Shuho Sato souhaite transformer les téléchargements illégaux en promotion

Clément Solym - 21.09.2010

Manga/BD/comics - Univers Manga - piratage - manga - promotion


Après la réaction de Yana Toboso contre le téléchargement illégal de manga et d'anime, d'autres mangaka avaient suivi l'exemple et exprimé leur mécontentement.

Il y avait eu Tagro en début août, puis en fin de mois, trois autres mangaka, Rei Hiroe (Black Lagoon), Kouta Hirano (Hellsing) et Kazuki Kotobuki en ont discuté sur Twitter en faisant preuve d'un humour un peu macabre. En effet, Rei Hiroe qui a lancé le sujet, après avoir constaté que quelqu'un avait mis en ligne dans un dossier compressé toutes ses oeuvres, a déclaré souhaiter que cette personne attrape un cancer du pancréas ou n'importe quelle autre maladie dans le genre.


Kazuki Kotobuki avait surenchéri en souhaitant qu'elle soit frappée par la foudre, une météorite ou un truc du genre. Quant à Kouta Hirano, il penchait plus pour l'option maladie bizarre et inconnue qui prendrait le nom du premier patient atteint, à savoir le pirate en question, afin que la postérité l'associe à cette maladie.

Shuho Sato propose de voir les choses autrement


Bon. Entre jeudi 16 septembre et dimanche 18 septembre, c'est le mangaka Shuho Sato (Say Hello to Black Jack, Umizaru, l'ange des mers, L'ïle des téméraires) qui évoquait sur son Twitter, la question du téléchargement illégal. Et cette fois, on se retrouve face à un propos mesuré à contre-pied des réactions des autres mangaka.

Jeudi dernier, il a déclaré : « Les téléchargements illégaux de manga sont devenus un problème ces derniers temps, mais je pense qu'il est plus constructif d'utiliser leur influence pour faire de la promotion plutôt que de les réguler. La régulation ne bénéficie pas aux lecteurs ni aux oeuvres, elle permet juste l'auto-satisfaction de ceux qui régulent. »

Le mangaka 1 - Hadopi 0

De plus il estime qu'il n'y a aucune donnée prouvant que les téléchargements illégaux sont la cause de la baisse des ventes des Tankobon (manga imprimés sous forme de tome par opposition à la prépublication en chapitres dans un magazine).


Pour illustrer son propos, il a pris l'exemple de One Piece dont l'éditeur affirme avoir perdu des dizaines de millions d'euros à cause du téléchargement illégal. Seulement Shuho Sato constate que les ventes de ce titre se portent très bien et que chaque nouveau tome plante un record de tirage alors que celui des nouveaux tomes des autres séries baisse à chaque fois de 10 %.

Téléchargez donc et surtout faites-moi de la pub


Dimanche dernier, il a ajouté : « Au risque de me répéter, les téléchargements illégaux sont, après tout, illégaux. Donc, il ne faut télécharger que si l'auteur l'autorise, là c'est légal et je pense qu'ils pourraient être utilisés pour faire de la publicité. En ce qui concerne mes propres oeuvres, tant que ce n'est pas pour en faire un usage commercial, je vous en prie, faites-en ce que vous voulez ». Le mangaka a tout de même précisé que cette autorisation ne valait pas pour Umizaru, l'ange des mers puisque ce titre est co-écrit avec Yoichi Komori.

Shuho Sato semble donc très permissif et compte sur le buzz qui peut se créer autour d'une série grâce au téléchargement gratuit. Il faut savoir que depuis l'été dernier, le mangaka auto-édite les versions numériques de ses oeuvres via son site Manga on Web. Il édite aussi les versions numériques des oeuvres d'autres mangaka. Il a notamment indiqué que sur les premières semaines de son site, il a gagné 500 000 yens (environ 4 500 €).


Et toujours dans l'idée de promouvoir ses oeuvres avec du contenu gratuit, Shuho Sato a annoncé mercredi dernier que le chapitre 119 d'Umizaru, l'ange des mers est disponible en ligne gratuitement pendant un mois. Il a aussi mis en ligne sur YouTube le premier chapitre du manga afin de promouvoir la sortie de son adaptation en film live (dont le titre pourrait être traduit par Le dernier message : Umizaru).