Lutte agressive contre les scantrads, les éditeurs en ont marre

Clément Solym - 09.06.2010

Manga/BD/comics - Univers Manga - entreprises - contrefaçon - scantrad


Ah, les scantrad, c'est la chienlit des éditeurs japonais, et l'angoisse de ceux qui importent les productions mangas depuis l'archipel... Mais sous peu de temps, les scandtraducteurs auront fort à faire, puisqu'une coalition d'éditeurs manga japonais et américains va désormais prendre les choses en main et sévir. Fortement, sévir.

Dénonçant « un problème endémique et croissant », 36 éditeurs viennent donc de se regrouper, et menacent de prendre des sanctions - et d'en faire prendre - contre les 30 sites de scantrads les plus réputés de la toile. Parmi les acteurs de cette mobilisation, on compte Kodansha, Shogakukan et Shueisha, mais aussi Square Enix, Vertical Inc, ou encore Yen Press filiale de Hachette Book Group.

Selon un porte-parole, cité par Publishers Weekly, l'effort à fournir pour lutter efficacement contre le piratage de manga doit se faire aussi bien à l'intérieur du pays, qu'à l'extérieur. Or, les fans qui se sont de leur côté organisés pour, depuis les années 70, fournir des traductions d'oeuvres qui à l'époque n'étaient pas proposées sont devenus des monstres d'agrégation, aux trafics considérables.

Et surtout hébergeant des milliers d'éditions pirates d'oeuvres, qu'ils proposent gratuitement. Avec des millions de visiteurs chaque mois, et des revenus publicitaires qui s'accompagnent d'appels aux dons, ou encore d'abonnements payants, ces sites représentent un véritable commerce parallèle. Et maintenant que l'on peut lire sur son téléphone portable, le conglomérat des éditeurs trouve que tout cela dépasse les bornes.

Prendre les mesures du taureau par les cornes

« On ne nous laisse aucune autre alternative que de prendre des mesures énergiques. Nous espérons sincèrement que les sites contrevenants prendront d'eux-mêmes les mesures nécessaires pour cesser immédiatement leur activité. Si ce n'est pas le cas, nous demanderons une injonction à la Justice et des dommages-intérêts. »

Et d'évoquer des noms de sites comme MangaFox ou OneManga, qui ont, depuis longtemps, été identifiés comme des agrégateurs massifs de scantrads.

Depuis plusieurs années, le marché du manga perd de sa superbe aux États-Unis, avec 30 % de parts de marché sur le secteur BD en 2007, pour 210 millions $ contre 140 millions $ en 2009. Et de l'avis commun, les scantrads sont à l'origine de cette baisse. Or, de fait, le trafic des sites était bien moins dense voilà deux ou trois ans, explique le directeur de Yen Press, Kurt Hassler. Dès lors, comment ne pas opérer un parallèle, qui, même s'il n'est pas complètement juste, ne manque pas de faire froncer les sourcils ?

Le plus rageant, ajoute-t-il, c'est que ces sites « sont gérés comme des entreprises ». Ne laissant plus d'autres alternatives aux éditeurs que la lutte agressive...