Un homme plaide coupable pour possession de comics obscènes

Clément Solym - 23.10.2012

Manga/BD/comics - Comics - pornographie juvénile - procès - coupable


Coupable, donc, c'est ce qu'a plaidé cet homme de 36 ans, originaire de Monett dans le Missouri, pour détention de bandes dessinées à caractère obscène. Et contre lequel les procureurs ont demandé une peine de trois ans de prison ferme. L'affaire avait été déclenchée après que l'on a découvert dans l'ordinateur de cet homme des titres de pornographie juvénile. Chose qui ne pardonne pas...

 

 

Gigantic Book of Sex - funny cover

Narisa, (CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

Les comics numériques « contenaient plusieurs images de mineurs impliqués dans des relations sexuelles avec des adultes et des dessins d'autres mineurs », explique le procureur de district dans un communiqué. Arrêté en décembre dernier, l'accusé avait été maintenu en détention, et s'était retrouvé, incapable de payer pour un avocat personnel, avec un commis d'office. 

 

Les titres des comics découverts n'ont pas été dévoilés, histoire de ne pas donner d'idées lubriques aux internautes, cependant, le rendu de la cour explique qu'ils sont absolument dénués de tout caractère littéraire, artistique ou de valeur politique voire scientifique. Autant d'arguments qui auraient permis de sauver l'accusé. De même, l'accusé ayant plaidé coupable, le caractère obscène des titres numériques n'a pas été discuté. 

 

« Nous n'avons pas encore assez d'informations pour déterminer quels éléments ont conduit M. Bee à plaider coupable pour les accusations d'obscénité. Je dirais, toutefois, que la description faite par le gouvernement des comics trouvés sur son ordinateur pourrait facilement décrire plusieurs titres qui pourraient avoir une valeur littéraire et artistique, par exemple chez Robert Crumb », explique Charles Brownstein auprès de ICV2.

 

C'est qu'en qualité de directeur du Comic Book Legal Defense Fund, que l'accusé n'a pas contacté, Charles est intrigué par cette affaire. En effet, il estime que l'affaire découle typiquement de l'une des nombreuses modifications apportées par la loi PROTECT, qui concerne les dessins d'enfants, placés dans des positions et des pratiques sexuelles. 

 

Pour protéger les mineurs de ce type de représentations, la loi a introduit de multiples précisions qui sont susceptibles de condamner les créateurs et lecteurs d'oeuvres contenant ce type de dessins. Pour Brownstein, toute personne qui se retrouverait impliquée dans ce genre d'affaires devrait prendre contact avec le CBLDF. « La principale leçon que cette triste affaire doit envoyer à la communauté, c'est que votre première défense, en regard du Premier Amendement, devrait être de contacter en urgence le Comic Book Legal Defense Fund. »