entièrement en (faux) fixe, et aux mêmes prix de page que ceux actuels, il y a 20 ans ? Comment ai-je pu démarrer il y a dix ans, illustre inconnu qui vendit difficilement à 4000 ex, à 350 euros la page (2300 frs) ? Comment un de mes albums, qui atteint aujourd'hui 14 000 ventes en 3 ans d'exploitation, peut être considéré comme un album rentable alors qu'il a été financé il y a 6 ans à hauteur de 400 euros/page dont 70% en (faux) fixe ?

Et aujourd'hui, toutes ces conditions paraissent être des demandes extravagantes, ou à tout le moins impossibles, alors même que les conditions de vie ont largement augmenté. Que le prix des albums a largement augmenté. Que les coûts éditoriaux ont largement diminués (frais de fabrication économisés grâce aux progrès des techniques d'impression, de l'informatique, du moindre stockage des albums, de l'externalisation de nombreux postes éditoriaux autrefois salariés etc.). Et que la plupart des auteurs qui démarrent (et même des plus anciens) sont infiniment moins payés qu'avant.

Les chiffres

Le bilan de l'ACBD souligne qu'en Europe francophone, parmi les 1689 auteurs de bandes dessinées, 1446 en vivent, dont 12,17 % sont des femmes. (notre actualitté)

Gilles Ratier confirme la situation de précarité des créateurs : « les places sont de plus en plus rares et mal rétribuées » ! Pour survivre, l'auteur doit disposer d'« au moins trois albums dans le catalogue d'éditeurs bien diffusés et un contrat en cours, un emploi régulier dans la presse ou l'illustration jeunesse, ou accepter divers travaux dans d'autres domaines. »

Gilles Ratier conclut, avec optimisme, que les festivals de bandes dessinées ont un réel succès, comptant trois cent cinquante et un événements en 2010.



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