Tintin, le procès d'un racisme ancré dans les mentalités

Clément Solym - 22.11.2010

Manga/BD/comics - Univers BD - tintin - congo - racisme


On n'en finira pas avec Tintin au Congo qui subit toujours les assauts du Conseil représentatif des associations noires, Bienvenu Mbutu Mondondo, citoyen congolais, qui plaidaient aujourd'hui devant le tribunal belge.

On s'en souvient, difficile à oublier, la BD de Hergé, Tintin au Congo, est l'objet d'une procédure judiciaire en civil surréaliste : le titre est accusé de racisme et de porter des clichés offensants. Les plaignants réclament la mention par un bandeau sur les ouvrages signalant que leurs revendications.

Voire mieux : interdire la vente de ce titre

Au cours de l'audience, l'avocat Me Ahmed L'hedim, a expliqué la position : « Nous ne voulons pas faire le procès d'Hergé, mais celui d'une époque où le racisme était ancré dans les mentalités. »

À l'époque de la création du livre, le Congo était alors belge, mais aujourd'hui, la vente à tout public dans les librairies irrite les plaignants. Ils demandent ainsi que le livre ne soit disponible que dans la section adulte des boutiques.

De leur côté, les avocats de Casterman, l'éditeur, et Moulinsart SA, l'ayant droit, estiment que le tribunal saisi n'est pas apte à juger l'affaire, attendu que l'on parle de supprimer un livre de la vente. Il conviendrait alors de saisir le tribunal de commerce.

Me Alain Berenboom, avait, pour sa part, exprimé en mai, toute son indignation : « Je ne peux pas accepter le racisme, mais je juge aussi épouvantable que l'on brûle des livres. Interdire des livres, c'est les brûler. »

Mais de quoi parlons-nous ?

La ministre de la Culture congolaise avait pour sa part assuré qu'elle ne voyait pas le mal dans l'oeuvre de Hergé : « Aux temps anciens, lorsque ce livre a été écrit et que son créateur a été inspiré, effectivement, les Congolais ne savaient pas parler français. Jusqu'aujourd'hui, le Congolais n'est pas celui qui parle le mieux français. À cette époque-là, époque décrite dans l'ouvrage, effectivement, pour remettre le Congolais au travail ou tout simplement l'inciter à travailler, il fallait utiliser le bâton. Jusqu'aujourd'hui, dans certains milieux, pour envoyer les enfants ou les adultes au champ, il faut y aller par des méthodes fortes. » (notre actualitté)

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