Super-héros au survêtement Adidas noir, Darryl McDaniels débarque

Nicolas Gary - 23.10.2014

Manga/BD/comics - Comics - Run DMC hip hop - rappeur Amérique - comics adaptation


Avec sa dégaine de star du hip-hop dans les années 90, on se demande bien quels super-pouvoirs il réserve. Pourtant, rien ne prédestinait Darryl McDaniels à devenir un héros de comics – il n'avait sévi pour l'heure que dans la musique, hip-hop, justement, en tant que membre fondateur de Run-DMC. Eh bien, Darryl Makes Comics lance les premiers numéros de cette nouvelle saga, basée sur une nouvelle figure du gentil aux pouvoirs magiques. 

 

 

 

 

Pour bien comprendre ce que Run DMC peut avoir incarné dans le mouvement hip-hop, il faut d'abord remonter aux années 80, où les trois lascars ont fait leurs premières armes, en jouant sur deux styles radicalement distincts, le rap et le rock, jusqu'à aboutir à un rap hardcore – avec une consécration immédiate : le passage sur MTV. Le tube de 1983, « It's like that », diffusera la bonne parole à travers les États-Unis, offrant au groupe une reconnaissance définitive. 

 

 

 

Comme tout groupe, il y eut une phase d'ascension, et une descente aux enfers, notamment avec l'arrivée de groupes plus politisés, ou plus engagés, et à compter des années 90, la chute s'enclenche : le groupe se divise, malgré un disque en 1993, Down with the King, qui explosera tout sur son passage. Voici donc comment la légende s'engage sur un tout autre chemin : ils avaient touché au cinéma avec plus ou moins de bonheur, mais désormais, c'est le monde du comics qui s'ouvre. 

 

Le New York Times passe en revue avec Darryl McDaniels – le DMC de Run DMC, le troisième larron est décédé, Jason Mizelli – cette nouvelle aventure. « J'étais l'enfant à qui l'on pique l'argent de son déjeuner. Revenir à la maison, c'était l'angoisse. Spider-Man m'a transporté dans un univers où tout était super. Les comics furent véritablement éducatifs – ils apportaient de la confiance, autant que de l'inspiration », explique le rappeur.

 

 

 

DMC No. 1 sera le premier épisode, mettant en scène un super héros avec survêtement de la marque Adidas, et deux poings américains en or à chaque main. Le style même des deux chanteurs, généralement habillés d'un chapeau noir, d'un jean noir itou et d'une paire de chaussures de la marque sportive, noire ou blanche. Ils signeront d'ailleurs un contrat publicitaire d'un million de dollars, devenant les premiers non sportifs à contractualiser quelque chose avec la marque. Une chanson porte d'ailleurs son nom, et une paire spéciale pour les 25 ans de ce titre fut créée par la marque française.

 

 


 

 

Raison pour laquelle le personnage du comics est tellement bien brandé, avec des chaussures particulièrement mises en valeur. Darryl incarnera, dans un monde de phylactères, une sorte de sauveur, au sein des années 80, en plein New York. Finalement, aussi historique que sociologique, ce projet entend explorer l'évolution que la ville a connue, pour arriver à comprendre « comment nous sommes arrivés là où nous sommes maintenant ». 

 

Dans un univers de graffiti, la population perd confiance dans les forces de police, et des choses étonnantes surgissent, comme cet homme, Bernard Goetz, salué pour avoir tiré sur quatre adolescents dans le métro. Certains autres tentent de nettoyer les rues, armés d'une certaine morale puritaine. Et au milieu de ce chantier, Darryl McDaniels ne s'emparera pas d'un micro, mais va revêtir une combinaison Adidas, pour venir en aide aux citoyens marginalisés – laissant sur ses ennemis l'empreinte de ses poings américains. 

 

Les héros salués par le public, et présentés par la presse comme des sauveurs, sont-ils véritablement ce qu'ils prétendent incarner ? On retrouvera plus d'informations sur cette page. Et ci-dessous, quelques extraits du premier volume. Reste à voir si le langage du personnels de DMC, dans le comics, sera tout aussi virulent que celui du groupe, que l'Amérique accusait volontiers de menacer la jeunesse du pays, par des propos trop explicites...

 

 

  Preview DMC by Darryl McDaniels, Felipe Smith, Sal Buscema by ActuaLitté