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Valéria et la Vallée des fous, ou Alice aux pays des névroses

Florent D. - 08.04.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - nevroses - psychoses - folie douce


Edwin n'a pas la carrure traditionnelle d'un détective, mais qu'importe : dans la Vallée, on ne se fie pas vraiment à l'apparence des gens. Il ne vaut mieux pas. Quand le voisin de bureau, déguisé en pirate, vient vous réclamer une cravate alors qu'il a une corde de pendu autour du cou, il ne faut s'alarmer de rien. Bienvenue dans la Vallée du docteur Meylaud. Ici, tout le monde est fou. 

 

 

 

 

Il n'est pas commun de retrouver un postier dans un arbre. Moins encore de constater que sa mobylette a le pneu avant crevé. Quant à en déduire que c'est là la cause de sa mort, on commence à marcher sur la tête. Dans la Vallée des fous, on a pourtant des activités saines, comme l'anti-carnaval, qui « rappelle aux habitants ce que la conformité et la normalité ont de sinistre ». 

 

Que faire alors d'un esprit rationnel dans un monde de psychotiques et autres névrosés lourds ? Eh bien, puisque des meurtres étranges surviennent, il suffit de lui confier le rôle de l'enquêteur. Sauf que les premières conclusions sont velues : « Le coupable est un homme de 4,50 m, il a la capacité de se démultiplier en 6 et il est entièrement fait de mimolette. » Fameux…

 

À ses côtés, il y a Valéria, fille du bon docteur Meylaud, amoureuse dès le premier regard d'Edswin, mais les hommes, n'est-ce pas, sont toujours longs à comprendre. Passionnée et enthousiaste, Valéria est une perle rare dans cet océan de folie plus ou moins douce. Or, pour confondre le meurtrier, et se fondre dans le paysage, Edwin devra, tout comme Valéria, passer de l'autre côté du miroir. « C'est pas simple d'avoir l'air fou… », remarquera-t-il.

 

Si l'Alice de Carroll était une jeune fille à la découverte d'un monde féérique, Edwin est le Candide d'un univers fuyant, insaisissable, mais tout aussi merveilleux. Avec un humour raffiné, La Vallée de Trystram et Forneri est un bijou de couleurs vives et de situations délirantes, de personnages excentriques et de rebondissements aussi imprévisibles que déjantés. Drôle et tendre, bienvenue dans un asile de luxe !

 

On lisait dans l'Alice :

« Mais je ne veux pas fréquenter des fous, » fit observer Alice.

« Vous ne pouvez pas vous en défendre, tout le monde est fou ici. Je suis fou, vous êtes folle. »

« Comment savez-vous que je suis folle ? » dit Alice.

« Vous devez l'être, » dit le Chat, « sans cela ne seriez pas venue ici. »

 

Elle est stupide, cette Alice : on est rudement bien chez les fous…

 

La Vallée, 1. Meli-Meylaud dans la Vallée, chez Dupuis, 12 €, en librairie