Rien ne résiste à Moulinsart S.A.

Clément Solym - 28.02.2010

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Moulinsart S.A., société créée par les ayants-droit des œuvres signées par Hergé, vient encore une fois de donner corps à toutes les accusations qui pèsent sur elle. Plusieurs affaires ont démontré la rapacité financière de cette entité nullement occupée de faire connaître à tous les talents d’Hergé mais bien seulement à faire fructifier ce qui est uniquement considéré comme un capital.

Ainsi malheur à qui veut faire paraître un livre ou une bande dessinée autour de l’œuvre d’Hergé : de coûteux procès seront au plus tôt déclenchés pour mettre fin à ces volontés créatrices. C’est très souvent le prétexte de la contrefaçon qui est utilisé par Moulinsart S.A. pour garder la mainmise sur Tintin.

Dernier en date à en faire les frais : BédéStory. Il y a quelques mois, cette petite entité avait inauguré une collection intitulée « Comment Hergée a créé… » se proposant de revenir sur chaque album des aventures de Tintin afin de confronter les sources du génial scénariste et dessinateur au résultat final. BédéStory respectait en la matière le droit de citation que l’on peut faire de toute œuvre existante.

Et pourtant l’on vient d’apprendre que la justice, plus exactement le Tribunal de Grande instance d’Evry avait finalement donné raison à Moulinsart S.A. qui attaquait BédéStory sous le prétexte de contrefaçon. Dans un premier temps, le tribunal avait ordonné la saisie des premiers exemplaires de la série de BédéStory.

Avant la décision finale du tribunal les livres se trouvaient sous séquestres. Après plusieurs prorogations de la délibération du tribunal, ce dernier a rendu sa décision le 26 février 2010 : BédéStory est condamné pour « concurrence déloyale ». Ce jugement condamne l’existence même de BédéStory.

Mais là où le scandale éclate c’est quand on apprend les pressions exercées par Moulinsart S.A. sur le réseau des diffuseurs de BédéStory mais aussi, de façon encore plus pernicieuse, sur le tribunal d’Evry lui-même. Encore une fois, les gros sous l’emportent face à la créativité, à l’exégèse…Quel dommage !