Unlimited : l'offre de comics illimitée par abonnement de ComiXology

Nicolas Gary - 25.05.2016

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L’industrie du comics s’y attendait, et la nouvelle vient de tomber : ComiXology, le distributeur de BD numériques annonce son service d’abonnement dit illimité. Aucun titre des maisons Marvel ni DC Comics : pour l’heure, l’offre Unlimited n’est composée que de catalogues d’éditeurs indépendants. Proposé à 5,99 $ par mois, il prolonge ce qu’Amazon a déjà mis en place avec Kindle et son offre d’ebooks. Quoi de plus normal : ComiXology a été racheté par la firme en avril 2014.

 

 

 

L’offre Unlimited est limitée au marché américain, et pour son lancement, est gratuitement offerte pour un mois. L’ouverture au reste du monde devrait intervenir à une date ultérieure. Un large éventail d’éditeurs est d’ores et déjà intégré : IDW, Image Comics, ou encore Kodansha Comics, Boom !, et bien d’autres. Ce qui amène aussi des gros titres sur le devant de la scène : Saga, Walking Dead, Attack on Titan, Lumberjanes, L'Incal, Adventure Time et d’autres.

 

Tout appareil est en mesure de pouvoir afficher les titres, assure le cofondateur David Steinberger, qui ne donne cependant aucune précision sur la profondeur du catalogue. On se contentera de quelques milliers, sans plus de détails. Quant à l’absence de Viz Media, DC ou Marvel, la langue de bois est de rigueur : ComiXology espère bien les convaincre... mais devra attendre. Tout est de toute manière confidentiel.

 

En effet, le distributeur n’est pas vraiment un nouveau venu dans le secteur : non seulement des prestataires offrent déjà des solutions illimitées – c’est le cas de Scribd, qui dispose de 10.000 comics et romans graphiques pour 8,99 $ mensuels. Mais surtout, les éditeurs ont déjà pris les devants sur le sujet : Marvel a sa propre collection de 17.000 titres, pour 9,99 $, de même que Blitz Comic, avec 3000 titres pour 9,99 $ ou encore Archie Unlimited, avec toute la collection Archie pour 7,99 $. 

 

L’offre à 5,99 $ a l’avantage d’être la plus concurrentielle du marché, sans que l’on sache si elle répond à des attentes ou des usages. Ce qui est probable, c’est qu’Amazon/ComiXology ne se soit pas arrêté à de telles considérations. Alors que Scribd a dû réviser totalement son offre commerciale, comprenant que le modèle n’est économiquement pas viable, Amazon joue le dumping, comme toujours. Ainsi, Unlimited par ComiXology cherche à attirer de nouveaux clients, avant de travailler à une rentabilité quelconque. 

 

On observera que les lecteurs américains commencent à crouler sous les offres d’abonnements avec une approche plus ou moins illimitée. Et le temps viendra à manquer pour se régaler – ou se goinfrer – de toutes ces œuvres. Sans même parler de la rémunération des auteurs, qui est toujours au cœur des problèmes soulevés en matière d’abonnement. 

 

Illimité ? À condition d'en apprécier les limites

 

L’autre problème, c’est que l’on va trouver, dans cette offre dite illimitée, des limites assez contraignantes : par exemple, les saisons 1 et 2 de Vikings sont proposées dans le catalogue d’abonnement, mais la saison 3 est proposée à l’achat. Finalement, Unlimited ne serait qu’une sorte de vitrine d’échantillons, pour entraîner des ventes plus fermes. De quoi maintenir le modèle économique d’un téléchargement direct et le faire cohabiter avec une solution illimitée. 

 

Mais autant une offre illimitée – avec toutes les difficultés qu’elle peut rencontrer – est compréhensible pour des livres, autant sur des comics, qui fonctionnent avant tout par séries... ComiXology peut toujours plaider en faveur de son choix, et le défendre : les lecteurs ne seront peut-être pas enclins à souscrire, en sachant qu’ils n’auront qu’une version tronquée de l’offre. Et sans les grosses locomotives de l’industrie, que peut-on réellement espérer ?

 

En lançant Kindle Unlimited, Amazon disposait de best-sellers internationaux, au rang desquels Harry Potter figurait en première position. Voilà un argument plus convaincant pour le public, et une tête d’affiche considérable. Privé de Superman, Spiderman, Hulk ou encore Batman, l’offre illimitée semble démarrer avec plus de restrictions que d’attraits. Même s'il serait bien entendu réducteur de limiter la production comics aux super-héros.