Arkham Asylum : retour sur un bijou de Dave McKean

Florent D. - 15.06.2014

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Qu'il soit permis, une fois n'est pas coutume, au libraire usé jusqu'à la corne, de parler du bon vieux temps, et de ses premiers émois, en VO dans le texte, d'un des plus exceptionnels titres signé Grant Morisson, et Dave McKean. Alors, pour ceux qui n'avaient pas la chance, en 1989, d'être anglophones, et d'avoir dans les mains ce véritable bijou, voici un petit retour dans le temps...

 

 

Ne suis-je pas simplement délicieux ?

 

 

Bourré de références, et notamment à Alice au pays des merveilles, avec une véritable connexion établie entre Lewis Caroll et le fond de l'histoire, Arkham Asylum raconte, dans un one shot, une histoire fabuleuse du Chevalier noir. Batman se retrouve face à un dilemme (im)posé par le Joker : soit entrer dans l'asile où se retrouvent tous les pires criminels et ennemis de la Chauve-Souris, soit voir l'ensemble de ces monstres libérés, et lâchés sur la ville. 

 

Non seulement cet album est une perle rare - à plus d'un titre : on n'en trouvait plus que de rares éditions - scénaristiquement, mais surtout, McKean y présente le portrait le plus effrayant du Joker et le plus réaliste qui soit. 

 

 

 

Au cours de son voyage dans les entrailles de l'asile, Batman sera non seulement confronté à chacun de ces criminels qu'il a mis sous les verrous, mais surtout, c'est face à sa propre folie qu'il devra se confronter. Le tout se déroule sur un fond surréaliste, racontant l'histoire même du fondateur de l'asile, Amadeus Arkham. 

 

Et croyez-moi, la vie de ce bonhomme est tout simplement digne des meilleurs récits de Poe, croisé avec Stephen King. Fille assassinée par un meurtrier qu'il avait prétendument soigné, folie douce, névrose, glissant violemment dans le délire complet, et un vieux complexe d'Oedipe qui ressurgit... 

 

Les images parlent d'elles-mêmes, et Batman, en cette fin des années 80 est entraîné aux confins de ce qui peut être la normalité et la santé mentale. Qui est finalement le plus psychopathe de tous : les assassins derrière les verrous, ou celui qui les arrête, déguisé en chauve-souris ?

 

La première main au cul de Batman...

 

 

Collages et montages infographiques se multiplient, noir, rouge et vert parcourent l'ensemble du livre, Batman y est tout à la fois tragique et sublime, mais le Joker est véritablement impressionnant. 

 

Bref, les gens qui, comme moi, ont déjà leur exemplaire, seront malgré tout sensibles à la nouvelle qu'Urban Comics vient de diffuser :

Lecteurs, Libraires, nous avons le regret de vous informer que l'ensemble du premier tirage d'Arkham Asylum est défectueux (les deux premières pages de bande dessinée sont manquantes).

Nous invitons les libraires réceptionnaires de ces albums à les retourner à MDS (notre distributeur).

Une réimpression du titre est d'ores et déjà lancée. Lecteurs, gardez dans la mesure du possible votre facture pour un échange par la suite auprès de votre libraire, ou plateforme web ecommerce ! Nous vous tiendrons au courant de la date de remise en vente dès que possible.

Croyez bien que nous en sommes très sincèrement les premiers désolés.

Désolés, c'est certain, et vraiment, on ne peut que regretter ce retard. Mais attendre un peu plus, après tout, c'est savourer encore plus inténsément le comics, quand il sera livré définitivement. Même les plus réticents au monde comics devraient se laisser conquérir par cette réalisation. Quant à imaginer un film, tiré de ce chef d'oeuvre, avec une image quie respecterait l'ambiance de McKean... 

 

- Tu es libre. 

Vous êtes tous libres

- Oh, nous le savions déjà. 

Mais qu'en est-il de toi ?