Les éditeurs manga boycottent l'Anime Fair de Tokyo

Clément Solym - 04.01.2011

Manga/BD/comics - Univers Manga - sexuel - japon - manga


Les principaux éditeurs japonais voient rouge. La nouvelle politique de censure mise en place fait enrager tout le monde, depuis le fan jusqu'à l'éditeur, en passant par les créateurs. Et la première victime pourrait bien être l'International Anime Fair, grande réunion qui se tient à Tokyo.

Le gouverneur de la ville, Shintaro Ishihara, bien connu pour ses propos passablement homophobes et également président de l'événement, a dernièrement choisi de durcir la législation. Un choix qui résonne avec les propos d'un premier ministre, Naoto Kan, qui est parvenu à se mettre à dos les plus gros acteurs du monde manga : la Kodansha, la Shueisha et la Shogakukan. (notre actualitte)


Eh bien, désormais, les trois monstres ont fait valoir qu'en protestation contre cette législation démesurée, à leur sens, ils allaient boycotter le Salon de Tokyo, et proposer leur propre manifestation. De toute manière, leur absence du TAF (Tokyo Anime Fair), qui doit se tenir du 24 au 27 mars, serait clairement préjudiciable, voire mortelle pour la manifestation.

Kadokawa Shoten a d'ailleurs annoncé hier qu'il allait mettre en place son propre événement, aux mêmes dates que le TAF. Pour le moment, on ignore si cette annonce est une menace ou une réalité. Surtout que dix autres éditeurs majeurs ont assuré qu'ils seraient absents de Tokyo et présents au Salon alternatif.

« Ishihara a très habilement poussé cette loi à la dernière minute, sans aucune consultation de l'industrie de l'édition et avec des flots de rhétorique », précisait Roland Kelts, auteur de Japanamerica: How Japanese pop culture has invaded the US.

La législation en question veut interdire l'accès à certaines oeuvres, pour les moins de 18 ans, qui présenteraient « de manière injustifiée, glorifiée ou exagérée » des scènes sexuelles trop extrêmes.

Le Salon qui se tient dans la capitale japonaise depuis 2002, peut commencer à s'angoisser. Le boycott de l'événement est clairement avéré, et les 130.000 visiteurs de l'an passé ne se déplaceront probablement pas en masse si c'est pour se retrouver dans un hall d'exposition dépouillé des grosses machines qui font l'édition manga...


Crédit image, Flickr