Marvel réédite Miracleman, au grand dam de l'auteur Alan Moore

Antoine Oury - 11.12.2013

Manga/BD/comics - Comics - Alan Moore - Miracleman - Marvel


Marvel n'a pas froid aux yeux : alors que la maison d'édition est à l'origine d'un changement de nom du personnage de Miracleman pour cause d'infraction du copyright (il s'appelait à l'origine Marvelman), la maison édite aujourd'hui une nouvelle version du comics d'Alan Moore, avec des couleurs revues et améliorées. Ce qui n'est pas pour plaire à son créateur original.

 

 

Miracleman, avant/après

 

 

Il est certain que Miracleman encaisse le coup des années : le personnage original remonte à l'année 1956, quand l'auteur Mick Anglo créé un super-héros blond et musculeux, pendant britannique du Captain America outre-Atlantique. Intitulée d'après le nom de son héros Marvelman, la série s'arrête après une dizaine d'années d'activité, mais Alan Moore et Neil Gaiman, nourris aux comics, décident d'en fournir une nouvelle version en 1982.

 

C'est à ce moment que Miracleman devient la cible d'accusations d'infractions du copyright de la part de Marvel, qui obtient l'édition de cette nouvelle version chez un éditeur américain, Eclipse. Trois ans plus tard, au moment d'une réédition, rebelote : cette fois, Marvel obtient le changement de nom du personnage, qui devient Miracleman.

 

Aujourd'hui, Marvel propose une édition totalement recolorisée, 4 années après avoir acquis les droits sur Miracleman. Et pousse l'ironie jusqu'à demander à Alan Moore de faire apparaître son nom sur cette nouvelle édition, ce que l'auteur, allergique qu'il est aux rééditions et autres coffres anniversaires, refuse, préférant la mention « The original writer ».

 

Comble de l'ironie, l'éditeur en chef de Marvel, Axel Alonso, n'hésite pas à critiquer les mauvaises pratiques éditoriales de l'époque : « Quand ces histoires ont été colorisées, l'artiste n'était pas consulté, et cela se voit. Les méthodes de colorisation de l'époque ont vraiment impacté sur le produit fini. » Changer les couleurs, plus préjudiciable que changer de nom ?

 

Les goûts et les couleurs, sans aucun doute...

 

(via Newsrama)