Les enchères en BD, des prix multipliés par 10 en 15 ans

Nicolas Gary - 25.01.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - vente aux enchères - Christie's - Southeby's


En avril 2012, c'est Southeby's France qui faisait parler d'elle : pour la première fois, la maison de ventes aux enchères allait mettre sous le marteau des oeuvres du 9e Art, sollicitant Jean-Marc Thévenet pour l'occasion. Deux ans plus tard, c'est au tour de Christie's France de se lancer dans l'aventure, comme le précise le président François de Ricqlès à l'AFP.

 

 

enchères

charlotte henard, CC BY SA 2.0

 

 

La première vente de bulles sera encadrée par Daniel Maghen, galeriste parisien, qui est d'ailleurs à l'initiative de cette collaboration. Rendez-vous le 5 avril prochain pour découvrir plusieurs grands noms comme Enki Bilal, Hugo Pratt, Albert Uderzo, Tardi, Moebius, André Juillard, Jacobs, Schuiten, Franquin. Quelque 250 lors seront présentés, pour un montant de 1,5 million €.

 

« Si le résultat de cette vente est concluant, comme nous l'espérons, il y aura à nouveau une vente de BD en avril 2015. [...] La BD nous paraît être une diversification intéressante », explique le président de Christie's. Pour l'heure, la création d'un département dédié n'est pas dans les tuyaux, mais bien entendu, l'idée fait son chemin.

 

Le choix du 5 avril n'est pas non plus anodin : le président explique que le Salon du livre de Paris s'achèvera le 31 mars, et qu'à ce titre, la vente pourra donc se rattacher à ce grand événement national. 

 

De son côté, Daniel Maghen revendique la place de la BD dans l'Art, à part entière. « J'ai commencé à acheter des planches originales de BD à l'âge de 19 ans, alors qu'il n'y avait pas du tout de marché en France », ajoute-t-il. Sa première galerie a été ouverte en 1996, et depuis, il constate que le marché s'est réellement déployé, avec une multiplication des prix par dix, au cours des 15 dernières années. 

 

Pourtant, vendre des planches n'est pas une garantie de succès : Sotheby's avait été quelque peu refroidi après son expérimentation de 2012. La vente n'avait pas été considérable, voire « un peu décevante » : nombre de lots n'avaient pas trouvé acquéreur. Ce qui n'empêchera pas de retenter l'expérience à l'automne prochain. La vente avait généré près de 650.000 €.

 

Chez Artcurial, maison parisienne dédiée à la stricte vente aux enchères de BD, une gouache d'Hergé avait atteint la somme de 1,3 million €, un mois avant la vente organisée chez Sotheby's.